C’est la rentrée !

Vous vous retrouvez certainement à expliquer de nombreuses fois les bienfaits du judo afin d’inciter vos amis à vous rejoindre sur le tatami, rassurer des parents qui hésiteraient pour leurs bambins ou plus généralement encourager tout un tas de personnes à s’engager sur cette voie magnifique qu’offre le judo. 

J’expose ici les raisons principales pour lesquelles je recommande le judo, et surtout, je les explique dans le détails, avec ma propre expérience concrète à l’appui.

Je vais commencer par l’une des questions les plus souvent posées, probablement parce qu’elle correspond aussi à l’une des préoccupations courantes de ceux qui pensent s’inscrire ou inscrire leurs enfants au judo :

 

1- Est-ce que le judo, ça permet de savoir se défendre ?

Je crois comprendre que la réponse est peut être un peu polémique étant donné les avis très différents et tranchés que je peux lire ou entendre. Mon avis sur la question se base tout simplement sur mon vécu et je répondrais donc par NON… mais OUI !

 

NON ?

Concrètement, lorsque pour rire et me tester, mon voisin d’1m80, 90 kilos, vient serrer mes petits poignets, j’ai beau atteindre les 50 kilos, je suis bloquée et je ne peux pas faire grand chose… même si généralement, il est tout de même étonné de constater que je me débrouille mieux que ce à quoi il s’attendait ! Finalement, sa force suffit pour me maîtriser. De ces expériences fréquentes avec des amis, j’en déduis que ça ne serait pas différent si un inconnu dans la rue venait à m’agresser. Sauf que justement, je dois ici prendre en compte mon expérience « de rue ».

 

OUI !

Sortir sereinement…

D’abord, je suis toujours sortie sans aucune crainte dans la rue à toute heure du jour ou de la nuit. Cette assurance me vient sans aucun doute du judo parce que, de façon totalement inconsciente, cette pratique développe une confiance en soi et une sérénité qui fait qu’on est moins préoccupé par l’idée que notre vie est en danger. C’est le 1er énorme avantage de la pratique du judo : on vit plus sereinement.

 

Dégager les bonnes ondes…

La conséquence directe de pouvoir sortir sans avoir peur, c’est que ça se ressent ! Je suis convaincue que, par un subtil langage non verbale, on éloigne les potentiels agresseurs qui ne ressentent pas, dans un judoka, une personne vulnérable qu’il serait bon d’attaquer. 

 

Adapter ses réactions…

Lorsqu’on se fait agresser, le cerveau n’a absolument pas le temps de réfléchir à ce que vous devez faire. C’est uniquement la peur qui guide et malheureusement, elle n’est souvent pas le meilleur guide. Le judo développe une agressivité positive et votre corps emmagasine dans ses réflexes des réactions utiles à une agression. Pour ma part, il m’est arrivé 2 fois de m’apercevoir qu’un voleur avait mis la main dans mon sac : la 1ère fois dans les escaliers d’une bouche de métro, la 2ème fois sur un passage piéton. À chaque fois, je m’en suis aperçue dans la seconde, j’ai hurlé sur le voleur et il m’a rendu mes affaires (mon portable et mon portefeuille). Ce fut mon réflexe : être assurée et forte, ne pas me laisser faire. Dans les deux cas, le voleur en question est parti à toute vitesse. Le 3ème et dernier épisode qui m’est arrivé s’est aussi passé dans la rue, en pleine nuit alors que je rentrais seule. Une bande de jeunes garçons visiblement saoules ont commencé par me chahuter… J’ai eu beau accélérer le pas et faire l’indifférente, ils ont continué de plus belle jusqu’à m’encercler vers un mur. J’ai gagné du temps en discutant avec eux, puis voyant d’autres piétons passer, j’ai détourné leur attention quelques secondes, le temps de me décaler du mur et de pouvoir retrouver la largeur du trottoir pour marcher. Finalement, ils m’ont donc laisser partir. Tout cet épisode a duré de longues minutes, et pas une fois je n’ai réfléchi à ce que je faisais : c’était uniquement mon instinct qui parlait, rien d’autre. Comme vous le remarquez, dans cette 3ème aventure, je n’ai pas hurlé sur ces jeunes hommes, j’ai au contraire chercher à fuir. Je sais que c’est le judo qui m’a appris à adopter la réaction la plus appropriée de façon instinctive. Ainsi, je n’ai jamais eu à vraiment me défendre concrètement parce que j’ai sur montrer mon assurance lorsque c’était le mieux à faire, fuir et éviter la confrontation quand c’était de loin le plus intelligent. Mon instinct a, sans aucun doute, été entièrement formé par le judo.

L’arme de l’assurance et de l’intelligence

Le judo vous permettra, je pense, d’améliorer votre assurance autant que la pertinence de vos réactions instinctives et ainsi, de diminuer très largement (voir annuler) les possibilités d’agressions concrètes !

2- Pourquoi le judo donnerait plus confiance en soi que d’autres sports ?

C’est l’un des bénéfices les plus souvent cités et qui est parfois en lien la question de savoir se défendre. Beaucoup de parents inscrivent leur enfant dans cette optique et même si les adultes expriment rarement leurs motivations au moment de leur inscription, c’est également un sujet qui revient souvent.

Il ne serait sûrement pas possible de décrire avec exactitude les nombreux processus qui amènent la confiance en soi puisque c’est une notion très personnelle, très différente d’une personne à une autre. Chacun va vivre les entrainements à sa façon et va construire, petit à petit, en échos avec son quotidien en dehors des tapis également. Parmi tous ces nombreux processus, beaucoup existent dans d’autres activités que le judo : on peut trouver confiance en soi via tout un tas de pratiques, artistiques, sportives ou plus généralement sociales. Alors qu’est-ce que le judo a de particulier ? Il y a plusieurs points qu’on retrouve effectivement peu dans d’autres sports ou pratiques plus généralement et qui, mis tous ensemble, font cette particularité. 

 

La diversité est utile, adieu les normes !

D’abord, la pratique du judo est accessible à tous les gabarits. Etre petit, très grand, gros ou maigre n’est jamais un handicap. Non seulement on peut pratiquer avec des judoka de sa catégorie, mais même lorsqu’à l’entrainement, on pratique tous ensemble, cela devient source d’apprentissage que de se retrouver face à un gabarit différent. L’enfant (ou l’adulte !) qui est plus costaud que la moyenne et raillé à l’école, sera, au judo, le partenaire de tous et source d’apprentissage pour eux.

 

Sur un pied d’égalité, ensemble !

En plus du fait que tout le monde est accepté, il y a une notion d’égalité du fait que nous sommes tous en judogi. A priori, il n’y a pas d’histoire de choix vestimentaire, de matériel ou de marque. Je rajoute que le fait de pratiquer pieds nus peut paraître anecdotique ou uniquement symbolique, mais est en réalité un facteur très fort d’égalité : les ingénieurs, enseignants, personnels de ménage, postiers, ou que sais-je (président de la république !) ont les mêmes pieds nus. Enfin, c’est peut être un détail mais je crois qu’il compte beaucoup, surtout pour les enfants : le judo fait partie de ces disciplines qui se pratiquent uniquement durant l’entrainement. Tous les enfants, quelques soient leur origine sociale et le style de famille ou de maison qu’ils ont, viennent progresser au dojo et sont donc à égalité face à cette progression. Quand certains enfants ne sont pas dans de bonnes conditions pour faire leurs devoirs à la maison ou pour travailler leur instrument de musique, ils peuvent être “comme les autres” au judo ! 

 

Une socialisation douce, libre et constructive !

Pour le 3ème point qui concerne la confiance en soi, j’ajouterais les aspects liés à la sociabilité, extrêmement bénéfiques pour les enfants ou les adultes timides ou introvertis. Contrairement à beaucoup d’autres activités, le judo a cet équilibre « parfait » entre le côté individuel et le collectif.

 

Sa dimension individuelle fait qu’un judoka évalue sa progression par rapport à lui-même.

Personne ne peut lui reprocher de ne pas être assez fort ou ne pas progresser au même rythme que les autres, contrairement aux sports collectifs par exemple. Je connais des jeunes qui jouent au hand ou au foot et dont tout l’enjeu va être de savoir s’ils seront dans l’équipe A, l’équipe B, surclassés ou non. Au judo, la progression de chacun n’est pas mesurée par rapport à celle des autres.

 

La dimension collective est « douce » parce qu’elle se fait uniquement à deux.

C’est beaucoup plus facile pour une personne timide de travailler avec un partenaire que dans un large groupe. Une personne discrète (comme j’ai été) va pouvoir plus facilement connaître les autres parce qu’elle aura à faire à eux un par un et qu’elle n’a pas de place à prendre comme c’est le cas dans un groupe.

 

La socialisation est libre parce que non obligatoire.

Un judoka qui ferait tout l’entrainement sans dire un mot ne choquera pas… C’est même presque la norme idéale que d’observer le silence durant l’entrainement. Il n’est donc pas anormal de ne rien dire, contrairement, encore une fois, à beaucoup d’autres activités à dimension sociale où il est au contraire important de savoir prendre une véritable place dans le groupe.

 

Les relations sont constructives.

Comme je le disais concernant les différents gabarits qui seront toujours acceptés, les relations au judo se construisent par nécessité. On ne peut pas travailler sans l’autre. La personne la plus timide sera donc toujours utile à son partenaire et sera ainsi valorisée. 

Voilà pourquoi je suis convaincue que le judo est tout à fait particulier pour développer la confiance en soi, c’est l’une des rares pratiques qui allie diversité, égalité, et liberté dans la sociabilité… le tout dans un cadre extrêmement positif et constructif.

3- Pourquoi le judo aide à la concentration et permettent aux enfants agités de se calmer ?

Là encore, le judo est une discipline très particulière. Au judo, il y a des règles comme dans tous les sports et, de façon implicite, comme dans tous les domaines de la vie que ça soit à l’école, à la maison, dans la rue ou dans la société, ou encore dans la pratique de quelconques activités. En revanche, ce qui fait la particularité du judo, et qui n’est pas si souvent rencontrée, c’est ce que j’appelle « l’étiquette ».

L’étiquette : ce qui implique des rituels de comportement clairement annoncés et identifiés.

Tout le monde sait que dès le premier cours, on apprend à saluer le tapis avant d’entrer, on commence le cours par un salut général, on salue son partenaire avant et après chaque combat… Cet exemple des saluts qui viennent ponctuer tous les moments de l’entrainement est extrêmement important pour un enfant dit « turbulent » ou devrais-je dire plein de dynamisme ! En effet, il va pouvoir s’accrocher à ces rites et donc respecter le cadre plus facilement… puisque son cerveau ne le fait pas forcément de lui-même, de façon autonome. Un enfant agité va sûrement se faire rappeler à l’ordre lorsqu’il passera du vestiaire au gymnase ou stade de foot parce qu’il n’y a aucune balise pour ce passage si ce n’est « être sage », ce qui ne veut pas dire grand chose pour lui ! Au judo, il va avoir cette étiquette qui va lui montrer le chemin et l’aider. 

Cet aspect est tout aussi important que celui de la confiance en soi, d’abord parce que parfois, les deux vont ensemble :

une personne, adulte ou enfant, peut être très extraverti et pour autant manquer de confiance en elle !

Ensuite, que le judo aide à la concentration et la canalisation, c’est tout simplement ce qui rend heureux ! Un enfant qui repart d’un cours de judo sans s’être fait grondé, avec la satisfaction d’avoir pu suivre l’étiquette comme les autres, c’est vraiment un enfant heureux… De même qu’un enfant timide qui repart en ayant travaillé avec un partenaire qui est devenu sa nouvelle copine, ça va lui donner un immense sourire. Je cite des exemples un peu bateaux mais il faut se rappeler que les infimes détails peuvent compter et que, si c’est souvent plus visible chez les enfants, ça existe aussi beaucoup chez les adultes ! Finalement, comme le dit si bien Vincent Tebo dans son interview de l’épisode 3 :

le plus important dans le judo, c’est que ça rend heureux !

 

J’espère que ce 1er épisode sur « Pourquoi s’inscrire au judo ? » vous a plu ! N’oubliez pas qu’il sera suivi par un 2ème volet intitulé « Le judo, c’est pour la vie ». Vous pouvez vous abonner sur la plateforme de votre choix pour écouter tous les prochains épisodes (Itunes, Google Podcast, SoundCloud…) ou juste ci-dessous dans le cadre tout jaune. Et bien sûr,

n’hésitez pas à commenter, partager et apporter vos propres points de vue…

Je vous souhaite une excellente rentrée, chers judokas et à très vite !