Des légendes comme Décosse, Kelmendi, Silva, Casse aux jeunes qui arrivent sur le circuit : chacun a pris le temps de partager ce qu'il met en place pour progresser sur le tatami... D'ailleurs, "progresser", dans quel sens ? Réponses avec cette interview multi-voix et un récapitulatif ⬇️ en fin de vidéo-article, sur ce que tu peux mettre en place au dojo ! 

MAO ARAI, +78KG 🇯🇵

S'amuser à chercher des solutions

Ce qui m'amuse le plus dans le judo, c’est lorsque mon adversaire propose un kumikata difficile ou tente une technique compliquée. J’essaie peu à peu, de trouver des solutions, de réfléchir à ce que je pourrais faire différemment la prochaine fois. J'améliore progressivement ma façon de faire, c’est ça qui est amusant pour moi et qui me permet aussi de devenir plus forte. Peu importe avec qui je m’entraîne, il y a toujours beaucoup à apprendre, mais comme je suis lourde, j’ai toujours un peu peur de blesser quelqu’un d’une catégorie de poids plus légère, alors j'évite de combattre avec des légers.

MATTHIAS CASSE, -81 🇧🇪

SE CONCENTRER SUR UNE SEULE CHOSE À L'ENTRAÎNEMENT

Je pense que c'est très important d'avoir toujours un but pendant les randori à l’entrainement. Il faut se concentrer sur une seule chose et non pas sur plein de choses.
Par exemple, aujourd'hui, je décide de me concentrer sur la manche. Ne change pas et ne te dis pas que tu vas faire autre chose si tu veux vraiment progresser sur ce point. Il faut toujours le faire, jusqu'à ce que tu sois à 100 %. Quand j'ai toujours la manche, que je suis capable de prendre tout le monde, alors je peux passer à la prochaine étape.

Réfléchir à ses erreurs et prendre des conseils

J'aime bien que l'athlète lui-même pensent à ce dont il a besoin pour progresser. Si tu n’es pas sûr à 100 %, tu vas demander à ton coach ou à d'autres athlètes qui ont de l'expérience. Tu peux regarder tes vidéos… C'est très important de réfléchir à tes erreurs. Tu peux dire : « J'ai essayé ça et ça et ça ne marche pas… Peux-tu m’aider ? »
S’il dit quelque chose, tu l’essaies sur trois ou quatre entraînements. Si ça ne marche pas, tu reviens… Il faut toujours chercher l'information. Peut-être qu'un coach ne va pas savoir ou que tu as essayé sans que ça marche. Alors demande à quelqu'un d'autre, il y a plein de coachs, de judokas. Il y a plein de détails qui sont un peu différents. Peut-être que quelqu’un va te dire la même chose mais avec des mots différents.
Ne te restreins pas, ne t'enferme pas dans ta tête. Le judo, il y a plein d'opportunités, plein d'options, va chercher et expérimente pour progresser.

RAFAELA SILVA, -57kg 🇧🇷

Fais évoluer le judo dans son ensemble

C'est important de s'entraîner avec différentes générations, avec les athlètes plus jeunes et les athlètes plus expérimentés. Ici, il y a des médaillés mondiaux et olympiques.
C’est très important d’avoir cet échange pour que nous puissions toujours faire évoluer le judo dans son ensemble, pas seulement en compétition.
Bientôt j’arrêterai de combattre et je m'entraîne avec d’autres athlètes qui seront, eux, bientôt en train de gagner des médailles à leur tour.

wakaba tomita, +78g 🇯🇵

Se mettre dans des situations difficiles pour travailler

Comme je suis plutôt petite dans ma catégorie de poids, au Japon, je m’entraîne avec des athlètes masculins et je leur demande de me mettre dans des situations où je ne suis pas à l’aise pour m’entraîner. Par exemple, je leur fais prendre l’oku-eri, et je travaille comment bien réagir à partir de là.

Ma technique favorite est ashi-guruma. C’est venu quand je suis devenue adulte. Je fais ashi-guruma, mais je ne cherche pas spécialement à placer une technique précise, j’entre surtout une technique au moment où l’adversaire bouge donc je fais toutes sortes de techniques.

LUCIE DÉCOSSE, COACH 🇫🇷

Progresser mais pourquoi faire ?

Si tu progresses à l'entraînement, tu ne vas pas forcément progresser en compétition. Parce que progresser techniquement, ce n'est pas la même chose que gagner en compétition.
L'esprit de compétition, de la gagne coûte que coûte, ce n'est pas la même chose que s'entraîner tous les jours, travailler techniquement, répéter. Et voir à l'entraînement que ton uchimata passe mieux. Parce qu'arrivé en compétition, tu voudras peut-être faire tomber sur uchimata, et finalement tu vas perdre avec 3 shido.

Progresser en judo, ce n'est pas la même chose si tu es un enfant de 6 ans ou si tu es un adulte qui s'entraîne en loisirs parce qu'il aime le judo et qu'il a envie de se sentir mieux à l'entraînement quand il fait o-uchi ou uchimata. Ou encore si tu es un athlète de haut niveau qui veut être champion de France par exemple. Il y a des athlètes de haut niveau qui sont très bons techniquement et qui, en compétition, perdent.

L'esprit de compétition : un choix qui se travaille

Quand on fait du haut niveau, il faut être clairement compétiteur. Il y a des gens qui aiment le judo, qui aiment progresser, travailler pour progresser en technique. Et quand ils arrivent en compétition, ils ont envie d'être techniques, pas forcément de gagner. C'est là où je fais une différence.
D'ailleurs quand je dis "haut niveau", ce n'est pas forcément le très haut niveau. Mais disons que quand tu veux gagner des compétitions, il faut avoir un esprit de gagne. Et ça, ça se travaille en compétition, avec l'expérience. Ça se travaille aussi sur d'autres secteurs, autre que la partie technique judo comme la préparation physique, le technico-tactique.
Alors que juste progresser en judo, c'est s'entraîner, répéter, faire des uchikomis, essayer les techniques à l’entraînement.

Répéter 1000 fois seoi pour ne jamais le passer en compétition

Moi, à l'époque, je travaillais ippon seoi nage à droite. Et j'ai fait des millions d'uchikomi, j'allais dans les clubs pour le faire. Et puis quand j'arrivais en compétition, je ne le faisais pas. J'ai senti que je progressais parce que j'avais choisi une technique que je ne savais pas faire et ça m'a mis en confiance pour être meilleure en compétition. Mais sans forcément mettre cette technique.

KURENA IKEDA, -78kg 🇯🇵

Réfléchir par soi-même

Je ne suis pas du tout forte. En ce moment, je travaille beaucoup en recherchant et en réfléchissant par moi-même mais au final, pour que l’adversaire se dise “c’est pénible”, je le fais de manière acharnée.
J’ai un jour de repos par semaine, et le reste du temps je m’entraîne.

Majlinda KELMENDI, COACH 🇽🇰

Être déterminé, à 100%

Pour progresser en judo, je pense qu’il y a beaucoup de choses. Mais je pense que la chose la plus importante est d’avoir de la détermination. Pour apprendre une technique avec laquelle tu peux projeter, peut-être un jour, pour devenir champion olympique, tu dois t’entraîner tous les jours, 5 à 7 ou 8 heures. Il faut être constant, engagé, concentré et patient. Donc pour moi, c’est ce sur quoi il faut se concentrer pour progresser en judo.
Dans mon cas, à l’entraînement, je donnais toujours plus que 100 %. Bien sûr, je devais aussi me reposer pour trouver un équilibre. Mais à l’entraînement, j’étais toujours à 100 %. Mon judo était agressif, donc je devais m’entraîner comme ça.

Bien s'entourer et trouver son équilibre pour durer

Pour les athlètes, c’est plus facile parce qu’ils ont un coach qui, s’il a un bon ressenti, peut le percevoir.
Par exemple, la France est un grand pays : il y a des kinés, des préparateurs physiques, des entraîneurs de judo… Donc les athlètes sont entourés de nombreuses personnes qui peuvent s’occuper de cela.
Mais bien sûr, les athlètes se connaissent le mieux eux-mêmes. Quand ils sont fatigués, ils doivent se reposer et prendre soin de leur corps. Et de cette manière, je pense que la carrière est beaucoup plus longue. Mais d’un autre côté, il faut aussi s’entraîner dur.

UDAKA NAE, COACH 🇯🇵

Le schéma d'entraînement à répéter

Les uchikomi sont aussi importants. Depuis qu’on est petit, on fait des uchikomi et encore à haut niveau, ils restent importants.
En plus, on s’entraîne en imaginant des situations dans lesquelles on est faible. Par exemple, changer garde droite/gauche pour varier les kumikata.
Le schéma à appliquer tous les jours est simple : uchikomi, situations, randori, vérifier (rechercher)… et répéter.

ALEXIS RENARD, -66KG 🇫🇷

Les routines de compétition

J'ai abordé ce Paris Grand Slam comme une compétition classique. Je ne voulais pas me mettre du stress. Certains disent qu'avec le public, ça peut mettre un coup de stress mais que ça peut aussi booster... Moi je dis qu'il ne faut pas y faire trop attention et c'est pour ça que je l'ai l'abordé comme une compétition normale.
Au niveau de la routine, j'ai fait comme d'habitude pour ne pas changer, pour ne pas me mettre dans une sorte de désordre mentalement.

Maintenir son schéma jusqu'au bout

 En combat, on reste concentré sur les 4 minutes. C'est à dire que même si on a un schéma et qu'il ne marche pas, on va rester dedans. Et peut-être qu' à 3 minutes 55, cette séquence-là va marcher parce que l'adversaire va peut-être faire une erreur ou qu'il va faire en sorte que ça va passer.
Même si on n'y arrive pas, même si on n'a rien, il ne faut surtout pas lui montrer qu'on n'y arrive pas ; sinon, mentalement, ça va avoir un impact : on va descendre vers le bas et lui, ça va lui donner un coup de boost parce qu'il va voir que tu es en train de craquer et c'est lui qui va avoir l'avantage.
Même si ça ne marche pas, fais comme si ça marchait et continue.

THOMAS PUCHLY, -81KG 🇫🇷

Travailler par thèmes et sous-thèmes

Pour ma part c'est différent parce que pendant 2 ans et demi, je n'ai pas fait de judo à cause d'une grosse blessure. Du coup, au début, j'ai dû vraiment faire un travail pour me réhabituer sur l'ensemble des schémas, en redécouvrir aussi et les adapter à mon judo.
Après, une fois que c'est revenu, je pense que, sur chaque séance, il faut avoir des thèmes de travail,
Il faut se spécialiser sur un ou deux schémas, les essayer différents profils,voir dans quelle position, quelle posture ou à quel moment les appliquer.
Il faut ensuite faire un travail technique dessus, après les combats, pour comprendre ce qui a marché ou pas. On peut faire des blocs : par exemple pendant 2 ou 3 semaines, se focaliser vraiment sur un schéma un peu plus large... ça peut être par exemple sur des profils gauchers. Et après, chaque semaine, on travaille un thème un peu spécifique.

C'est comme ça que je le vois mais chacun est différent, je pense. Chacun doit comprendre ce qui lui va le mieux pour travailler et s'approprier sa bonne version de l'entraînement en fait.

Mixer son ressenti et le regard du coach

Quand je m'entraîne, j'ai mon coach derrière moi. Parfois, il y a des choses que je vois mais on peut ne pas se rendre compte de certaines choses. Si on peut se faire filmer pour se voir d'un point de vue extérieur, c'est pratique.
Le fait de combiner les deux, ses propres sensations et ce que dit son coach qui a de la matière en judo
Associer vos propres sensations et ce que vous ne voyez peut-être pas, je pense que c'est une bonne chose.

LE RÉCAP DE PASCALINE

Télécharge la fiche récap' en rejoignant le JudORéseau ici : https://secretsdejudokas.com/judoreseau

Je te recommande découter cette partie de la vidéo qui est pus détaillée que ce que je résume ici :

1- Quels sont tes objectifs en judo ?

Pour reprendre ce qu'à dit Lucie, sois clair sur ce point pour en déduire le type d'entraînements que tu dois mener et dans quelles proportions. Une prochaine vidéo spécifiquement sur ce thème arrive bientôt. Pense à t'abonner à ma newsletter gratuite pour la recevoir.

2- APPLIQUE LE SCHÉMA DE NAE SENSEI

👉 Uchikomi, y compris en situation spécifique qui te pose un problème
👉 Randori, toujours avec cette contrainte de situation spécifique
👉 Vérification / recherche, avec l'esprit de Matthias Casse : demande autour de toi, il y a toujours des solutions. 

3- DÉVELOPPE TES RESSENTIS

Tu peux bien sûr t'appuyer sur ce que te dit ton coach mais développe ta propre capacité à savoir ce qui est bien pour toi, rélfléchis par toi-même.

4- travaille par thème

Choisis un thème précis, concernant un seul point, quite à l'inclure dans un thème un peu plus large, pour répétéer le schéma d'entraînement de Nae Sensei.

5- Donne-toi à 100%... sans perdre l'équilibre 

Se donner à 100% durant l'entraînement, même si ce n'est pas toujours physiquement de façon à pouvoir durer.

6- CONTRIBUE AU JUDO 

Même en tant que compétiteur acharné, si tu aimes le judo, pense plus large que la compétition. Donne le meilleur de toi pour aider les nouvelles générations à progresser.



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  • Bonjour Pascaline, toujours aussi interessant et riche, merci pour ce partage…..OL

  • Et super d’avoir le ressenti de NOTRE Champion Thom PUCHLY !
    Excellent judoka ET TRES intelligent notre « gamin » !!

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