Judoka, entrepreneur, coach, artiste : une histoire de ressentis. Interview de François Bard

Judoka, entrepreneur, coach, artiste : une histoire de ressentis. Interview de François Bard

Interview de François Bard.

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François Bard raconte ce parcours aussi singulier que riche. De l’enfant agité qui découvre le judo comme tant d’autres à l’adolescent qui entre en pôle Espoir et qui rêve des plus hauts podiums : son histoire aurait pu s’arrêter là. Mais François sait laisser parler sa sensibilité et surtout se questionner… Les chemins sont multiples et il n’hésite pas à explorer tous ceux qui lui permettent de se réaliser avec, toujours, le judo à la racine de cette vie qui se tisse.

 Les illustrations de cet article sont issues de la page facebook de François Bard et restent sa propriété : cliquez ici pour accéder à sa page facebook ou à son compte instagram : https://www.instagram.com/fran__artist/

Dès mes 6 ans, le dojo était un lieu où je me sentais super bien ; il y avait quelque chose d’un peu magique.

J’ai commencé le judo à 6 ans. Comme beaucoup d’enfants, j’étais assez hyperactif, j’aimais bien me bagarrer un peu, et au-delà de ça, j’avais vraiment de l’énergie à dépenser ! Aussi, j’adorais le Japon, depuis tout petit… En fait, je mettais dans le Japon toute l’Asie. Et comme à 7 kilomètres de chez moi, dans la ville de Pouzauges, il y avait un club de judo, c’est comme ça que j’ai démarré, en 1993. Mes parents n’étaient pas dans le judo pourtant. C’est vrai que mon père, qui a aujourd’hui 70 ans, avait côtoyé la famille de Stéphane Traineau quand il était petit… Donc il avait eu vent du judo. Mais à son époque, il y avait très peu de clubs. Enfin il a quand même eu cette espèce de fibre pour le judo… Il aimait ça. D’ailleurs, il a commencé le jujitsu quand j’ai démarré le judo et mon frère en a fait aussi. Ma mère, elle, a fait du Taïso, donc toute la famille a mis un peu un pied dans le judo… !

De mon côté, ça m’a tout de suite beaucoup plu. Je m’amusais et j’adorais les techniques. Il y a quelque chose d’un peu magique d’ailleurs…  J’avais de très bons professeurs, il y avait beaucoup d’amour et ça se sentait. Le dojo était vraiment un lieu où je me sentais super bien. On avait ces petits passeports, les « passeports jeunes » de l’époque, et il y avait dedans les techniques dessinées. Je m’amusais à les regarder, surtout les techniques qu’on n’avait pas encore apprises pour prendre un peu d’avance et aller les tester ! Je me régalais ! Du coup, j’ai toujours continué le judo après, je n’ai jamais arrêté.

Rêver de médailles à 15 ans : objectif ou fantasme ?

La suite de l’histoire, c’est que j’ai intégré le pôle espoir de Nantes. C’était en septembre 2002, j’avais 15 ans, j’entrais au lycée. Je faisais de bons résultats régionaux à ce moment-là. Donc c’est vrai que de pouvoir entrer en Pôle, c’était pour moi génial. J’allais faire du judo tous les jours, et pourquoi pas, aller sur des championnats de France et revenir avec une belle médaille… Puis, pourquoi pas aller en équipe de France et finalement, être comme tous ces champions que j’avais sur le mur de ma chambre.

Uchimata réalisé en compétition de judo

Mais en fait, je pense qu’à 15 ans, certains jeunes savent vraiment ce qu’ils veulent et sont donc bien accompagnés pour ça… Et d’autres sont dans le fantasme, comme je l’étais je pense. Autour de moi, personne n’avait été athlète de haut-niveau. Le discours que j’entendais, c’était que je devais aller au plus haut que je pouvais et que ça serait super ; et que c’était déjà super d’être là !  Ce n’est pas un mauvais discours en soi, c’est plein d’amour d’ailleurs. Mais finalement, même si j’avais (et j’avais eu !) des supers professeurs et entraîneurs qui faisaient que je me sentais bien, je me suis retrouvé dans cette machine-là, sans savoir vraiment où je voulais aller. Je n’avais pas vraiment de vision.

Je prenais un peu comme c’était, au jour le jour, avec cette envie d’aller au plus haut et de rêver à une médaille… Au national, à l’international… En fait, entre ces rêves-là et la réalité, je ne savais pas par où passer et je ne mesurais pas combien il fallait s’entraîner fort pour pouvoir être à ce niveau-là. C’est aussi super intéressant, parce que ça, maintenant, je le remarque ! Mais avant, je ne le remarquais pas. Je n’avais pas autant de recul et surtout, je ne comprenais pas pourquoi d’autres y arrivaient et moi, pas toujours. Il y avait des tournois où j’étais très bon et d’autres où ça ne le faisait pas… Et je ne comprenais pas ! 

Finalement, j’ai fait un petit parcours quand même, en cadet. J’étais content, j’ai été aux championnats de France, je faisais des bons tournois. J’ai d’ailleurs continué juniors puis seniors derrière. Mais c’est vrai que ce passage-là me faisait voir le judo d’une certaine manière. Je n’étais que dans la compétition, je ne jurais que par ça, comme beaucoup de jeunes de cet âge-là…

De la compétition vers l’enseignement.

Au départ, j’étais vraiment là pour faire de la compétition, c’était mon monde ! Mais c’est là que je vois que mes professeurs et mes entraîneurs ont toujours été bienveillants avec moi. Ils nous ont toujours bien accompagnés dans ce monde de compétiteurs avec un côté très pédagogue. Ce n’est pas pour rien que je suis devenu professeur de judo ! Je savais que, quand la compétition était terminée, il n’y avait pas que ça. C’est quelque chose que j’ai su attraper et qui m’a donné l’envie de partager, à mon tour, le judo. 

François Bard professeur de judo avec un petit enfant

Je me suis donc lancé sur un brevet d’état. J’étais aussi animateur en centre de loisirs, à côté, ce que j’aimais bien ! C’est aussi simple que ça. J’avais 19 ans, c’était très tôt, et c’était en parallèle de mes études de STAPS. Voilà comment je suis devenu professeur de judo, en 2007. J’ai commencé par un premier club où je n’ai passé que six mois. J’avais un ou deux cours par semaine à donner donc ça ne m’empêchait pas de m’entraîner. 

Ensuite, j’ai poursuivi dans un deuxième club, en périphérie de Nantes, où je donnais six heures de cours, ce qui n’est pas énorme… Je faisais aussi le suivi compétition les week-ends. Et là, je continuais toujours de m’entraîner pour moi, c’était facile à gérer.

En 2014, je suis arrivé au Judo Atlantic Club de Nantes où là, j’étais finalement le professeur principal, avec une grosse partie des heures. J’avais 27 ans et au début, j’ai voulu continuer un peu la compétition. Mais après, je me suis dit que j’étais tous les soirs sur le tatami… Et je crois que je n’avais même plus forcément envie… J’avais des bons athlètes desquels il fallait que je m’occupe. C’est vrai qu’au début, je suis allé un peu m’entraîner avec eux sur le cours régional (CPS) mais finalement, même ça, j’ai vite lâché. Je m’entraînais tout de même avec eux sur les randori du cours compétition ou du cours adultes. Mais même ça, ça restait des entraînements que j’encadrais… Et donc je ne m’entraînais plus pour moi. 

Une ouverture à d’autres disciplines martiales

Ce qui m’a permis de me ré-entraîner vraiment pour moi à cette période, c’est le jujitsu brésilien. J’ai mis un nez (même un pied !) dans le ju-jitsu brésilien parce que les horaires étaient différents. C’était le matin ou le midi et je pouvais donc m’entraîner pour moi ! 

Au départ, j’aimais beaucoup le MMA grâce à un ami passé par le pôle Espoir de Nantes, qui était combattant de MMA. Il s’appelle Souksavanh Khampasath et c’est aujourd’hui un excellent professeur de grappling, de ju-jitsu brésilien et de MMA, à côté d’Angers. En le voyant, je me disais que ça avait l’air vraiment bien ce jujitsu brésilien et j’ai eu envie de tester. J’y suis allé et oui, c’était génial ! Je suis tombé sur des gens vraiment chouettes aussi. Du coup, j’ai pu faire progresser mon sol… 

François Bard en combat de judo au sol

J’aimais déjà le sol mais je n’étais pas un grand fan. Et là, je me suis mis à adorer ça. J’ai eu un excellent professeur, très pédagogue, Baptiste Landais. D’ailleurs, il a rejoint le dojo Nantais, pour la section de ju-jitsu brésilien qui vient d’ouvrir. Ce professeur m’a fait comprendre l’avantage de pratiquer le ju-jitsu brésilien et de le mettre dans son judo. Je me suis régalé parce que du coup, j’ai pu effectivement l’intégrer dans mon judo, à ma sauce ! 

Et le partager à mes élèves, ce que j’ai vraiment adoré faire, parce que quand moi, j’avais 15 ou 16 ans, je n’étais pas bon au sol ! Je me souviens de ma première compétition en cadets où je me suis pris deux clés de bras sans rien comprendre. Je n’avais pas pu défendre, c’était l’enfer ! Donc là, non seulement je pouvais m’entrainer pour moi mais en plus, ça allait servir à mes élèves. 

D’ailleurs, ça leur a effectivement bien servi parce que très vite, quelques-uns ont commencé à vraiment bien faire judo au sol, à devenir complet. 

Finalement un judoka qui est « moyen », qui fait judo « normalement », il devient quelqu’un de complet en pratiquant le sol de manière vraiment plus précise et assidue. Il devient alors « dangereux » debout et au sol et là, c’est hyper intéressant. Pour nous, au judo, ce qui est intéressant, c’est de travailler cette fameuse liaison debout-sol. Là, on devient vraiment fort je pense, parce qu’on développe une intelligence de combat, de randori. Quand on ne trouve pas la solution debout, être capable de trouver soi-même les clés pour emmener la situation au sol et conclure au sol, je trouve que c’est passionnant. Je pense qu’on a beaucoup de choses à apprendre du jujitsu brésilien. Comme eux, je pense, ont des choses à apprendre sur notre manière de pratiquer debout. On a tous à apprendre des uns et des autres. D’ailleurs, je trouve ça très bien que les deux fédérations se soient liées, c’est pour moi une vraie preuve d’intelligence. Plutôt que de rester défendre un peu son truc de son côté, ça n’a pas de sens. On vient de la même racine en fait, il faut partager ! 

Accompagner les jeunes compétiteurs, une responsabilité.

Ces années-là, je suis à 100% sur les tatamis, quasiment tous les soirs et tous les week-ends. J’avais des élèves qui marchaient bien donc on devait aller sur les tournois. D’ailleurs c’est magnifique ! Tu te balades avec tes élèves en minibus, tu pars en compétition, c’est génial !

Bien sûr, en devenant professeur de judo, j’ai aussi voulu partager mon histoire. L’idée était, cependant, de ne pas faire un transfert. Je ne voulais pas dire que, puisque j’avais vécu ci ou ça,  il ne fallait pas le faire ou au contraire faire ceci ou cela. C’est aussi important que les élèves, parfois, face leurs erreurs. Je ne voulais pas être trop papa poule ! Savoir les emmener, les aiguiller, ça oui. Et j’adorais ! 

Jeunes judokas solidaires avant une compétition avec leur coach

Être « de l’autre côté », pour moi, c’était aussi très intéressant puisque ça me permettait de continuer de vivre la compétition, mais d’une autre façon. Et de glisser tranquillement en dehors, justement, de mon monde de compétiteur à moi. Parce que les premières années, c’était dur ! Je me disais qu’il fallait que je reprenne la compétition. Mais c’était des « il faut » ! Au fond, je n’en avais pas vraiment l’envie je pense. Le problème, c’est qu’il me manquait quelque chose. Parce que, tout simplement, quand tu es compétiteur et que tu es tout le temps dedans, tu t’identifies à ça… Tu as, en fait, l’impression de n’exister qu’à travers ça dans le judo. Alors qu’en fait, il y a plein d’autres choses ! Tu n’existes pas qu’à travers une médaille. 

Je pense que, en tant que professeur, entraîneur, c’est là où notre rôle est important. Qu’est-ce qu’aller chercher une médaille ? C’est intéressant de créer une carrière, mais je pense que c’est important, aussi, d’accompagner autant dans l’entrée que dans la sortie de la compétition.

Je connais beaucoup de copains qui étaient très forts au judo, ils avaient des résultats nationaux. Du jour au lendemain, ça s’arrête, et finalement, ils changent de chemin. C’est très bien mais il y a de la frustration… Quelque chose de mal vécu là-dedans. Je trouve ça dommage parce que je pense que ça peut être très bien vécu si le chapitre se clôt avec tout le monde, que c’est bien amené. 

Je pense qu’être pro ou contre la compétition, quelque part, ce n’est pas un sujet.  Chacun fait de la compétition parce qu’il a envie d’en faire et c’est très bien. Surtout, chacun a le choix de faire de la compétition. Je pense que là où c’est problématique : c’est quand on pousse les gens à en faire alors qu’ils n’ont pas envie. On est tous branché, on est tous fait différemment. Il y en a chez qui faire de la compétition va être un moteur, ils adorent ça et prennent du plaisir, et d’autres qui n’aiment pas ça du tout. Et ce n’est pas grave ! Ils ne valent pas moins que ceux qui aiment la compétition. En tout cas, je me suis vraiment régalé avec ces jeunes. J’étais super content de les accompagner. 

Qui est-ce qui se lève le matin : l’homme ou le judoka ?

En tant que professeur, j’étais aussi très investi au niveau de la ligue des Pays de la Loire où j’intervenais sur des formations (BPJEPS, DJEPS, DEJPES et DESJPES) sur la partie ne-waza mais aussi sur la partie gestion du projet de l’athlète. C’était du côté pédagogique. Et ça, ça vient tirer le fil de ma deuxième casquette qui est le coaching. Dans ma vie, le lien a été très simple. Quand j’étais athlète, j’avais besoin d’être accompagné parce que je voyais qu’il y avait des moments où je me mettais la pression pour pas grand-chose… Ça m’handicapait. Je me retrouvais bloqué en compétition, trop d’émotions à gérer. 

Le judoka François Bard éclate de rire avec son partenaire sur le tatami

Comme je venais chercher la performance, je voulais fluidifier ça pour être aussi bon que je l’étais à l’entraînement, et même encore meilleure en compétition, pour pouvoir vraiment me libérer. Avec cet accompagnement, j’ai vraiment grandi en tant que personne. J’ai répondu à des questions qui étaient, en fait, là depuis tout le temps et qui m’ont aidé à mieux me connaître. Et mieux se connaître, c’est être capable de mieux s’accepter et du coup, mieux se gérer dans des moments comme la compétition.

D’ailleurs, ça pose aussi la question de savoir si on a envie de faire de la compétition ou non !

Il y a plein de gens qui stressent en compétition, mais c’est parce qu’au fond, ils n’ont pas envie d’être là ! Alors pourquoi continuer à se flageller si c’est pour passer un mauvais moment ? 

Autant rester chez soi, on n’a pas besoin de forcément faire ça ! Mais ce stress peut aussi montrer que tu t’identifies trop à ces compétitions, ou que tu mets trop d’enjeux alors qu’il n’y en a pas et que tu es là pour t’amuser avant tout… Ce qui est intéressant, c’est que ça permet de se connaître, ce qui était le but de Jigoro Kano quand il a créé le judo. Apprendre à mieux se connaître pour rendre la société meilleure.

Voilà ce que, pour moi, la compétition permet. Oui, on vient aussi chercher la performance, on veut être capable de réaliser quelque chose qu’on a en tête, un rêve, ce qui est magnifique. Mais ça, ça vient aussi mieux lorsqu’on se connait, lorsqu’on répond à certaines questions importantes. Après, certains ne se posent aucune question et c’est très bien ainsi ! Encore une fois, que chacun fasse comme cela lui convient.

Je me souviens d’une question intéressante que mon coach m’avait posée. Il m’avait demandé : « Qui est-ce qui se lève le matin, c’est l’homme où le judoka ? ». C’était une époque où le judo prenait beaucoup de place et je ne me voyais qu’à travers le judo. C’était intéressant de réaliser que j’étais un humain qui mettait un judogi pour aller s’entraîner, et non un judoka accessoirement humain !

C’est à partir de là que j’ai fait des meilleures compétitions. Je me suis vraiment lâché, je me suis fait plaisir. Ça m’a fait vraiment du bien. Je trouvais génial et j’ai eu vraiment envie partager ça. 

La casquette de coach, celui qui révèle la puissance de chacun.

Quand j’étais petit, je voulais faire un métier où je pouvais motiver des gens… Je retrouvais ça dans mon envie de partager ce que je vivais ! C’est pour ça que finalement, professeur de judo c’était super. J’ai donc ajouté la casquette d’accompagner les gens à réaliser leurs projets. Aller creuser en eux, voir où ça bloque pour donner des clés et que, eux mêmes finalement, trouvent les clés, puis se sentent bien et réalisent vraiment leurs projets, ça me plaisait ! Je me suis formé puis j’ai commencé à coacher.

Au début, c’était plutôt les athlètes, quelques judokas. Ensuite d’autres athlètes, ce que je continue aujourd’hui. Par exemple, je travaille en partenariat avec une école d’ingénieurs qui ont des athlètes de haut-niveau qui font un double cursus ingénieur et athlètes. Ce sont des personnes qui font des championnats du monde, championnats d’Europe, et ce qui est très intéressant, c’est que je vois que ces personnes-là ne sont pas là par hasard.

François Bard à l'ouverture du kimeno kata

Finalement, ceux qui ont une belle ambition sportive, assez élevée, se posent des questions…

Parfois, on peut entendre : « ah tu te poses trop de questions ! ». Je ne pense que ce soit le sujet, « trop de questions » ou « pas assez ». Le vrai sujet, c’est de se poser les bonnes questions ! C’est ça mon métier : aller poser vraiment les questions aux gens qui font que tu as un déclic, que tu comprends pourquoi tu stresses par exemple. Si tu te rends compte qu’en fait, ton stress, il prend trop de place par rapport à l’enjeu… Si tu peux apprendre à faire de l’enjeu un jeu… C’est ce qui permet de mieux te connaître pour fonctionner simplement et, je pense, être au maximum de ta puissance. 

En tant qu’humain, on est très puissant. Tout le monde peut se réaliser pleinement et réussir ses objectifs et vivre la vie qu’il a envie de vivre. 

Mais cela nécessite de se faire confiance et donc de se poser des questions. Aller résoudre tous ces petits trucs qu’on a pu avoir depuis qu’on est gamin, qu’on a vécu. Je pense qu’il y a des choses avec lesquelles c’est important de faire la paix pour continuer d’avancer. Parfois, ces trucs-là sont très vieux, bien engrammés, et c’est qui fait qu’en arrivant en compétition, on est complètement bloqué. On ne sait pas pourquoi mais en fait, on est peut-être en train de revivre quelque chose qui nous a traumatisés avant… Et on associe les deux situations alors que ça n’a pas lieu d’être, ce n’est pas forcément associable. C’est ça mon travail : aller questionner en tant que coach.

Judokas, artistes, entrepreneurs, dirigeants… même combat ?

J’accompagne aussi des entrepreneurs, quelques artistes et des dirigeants d’entreprise. Par exemple, j’interviens dans les entreprises à travers un atelier qui s’appelle « Judokas du changement ». J’utilise le judo, je travaille en utilisant ses principes et ses valeurs, au service de l’entreprise. Je fais le parallèle, la transversalité. Finalement, tout mon travail, même avec les entreprises ou les entrepreneurs, ça vient du judo !

Quand tu démarres quelque chose, un projet, ce n’est pas tout le temps simple d’aller au bout, ce n’est pas facile. Souvent tu es tout seul et tu as aussi beaucoup de bruit autour de toi. Des gens te disent « tu ferais mieux de faire ça, de faire ci…  D’être salarié comme ça, au moins, tu serais tranquille… » Ou bien  « Oh, te lancer, personne n’a fait ça dans la famille ! ». Il y a plein de discours que tu peux entendre, et finalement tu es un peu tout seul. Tu n’es pas tout le temps soutenu et il suffit que tu prennes 1, puis 2, 3 ou 4, 5 échecs pour que finalement, tu te demandes à quoi bon continuer. C’est là que tu arrêtes alors que c’est dommage ! Tu as sûrement quelque chose de très intéressant à aller chercher, de très intéressant à donner aux autres ! Parce que pour moi, être entrepreneur, c’est créer un service que tu partages au monde. Mon métier par exemple, c’est d’accompagner les gens, donc c’est leur offrir un service pour qu’ils puissent s’épanouir et offrir eux-mêmes, à d’autres, leur service. C’est un cercle vertueux en fait.

Portrait de François Bard, le coach artiste judoka

Le point commun de l’athlète, de l’artiste ou de l’entrepreneur, c’est que ce sont des humains ! On se pose souvent tous les mêmes questions. Bien sûr, j’accompagne des gens qui ne sont pas au même niveau. Certains ont déjà démarré, d’autres ne sont même pas en démarrage, d’autres démarrent tout juste… Les questions vont être différentes. Surtout, ce sont des humains qui sont, eux, différents ! Je ne prépare aucune séance : je suis en discussion avec les gens et en fonction de ce qui sort, je pose des questions. Je vais questionner ce que j’appelle les angles morts. C’est ce qui est inconscient chez toi et que l’on va l’éclairer. Souvent, j’entends « oh je n’avais pas vu ! ».  Et là, c’est mieux, ça permet d’avancer. Je sais que en France, beaucoup de gens perçoivent un peu ce métier comme quelque chose de perché, ésotérique peut-être. En fait, les gens ne connaissent pas et jugent. C’est dommage parce que je pense qu’on peut facilement résoudre des petits problèmes intérieurs et que ça se voit ensuite dans nos vies ! Et encore plus si on parle de judo, par exemple du point de vue compétition et bien-être ! 

Pour moi, le développement personnel, ça permet d’aller chercher la performance et d’être dans le bien-être. Tu n’as pas l’un sans l’autre. Enfin, pour être plus précis, tu n’as pas la performance sans le bien être. C’est important d’être bien dans sa peau, bien dans son kim pour te faire plaisir à aller t’entraîner, de manière intensive. Je ne suis pas en train de dire que la préparation mentale résout tout ! On sait qu’il faut que t’ailles t’entraîner, que tu bosses, que tu verses des litres de sueurs, que tu chutes, et que tu fasses ce choix ! Mais si tu es content d’être là, ce ne sera pas du tout le même voyage que si tu viens parce que tu es obligé. 

C’est mon métier d’accompagner à ça. Mettre la lumière sur pourquoi tu fais les choses, qu’est ce que tu as envie de faire.

La transversalité du judo avec la vie

Je coache généralement des gens qui sont majeurs. Mais j’ai pu accompagner des mineurs, forcément avec l’adhésion des parents, parce que je pense qu’à partir de 15 ou 16 ans, ça peut être intéressant. C’est l’âge où on commence à se poser des questions. On commence vraiment à faire son petit chemin seul, à faire ses choix, à avoir envie de faire des choses… Et de se retrouver un peu sans les parents. C’est aussi là où on commence à avoir un peu plus de libre arbitre aussi. C’est donc intéressant de se faire accompagner. C’est alors un espace où on peut prendre du recul. Je pense qu’il ne faut pas utiliser le développement personnel et la préparation mentale comme une espèce de béquille. Quand je travaille avec les gens, on ne se revoit pas tout le temps.

J’ai aussi accompagné, par exemple, un judoka qui avait une quarantaine d’années et qui était aussi entrepreneur à côté. C’était hyper intéressant parce que judo venait faire écho à comment il était dans son entrepreneuriat. Par exemple la peur de chuter le questionnait niveau de sa prise de risque dans son activité. Le judo a une vraie transversalité avec la vie. 

Il est vrai que j’accompagne plus des compétiteurs. Parce que quand on vient au judo, en fait, c’est le judo lui-même qui fait son job tout seul ! C’est ça qui est génial. C’est pour moi un moyen de développement personnel. Quand tu arrives, que tu démarres le judo, et que tu vois que tu as peur de chuter ou que, d’emblée, tu ne fais pas confiance à ton partenaire… Automatiquement, qu’est-ce que ça te renvoie ? Je trouve que c’est intéressant de voir ça ! Peut-être qu’en fait, je ne fais confiance à personne… Peut-être que je dois lâcher prise, lâcher le contrôle sur certaines situations, ou sur le jugement des autres. C’est hyper intéressant parce que le judo fait que les gens ont plus confiance en eux par l’expérimentation. Le fait de simplement pratiquer le judo avec des personnes bienveillantes et dans un bon climat, fait que tu avances dans ta vie. Tu apprends à te connaître à travers toutes ces situations.

Le judo et l’expression artistique, c’est une histoire de ressenti.

J’ai toujours aimé peindre et dessiner depuis petit. Je n’en faisais pas beaucoup même si j’adorais ça car je ne m’y autorisais pas trop. Je faisais ça comme ça, dans ma chambre. En 2019, j’ai fait le lien entre la peinture et le judo. Je me suis dit qu’il y avait un truc intéressant à aller chercher. Je sentais que ça pouvait m’épanouir aussi vraiment, et que je pouvais m’exprimer aussi de cette manière-là. J’adore m’exprimer comme vous pouvez le remarquer ! Le judo est très intéressant car je m’exprime avec mon corps. Mais la peinture aussi en fait. Du coup, je me suis mis à vraiment peindre et à peindre dans l’abstrait. Avant, quand je peignais, je faisais beaucoup de figuratif, c’est-à-dire je peignais des choses qui ressemblaient à ce qui existe, peu importe quoi. J’avais testé la bombe, l’aquarelle, l’huile, l’acrylique. Je faisais aussi du pochoir… Plein de choses ! Je le faisais pour moi. 

François Bard le judoka qui est dans son atelier d'artiste

Puis j’ai décidé de me concentrer sur l’acrylique, parce que ça sèche plus vite et j’aimais bien tout ce qu’on peut y rajouter. Et je me suis mis à peindre, mais plutôt la dans l’abstrait parce que je trouvais que ça me permettait de m’exprimer librement. Il n’y a pas de limite en fait ! Tu viens partager les émotions que tu as, tu mets tout sur la toile ! C’est intéressant parce que souvent, les gens ont besoin de comprendre, besoin que ça ressemble à quelque chose de connu pour eux. Ils cherchent la ressemblance.

Quand je montre une de mes toiles, beaucoup vont dire « ah ! Ça ressemble à une aurore boréale… Ça ressemble à ceci… ». Et c’est intéressant, c’est comme si le fait que ça ne ressemble à rien leur fait peur. Donc ce que je vais chercher avec la peinture, c’est interroger les gens là-dessus. Le lien avec le coaching et avec le judo, c’est : qu’est-ce que tu ressens quand tu vois cette toile ? Ça te fait quoi ? Ça vient chercher quoi à l’intérieur ? Ça fait miroir de quoi chez toi en fait ? 

En fait, il y a ce lien avec le judo : c’est ressentir. Ce judo de sensations où tu arrêtes de vouloir mettre les bras, de vouloir tout contrôler, et où tu te détends, ce n’est pas facile non plus ! Parce qu’on veut toujours contrôler, comprendre, savoir ce qu’il va se passer. On a peur de l’imprévu !Alors qu’en fait, c’est souvent quand tu es dans l’imprévu et que tu apprends à te brancher sur l’autre avec tes antennes, tes mains, que tu vas ressentir et que tu sors des mouvements que tu as travaillé longtemps de manière automatique. 

En peinture, sortir du figuratif pour peindre l’abstrait, « à la sensation », c’était un besoin. Je me détache du beau et du laid, de ce qu’on peut dire « c’est beau » ou « c’est moche ». Je me suis complètement détaché de ça et je me suis mis à faire ce qui me va, ce qui me fait plaisir, ce qui m’apporte de la joie, ce qui partage quelque chose. Une émotion. Un sentiment. Je me suis laissé traverser par ça et je me suis laissé faire, tout simplement. Et j’en ai eu rien à faire qu’on dise que ce soit beau ou pas beau parce que finalement, pour moi, c’est hors propos.

J’ai organisé une exposition privée il y a un peu plus d’un an, en septembre 2020. J’ai invité des amis, la famille, des copains d’amis, etc. pour montrer mon travail. J’avais peut-être, au total, 50 œuvres à montrer. C’était génial ! Puis j’ai créé mon statut d’artiste peintre en parallèle et c’est vraiment là que je me suis dit « Et pourquoi pas ! ». Pourquoi ne pas aller vers ça ? À la base, je suis autodidacte. Peut-être que ça peut paraître bizarre, qu’on peut se dire que je m’auto-proclame artiste mais en fait, je pense qu’on a tous une espèce de fibre artistique. Pour ça, il suffit de se laisser aller à ce qu’on ressent. Et en fait, c’est ça qui bloque parfois. Au judo c’est pareil. On parle d’arts martiaux, on est des artistes martiaux ! Il y a une part d’artistique dans le judo. 

C’est parfait comme c’est.

Finalement, je me suis laissé aller, je me suis fait plaisir et la joie était un peu ma boussole. Je n’avais rien à perdre, juste envie de vivre ça, donc je l’ai fait. 

Enso de François Bard

Par exemple, le enso, qui est donc un cercle, ça appartient au zen. J’ai découvert ce geste-là, de calligraphie zen, quand je suis allé au Japon faire du judo durant l’été, à Tenri. On visitait un temple à côté, à Kyoto, et quand j’ai vu ça, j’ai trouvé ça génial. Ce que j’adore, c’est que le geste se fait en une fois. Le cercle se fait en une fois et il est parfait comme il est. La philosophie de ce cercle ouvert, c’est qu’il est parfait comme il est au moment où tu le fais. Et en fait, faire un cercle comme ça, on a envie de dire « ah non j’ai raté ! ». Et ça challenge ! C’est hyper intéressant de faire les choses et de se dire ok, aujourd’hui, mon cercle est comme ça ! Et c’est tout ! 

Et c’est marrant parce que c’est quelque chose de très simple. C’est un cercle ouvert, qui représente aussi la vie, avec une continuité donc ils ne se ferment pas… Il y a toute une symbolique. 

Finalement, je garde cet état d’esprit dans tout ce que je fais d’autres. Je fais beaucoup de gestes… C’est très gestuel ce que je fais, ça éclabousse, ça part aussi de cette énergie du judo, qui part du sol… On termine le mouvement et ça vient claquer. J’aime bien ça. J’aime que ce soit énergique en fait. 

Tout est lié en fait. Le judo est lié à mon coaching, le coaching est lié à la peinture, la peinture est liée au judo… En fait, je fais un lien dans tout. Mais à la base, il y a le judo. Et ma sensibilité je pense. Je trouve ça chouette de pouvoir le partager et que tu m’invites aussi à en parler ! C’est vrai je communique beaucoup sur ce que je fais… Je devais partir au Japon il y a un an, je n’ai pas pu à cause du COVID. J’avais donc arrêté de donner mes cours de judo à Nantes. Je ne cherche pas forcément à reprendre des cours pour le moment mais du coup, je vis du coaching et de la peinture. Finalement, dans cette interview, j’ai dit des choses que je ne dis, d’habitude… qu’à moi !

Merci François pour ta générosité dans ton témoignage et pour ta précieuse expérience !

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Le podcast de François Bard : Les causeries de Muzubi

Interview de Daniel Fournier : ce que les katas nous font comprendre

Interview de Daniel Fournier : ce que les katas nous font comprendre

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Daniel Fournier, fondateur de Culture Judo

J’ai commencé le judo à 14 ans, à l’ACBB à Boulogne Billancourt. J’avais pour professeur, de ma ceinture blanche à ma ceinture noire, Monsieur Jean-Pierre Tripet. Il a su me transmettre ce qu’il avait vu et vécu au Japon. C’est ainsi que, il y a quelques années, j’ai souhaité créer un « lieu virtuel » où tout ce qu’on peut trouver sur internet au sujet du judo serait réuni et présenté avec détails et approfondissement. C’était aussi la volonté de remettre au goût du jour l’histoire de la création du judo.

Pourquoi créer des katas ?

Pour commencer, il est intéressant de revenir aux lectures des écrits de Jigoro Kano. Il écrit que le judo, ce sont les katas et les randoris. Il y a souvent une mauvaise interprétation ; quand il parle de kata, il parle de « formes ». Travailler une technique, sur place ou sur quelques pas par exemple, c’est déjà un kata ! C’est ce qu’il voulait dire : le travail technique et les randoris. Ensuite, la forme de kata telle qu’on la connaît aujourd’hui, sur une surface définie avec des gestes codifiés, est apparue. Pourquoi ? Parce que jusqu’à 1895, date du 1er gokyo, c’était le principal moyen mnémotechnique pour ses élèves qui devaient le remplacer pendant qu’il était en voyage. Il n’y avait pas de méthode, ni de formations de professeurs, donc les katas étaient très utiles pour la transmission. Par la suite, avec l’afflux d’étudiants qui emplissaient le tatami du Kodokan, l’enseignement technique traditionnel n’était plus possible. Les katas, dans la forme qu’on leur connait aujourd’hui, permettaient un apprentissage de masse, avec peu de place et plus de facilité dans la transmission.

Les katas de Jigoro Kano

Cinq créations de notre maître

Il faut savoir qu’il y a très peu de katas créés par Jigoro Kano. Les deux incontournables sont le nage no kata et le katame no kata. Il y a aussi un kata un peu particulier puisqu’il s’appelait, à l’origine, le go Juno kata et qu’il a été séparé en donnant le juno kata et le go no kata. Enfin, beaucoup plus tardivement, Jigoro Kano crée le seiryoku zenyo kokumin taiiku, le fameux kata de culture physique, principalement fait par les femmes, avec une partie au sol qui inclut les atémi également.

Deux katas importés du Ju-Jitsu

Enfin, Jigoro Kano a importé deux kata des écoles de ju-jitsu dans lesquelles il était élève, et il les a aménagés. C’est ainsi que le tenjin shinyo tyu a évolué vers ce qu’on connait aujourd’hui avec le itsitsu no kata et que le kito ryu a évolué pour aboutir au koshiki no kata. Ainsi, du vivant de Jigoro Kano, il y a cinq kata dont trois qu’il a entièrement créés.

Les « nouveaux » katas

Après le décès de Jigoro Kano en 1938, son école de judo, le Kodokan, a bien sûr perduré avec ses élèves et d’autres katas ont été créés. Par exemple, le joshi goshin ho kata a été proposé par une commission d’experts dans laquelle était Mifune, en 1943. C’était en pleine guerre et le neveu de Jigoro Kano, Jiro Nango, se souciait des moyens de défense des femmes en cette période où tous les hommes étaient au front. Ce kata de self-défense répondait à cette préoccupation. Il en fut de même pour le goshin. C’est Koji Komiki, ancien élève de Jigoro Kano, qui a travaillé sur ce kata dès 1953 pour le présenter en 1956. C’était, à cette époque, un kata moderne puisqu’il introduisait un révolver, nouvelle arme contre laquelle il fallait apprendre à se défendre. C’est le dernier kata créé par le kodokan.

Les katas d’ailleurs

Il en existe d’autres mais non officiels ou non créés par le kodokan. Par exemple, le go no sen que nous connaissons bien en France, n’est pas du kodokan. Il vient de l’université de waseta et c’est maître Kawashi qui l’a rapporté ici en 1920. C’est l’un des nombreux exemples de notre « double culture » en France : ce qui vient du Kodokan de Jigoro Kano et ce qui a été ajouté par Kawashi.

Ce que nous enseignent les katas

Les kata ne s’apprennent pas, ils s’étudient. Les kata existent pour démontrer des principes bien particuliers, essentiels au judo. Par exemple, le nage no kata nous enseigne les bases de la bio mécanique du corps. Il nous apprend comment surmonter une attaque en positionnant son corps de façon à maintenir le déséquilibre dans lequel uke s’est mis ou bien à le provoquer. Dans le nage no kata, uke attaque et tori ne fait que se défendre ! Le katame no kata, lui, nous apprend à utiliser notre corps de façon efficace en nous incitant à garder la plus grande motricité dans l’osae komi. Dernier exemple : le ju no kata, qui est lent, nous apprend la non résistance, la flexibilité et la souplesse. Plus que ça, c’est un kata qui nous apprend la redirection de la force du mouvement. Lorsque uke attaque en se déplaçant dans un sens, tori redirige la force vers là d’où elle vient. Ainsi, lorsqu’on étudie les principes enseignés par chaque kata, on développe alors ce qui doit nous servir en shiai, en compétition !

Le Shu, Ha, Ri

Pour cela, il faut comprendre les trois étapes « shu, ha, ri ». D’abord, je commence par apprendre, répéter. Je n’ai pas la connaissance suffisante pour poser des questions. Ensuite, je peux restituer. Je pose des questions, ne serait-ce que pour comprendre. Enfin, le ri, c’est la transgression. Je déforme ce que j’ai appris car j’ai un niveau de connaissance suffisant pour faire ma propre adaptation de ce que j’ai appris, tout en restant dans l’esprit originel. On retrouve ces trois étapes dans tous les apprentissages techniques. C’est ce qui fait qu’il n’existe pas un judo mais des judo. Chaque personne va travailler la technique en fonction de sa morphologie, de sa souplesse, de la position dans laquelle elle se sent le mieux. Chacun a sa forme de corps. Bien sûr, le « shu, ha, ri » sont trois étapes qu’on observe également dans la vie. D’ailleurs, Jigoro Kano n’a pas créé le judo comme un sport ou un exercice physique mais comme un outil pour améliorer la société. On utilise la technicité pour passer à travers ces trois étapes et s’améliorer soi-même. C’est en s’améliorant soi-même qu’on améliore ensuite la société.

Quand apprendre un kata ?

Cet apprentissage peut se commencer très tôt. Si je prends mon exemple, je suis de l’ancienne école et j’avais une série du nage no kata à présenter pour chaque passage de ceinture à partir de la ceinture orange (il n’y avait pas de ceintures bicolores). Il y avait, pour cela, des adaptations, comme, par exemple, pour kata guruma (première série) qui est difficile lorsqu’on est ceinture jaune. Le professeur enseignait alors une autre forme, en restant à genoux, et on pouvait acquérir le principe de cette façon ! On avait déjà tout le cheminement, l’ordre et la logique des séries du nage no kata au moment de passer la ceinture marron et nous pouvions être prêts, avec maturité, pour la ceinture noire. 

Comprendre pour progresser.

Mon objectif avec culture judo, c’est de mettre l’accent sur la signification de ce qu’on fait. J’ai pu constater qu’en m’intéressant à cet aspect plus historique, culturel, spirituel, j’avais une bien meilleure pratique des kata, plus facile aussi. Quand on comprend dans quel esprit Jigoro Kano a créé ces séries, a voulu les enseigner, les utiliser, alors notre pratique prend du sens. On comprend ce qu’il a voulu nous montrer et ce que l’on travaille.

Le nage no kata

Par exemple, savez-vous comment Jigoro Kano a construit la deuxième série du nage no kata ? Son ami Shiro Saigo, fatigué de sans cesse chuter sur le tokui waza de Kano, uki goshi, décide d’esquiver en avançant pour éviter que Kano puisse passer sa hanche. Cette parade a eu son effet et Jigoro Kano a dû réfléchir. C’est ce qui l’a amené à créer haraï goshi, et Shiro Saigo a recommencé à chuter à chaque randori. Jusqu’à ce qu’il trouve une nouvelle idée : baisser son centre de gravité en poussant avec son ventre pour éviter le harai goshi. Jigoro Kano a alors développé tsuri komi goshi, en descendant sous le centre de gravité. C’est ainsi que la deuxième série a été créée !
N’oublions pas qu’à l’origine du nage no kata, il n’y avait que dix techniques. Malheureusement, le kata originel a été perdu, aucun écrit n’a pu être retrouvé. Sur les 15 techniques qui le constituent aujourd’hui, il y a aussi eu trois ou quatre formes différentes. Ce kata a évolué avec le temps. Avant kata guruma, on a retrouvé que c’était sukui nage qui était pratiqué. J’ai moi-même essayé… et je pense que c’était une forme de te guruma, aussi considéré comme sukui nage, qui était pratiquée. C’est ce qui a dû être à l’origine de kata guruma. 

L’itsutsu no kata

Aujourd’hui, je travaille l’itsutsu no kata. C’est un kata qui fait partie de l’enseignement supérieur, il est imprégné d’un état d’esprit très particulier puisqu’on essaye de représenter les forces de la nature dans les techniques que l’on fait. On l’appelle le kata incomplet car Jigoro Kano n’avait pas nommé les techniques. Elles sont simplement numérotées, mais dans sa forme, ce kata est bien abouti.

Merci Daniel !

Grâce à ces échanges, notre esprit s’ouvre à de nouvelles compréhensions, nouvelles pratiques et nous progressions en judo. Merci beaucoup Daniel pour tout ce que tu apportes au monde du judo !

Interview de Eric Pariset pour un hommage à Henri Courtine

Interview de Eric Pariset pour un hommage à Henri Courtine

Interview d'Eric Pariset pour un hommage à Henri Courtine

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M. Courtine, mon père spirituel

Eric Pariset judo judoka J’ai 66 ans et j’ai commencé le judo presque à la naissance ! Mon père était judoka donc je devais avoir un judogi dans mon berceau… Mais j’ai vraiment commencé vers 7 ou 8 ans car à l’époque, il n’y avait pas le baby judo. J’ai donc été mis au judo naturellement puisque mon père était champion et professeur. J’ai décidé de me lancer assez rapidement dans ce métier, en suivant ses traces et il souhaitait que je découvre d’autres arts martiaux. J’ai donc continué avec différentes formations. J’ai pratiqué le karaté, l’aïkido, la boxe française et la boxe américaine (qui est devenu le kick boxing ensuite). J’ai ensuite été très vite initié, sous sa férule, au Ju-Jitsu. C’est devenu ma spécialité, et toujours en rapport avec le judo. C’est en fait indissociable !

Bernard PARISET, mon père, et Henri COURTINE, on été les figures légendaires du judo français dans les années 50.

Ils étaient les meilleurs amis du monde tout en étant adversaires sur les tatami du niveau national. Ils se partageaient les titres de champion de France toute catégorie, une fois c’était l’un, une autre fois c’était l’autre. Ils ont été les deux premiers français à obtenir une place de demi-finalistes aux championnats du monde. C’était à l’époque en toutes catégories ! Tous les 2 ont été champions d’Europe. D’ailleurs, mon père l’a été en battant le fameux Anton Geesink en 1956… 

Courtine Pariset JudoLorsque j’étais petit, nos deux familles se retrouvaient tous les étés, durant 3 mois à Beauvallon-sur-Mer, près de Sainte Maxime dans le Var. M. Courtine et mon père organisaient et dirigeaient un stage où les meilleurs judokas de la planète passaient. C’était la fin des années 50 donc les conditions étaient rudimentaires ! Paillotes en terre battue, pas d’électricité, bloc sanitaire en commun… Nous, les enfants, étions heureux comme tout car c’était la nature ! Mais pour les adultes, c’était plus difficile !

Ces stages d’été n’étaient que pour les adultes au début. Par la suite, des plus jeunes sont venus mais le tatami n’était pas si grand que ça. Il y avait un cours technique le matin et l’après midi, c’était 1h30 de randori. Et ça bagarrait fort ! Ce stage a duré jusque 1985/86 et a dû ensuite fermer pour des raisons d’exigences au niveau de la sécurité… Notamment avec les risques d’incendies. Les paillotes ne répondaient plus aux normes.

Nous cohabitions donc, mes parents et moi, avec Monsieur Courtine, son épouse et sa fille qui avait mon âge.

M. Courtine était avant tout, pour moi, l’ami de mon père… le père de ma copine… avant d’être judoka !

J’ai donc eu cette chance de connaître M. Courtine dans sa vie privée.

Au fur et à mesure que j’ai grandi, j’ai pris conscience qu’il était un grand champion de judo. Et qu’il avait un parcours en commun avec celui de mon père. Ce qui était particulier, c’était qu’ils étaient totalement différents. Autant de caractère que dans leur judo, et ils s’entendaient très bien justement parce qu’ils étaient complémentaires.

M. Courtine était un grand organisateur, réputé très rigoureux, en plus d’être un très grand judoka.

Quand on ne le connaissait pas, on pouvait penser qu’il était très, voire trop sérieux. Mais moi, je l’ai connu plein d’humour. C’est peut être l’une des personnes qui me faisait le plus rire ! C’était quelqu’un de très humain, qui avait des valeurs, comme celle de la famille. À chaque interview, il rendait hommage à son épouse sans qui il n’aurait pas pu faire la carrière qu’il a faite, c’est ce qu’il disait tout le temps… La famille était vraiment importante pour lui. L’amitié également, je l’ai vu avec mon père. Pour moi, c’est devenu petit à petit un père spirituel. 

Un peu plus tard, je l’ai découvert vraiment en tant que professeur.

J’arrivais à Saint Michel de Picpus, au collège en section judo, et c’était lui le professeur ! Ainsi, durant 3 ans, tous les jeudi après-midi, je faisais du judo sous sa direction.

Ensuite, il est devenu directeur technique national à la FFJDA.

Courtine FFJDA judo C’est sous sa direction que mon père et moi avons mis en place des documents pédagogiques et techniques pour la relance du Jujitsu. Ce fut un moment important. Mon père a eu cette initiative car il pensait que les professeurs devaient avoir un outil supplémentaire au judo, une corde de plus à leur arc. Le judo se développait beaucoup vers l’aspect compétition, en négligeant un peu trop l’aspect art martial traditionnel, pour tous, et utilitaire dans son approche self défense ! Beaucoup de gens s’intéressaient au judo et cette dimension était aussi très importante. La Fédération a donc accepté de développer cette partie Jujitsu parallèlement au judo.

À la fin des années 70, M. Courtine a été président de la section judo au Stade Français.

C’était alors un club très connu, créé en 1883, mais sans judo ! Il a pris, pour l’ouverture de cette section, un prestigieux professeur : M. Murakami, entraineur national, qu’il avait fait venir du Japon. M. Courtine favorisait beaucoup les échanges franco-japonais. C’est le premier qui avait permis, en 1968, de faire partir tout un groupe, l’équipe de France, deux mois au Japon. Il a aussi fait venir des entraineurs japonais en France. Et je me souviens de cette époque où il en avait invité quatre, dont Murakami Sensei qui est, lui, resté en France ! Il a donc été entraineur national et professeur au stade français.

J’avais ainsi un président très prestigieux et un professeur qui l’était presque autant ! J’ai, de cette façon, fini ma carrière de compétiteur avec une licence au stade français.
J’aurais voulu que cette carrière soit plus importante mais je faisais vraiment beaucoup de choses. J’avais la gestion du club de mon père, rue des Martyrs dans le 9ème arrondissement de Paris. J’étais également en charge du développement du Jiu-jitsu avec les stages et les démonstrations. Alors finalement, j’ai réussi à faire une carrière honorable au niveau national. J’ai eu un titre de champion interrégions Île-de-France Ouest… Et la malchance a fait que 3 jours avant le championnat de France, je me suis fait une déchirure intercostale. Dernier entrainement, dernier randori, dernière minute !

À la fin de sa carrière, M. Courtine a été nommé directeur du CREPS de Boulouris.

N’oubliez pas qu’il est né de l’autre côté de la Méditerranée, il a un attachement très fort à cette mer ! Comme je faisais partie de la commission technique nationale de Jujitsu, j’y allais régulièrement faire des stages. Je faisais partie de l’encadrement pour recycler les professeurs en Judo ou Jujitsu. C’était donc l’occasion de se revoir.

J’ai aussi continué à profiter des stages d’été à Beauvallon-sur-Mer puisque j’y suis allé jusqu’en 1977. J’y ai encadré des stages de Jujitsu. Une année, c’était en 1974, je sortais du bataillon de Joinville et la Fédération m’avait demandé de faire la préparation physique pour des stages juniors. Toutes les ligues y passaient 10 jours, de début juillet jusqu’au 15 septembre. Je m’en occupais donc le matin et l’après-midi, je m’entrainais. Ça me faisait un été entier sur la côte d’azur, c’était bien agréable !

Ce fut donc un long parcours en commun…

Mon père l’invitait régulièrement dans sa résidence principale, dans l’Yonne, au sud du département vers Vézelay. On allait faire des balades à cheval. J’ai donc vraiment connu M. Courtine sur et en dehors des tatamis. Il avait un charisme exceptionnel, une autorité naturelle. Ça ne s’explique pas, ça se ressent. On est impressionné, devant lui… Quelques-uns sont comme ça ! Mon père l’était ! Geesink aussi ! Des gens comme eux s’imposent, ils n’ont rien besoin de dire ! À peine entrent-ils dans une pièce qu’on sait qui est le patron.

M. Courtine, un champion, un professeur et un dirigeant exceptionnel.

Mon père avait commencé le judo à Paris grâce à une petite affichette publicitaire sur une gouttière ! A l’époque, les clubs de culture physique, boxe ou judo faisaient ce type de publicité. M. Courtine a commencé, lui, au Jujitsu club de France sous la direction de maitre Kawashi. Il avait 18 ans. De toutes façons, il n’y avait pas de section judo pour les enfants à cette époque. M. Courtine et mon père étaient donc deux personnes qui avaient envie de combattre, dans le bon sens du terme. Ils n’étaient pas des violents mais plutôt des jeunes hommes en pleine santé qui avaient envie de s’amuser ! Ils sont devenus passionnés. Ils ont eu des résultats aux compétitions.

 Courtine Pariset Judo Japon La première fois qu’ils sont allés au Japon, c’était en 1956. Puis en 1958. C’était pour les tous premiers championnats du monde de Judo. M. Courtine avait vendu sa voiture pour pouvoir partir. Il faut dire qu’à chaque fois, ils y allaient pour 2 mois complets ! Et quand ils n’avaient plus de sous, ils rentraient. Leur amitié a certainement beaucoup favorisé ces voyages. À deux, c’est peut-être plus motivant…

La préparation pour ces championnats se faisait en club. Le judo était déjà un phénomène en France ! Il y avait un niveau fort, vraiment du beau monde pour s’entrainer ! D’ailleurs, les pays limitrophes venaient voir les championnats en France, pour leur niveau.

C’est toute cette demande pour le judo qui a fait qu’ils ont, tous les deux, très vite enseigner. Le judo apparaissait un peu comme magique à cette époque. C’était David contre Goliath ! Lorsque mon père a battu Geesink avec 30 kg et 30 cm de différence, c’était vraiment le petit qui battait le grand ! Il y avait donc cet afflux de demandes et très peu de professeurs, peu de dojo. Comme ils ont tout de suite eu du succès, ça les a incités à y consacrer tout leur temps. Il y avait peu de concurrence aussi… C’est ainsi que naturellement, ils ont fait du judo leur métier !

M. Courtine a eu d’abord son club :

le Judo-Club Champerret, dans le 17ème arrondissement de Paris. C’était un club ouvert à tous. Très vite, du fait que la compétition existait, les pratiquants s’engageaient vers cette voie mais ce n’était pas pour autant élitiste. Il y avait tous les grades, de ceinture blanche à ceinture noire !

Lorsqu’il a eu ses fonctions à la Fédération en tant que directeur technique national (DTN), il a dû quitter ce club. Il devait choisir : soit continuer dans le privé, soit être à la Fédération. Celle-ci était trop importante pour avoir un DTN qui ait son club en même temps. Donc dès 1965-66, il a arrêté l’enseignement. C’était pourtant vraiment un excellent professeur ! Il n’avait pas suivi l’école de cadres mais c’était inné chez lui ! Bien sûr, c’est important de former des professeurs, mais il y a tout de même une part d’inné. Quand on ne l’a pas naturellement, une formation peu aider mais quand on a l’art et la manière de transmettre, c’est plus facile.

Il était exactement le professeur que chaque professeur devrait être.

Il apportait ce que le sport en général et encore plus le judo pouvait apporter dans la vie d’un enfant, un adolescent ou un adulte. Ce complément d’éducation… Dans un dojo, il y a des règles et le rôle du professeur est de les faire respecter. Les règles sont là, il y a le code moral mais qui fait appliquer ? C’est le professeur ! Je me souviens toujours d’un autre personnage illustre du judo français, très ami également de mon père et de M. Courtine, Maurice Gruel. Il dirigeait les entrainements de l’équipe de France. Quand j’étais juniors, l’entrainement était rue du Faubourg Saint-Denis (avant d’aller à l’INSEP) et il y avait des gens qui venaient de toute l’Ile-de-France. M. Gruel, je m’en souviendrai toujours, disait à chaque fois :

« saluez votre partenaire dans une tenue correcte ».

C’est tout bête mais j’ai vu beaucoup de club où on salue dans des tenues débraillées ! voire pas de salut du tout… J’ai aussi vu des échauffements avec un ballon et directement les randori sans salut. Ou des entrainements de masse avec des blessés qu’on laissait de côté…

Le professeur est là pour faire respecter des règles, lesquelles vont servir dans la vie.

Lorsqu’on salue son partenaire dans une tenue correcte, on apprend le respect et la politesse. Et c’est pareil dans la vie. C’est vraiment le rôle du professeur de transmettre ça, naturellement. Je souhaite que beaucoup de professeurs aient la même rigueur que M. Courtine. Mais aussi son enthousiasme ! Beaucoup de gens viennent au judo pour s’amuser. L’enthousiasme doit se ressentir, c’est très important. Les enfants ou les adultes viennent après l’école ou leur travail donc c’est pour se détendre. Ça ne doit pas être trop difficile. Le professeur doit avoir une certaine façon de faire : donner les règles de vie, enseigner les méthodes de combat, et sans ennuyer les gens. La passion se transmet… Si on ne l’a pas, on n’intéresse pas les élèves. Les enfants le ressentent tout autant. Personnellement, j’ai enseigné toute ma vie à toutes les tranches d’âges, de 4 à 70 ans et je sais de quoi je parle, ce n’est pas évident !

Le professeur marque ses élèves.

Il y a peu de temps, un ancien m’a dit « rien que quand tu es sur le tapis, on ne peut pas se tromper, on sait qui est ton père ». La même attitude, la même façon de s’adresser aux élèves. Et j’ai eu un témoignage dans l’autre sens. Un membre de la Fédération se rend dans un dojo en province. Il voit un groupe au fond du tatami qui faisait du Jujitsu avec une ceinture noire… Immédiatement, il se dit « c’est un élève d’Éric Pariset  ! ». Même attitude, même façon de démontrer… Le professeur a une influence, d’où l’importance d’avoir un bon professeur.

En fait, M. Courtine était un très bon technicien, un grand champion, un bon professeur et après, c’est devenu un excellent dirigeant. C’est pourquoi il a marqué les esprits !

 Henri Courtine 10ème dan judo De mon point de vue, M. Courtine connaissait bien le judo, c’est certain, mais c’était en plus quelqu’un qui avait la passion de transmettre. Il était très rigoureux. Il a commencé par enseigner parce qu’il le faisait bien puis sa rigueur en termes d’organisation a fait que le chemin était tout tracé. Sous sa direction, le judo français a explosé. Les équipes de France ont commencé à avoir des résultats assez exceptionnels. En 1972, sur 5 sélectionnés, on est revenu avec 3 médailles ! Mounier, Coche et Brondani. Sur 14 médailles au total, ce n’était pas négligeable !

M. Courtine a donc fait de l’organisation du haut-niveau l’un de ses chevaux de bataille.

Il y a beaucoup oeuvré. Il savait qu’il n’y avait pas que cela parce que tout le monde ne peut pas ou ne veut pas en faire ! Mais il estime que dans la vie, c’est aussi un peu parfois une compétition. Développer l’esprit compétition, apprendre à gagner, apprendre à perdre, à se remettre en question… La compétition oblige à avancer. Le problème est que parfois on ne raisonne qu’en matière de compétition, et c’est alors dommage. C’est pourquoi il n’a pas négligé le sport pour tous. Preuve en est puisqu’il a accepté la proposition de mon père de relancer le Jujitsu, justement dans le sens du sport pour tous. Donc il était compétiteur mais pas axé 100% la-dessus. Il considérait que c’était un passage. Il disait que ça ne devait pas être obligatoire mais que c’était bien d’en faire parce que dans la vie, il y avait d’autres formes de compétition. 

Souvent, il revenait sur le judo avec un discours éducatif. Il faisait le parallèle entre le judo et la vie.

Le judo s’est ainsi développé en quantité, avec beaucoup de licenciés, et en qualité. Ça, c’est parce que M. Courtine était travailleur, organisateur, et c’était un rassembleur. Il rassemblait par son savoir, son charisme… C’est ce qui a fait son succès et sa réputation : il n’a pas été qu’un champion. Il a été un professeur, un transmetteur, un organisateur… Et il a donné à la france la Fédération qu’elle méritait !

Il a également été directeur technique mondiale, à la Fédération Internationale de Judo. C’est tout de même un sacré titre ! Il était connu mondialement. D’ailleurs, il a fait le tour de monde je ne sais combien de fois ! Et il disait toujours que le plus bel endroit du monde, au final, c’était le département du Var.

Toutes ces qualités de très bon judoka, de très bon pédagogue et de très bon organisateur explique toute cette carrière !

On a une propension a tourner les pages très, trop rapidement et on oublie très vite. Certains pensent peut-être que j’insiste trop mais, sans être passéiste, il ne faut pas oublier. Donc ma conclusion, aussi banale puisse-t-elle paraitre, c’est de ne pas oublier d’où l’on vient. Rendre hommage ! Ne pas faire de l’idolâtrie mais respecter dans le sens où il ne faut pas les oublier. Sans eux, on ne serait pas là. Allons vers l’avenir mais en conservant l’image de ceux qui ont été : ne pas oublier nos anciens !

Malheureusement, nous n’avons pas d’images des finales disputées entre mon père et Courtine. Mais on a des livres, on a leurs histoires donc on peut se tourner vers l’avenir en s’appuyant sur un passé très fort ! Et avec des personnalités comme ça, ce sont des socles puissants, on peut s’y appuyer, ça ne va pas s’effondrer !

Merci M. Pariset !

Tous les passionnés de Secrets de Judokas vous remercient vivement pour avoir pris le temps de partager ce témoignage !

Nous pouvons vous retrouver sur votre blog : https://ericpariset.com/

 

Pourquoi faire du judo ? Un atout pour la vie !

Pourquoi faire du judo ? Un atout pour la vie !

Pourquoi faire du judo ? Le judo : atout pour la vie

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Comment se passe votre rentrée ?

Devez-vous parfois convaincre certains sceptiques qui se demandent : pourquoi faire du judo ? Et plus d’être un sport très complet, un art martial extrêmement riche… c’est un véritable atout pour la vie ! Si vous aimez le judo, vous vous retrouver certainement à devoir expliquer pourquoi c’est la meilleure discipline du monde 🙂

Aujourd’hui, je vous propose le 2ème volet de « Pourquoi faire du judo ? ».

J’aborde différentes raisons qui font que le judo, ce n’est pas seulement sympa quand on est sur les tatamis… C’est aussi très utile pour la vie ! Soyez des ambassadeurs de notre discipline en ayant toutes les explications à donner de façon claire et structurée. C’est sûrement la meilleure façon d’inciter le maximum de personnes à le découvrir.

Mieux comprendre, c’est mieux progresser.

Connaitre les bienfaits du judo de façon plus approfondie vous aidera dans votre pratique. Il y aura des domaines que vous travaillerez plus volontiers à l’entrainement parce que vous aurez compris leur impact positif dans votre vie. D’autres domaines, ceux que vous connaissez déjà bien sur les tatamis, deviendront soudainement des sources d’inspiration pour votre quotidien.

Rappelez-vous, dans l’article (ou épisode) précédent (à lire ou écouter ici !), je détaillais 3 questions.

=== Est-ce que le judo est utile pour vous défendre dans la rue ?

=== Pourquoi le judo développe ou renforce votre confiance en vous ?

=== Comment le judo aide à la concentration et calme les tempérament agités ?

Si ça vous intrigue, prenez le temps d’aller y jeter un oeil !

Maintenant, voilà les bénéfices que vous allez pouvoir exploiter pleinement pour améliorer votre vie. Regardez ces aspects très riches et spécifiques au judo. Appuyez-vous dessus pour changer votre quotidien en mieux.

1- Faîtes de votre corps votre meilleur ami !

L’aspect sportif du judo vous prépare particulièrement à tous les besoins physiques de la vie.

Cela était voulu par son fondateur, Jigoro Kano, comme c’est si bien expliqué dans le livre de Michel Mazac. (Jigoro Kano, Père du Judo, publié aux éditions Budo). Kano Shihan (1) était extrêmement attaché à l’idée d’une éducation physique qui permette d’avoir un corps sain, agile, et utile dans la vie de tous les jours.

En effet, le judo est, dans sa dimension sportive, extrêmement complet.

=== Le judo n’est pas asymétrique.

Que vous soyez droitier ou gaucher, vous travaillez toutes les parties du corps de façon complète. Pour exemple, le tennis est un sport asymétrique puisqu’on va travailler les muscles différemment. L’épaule et le bras droit vont beaucoup être sollicités si on est droitier ! Le côté gauche va l’être nettement moins.

=== Le judo rassemble les 4 agilités physiques principales.

1 >> Vous développez vos muscles bien sûr, comme dans tous les sports.

2 >> Vous travaillez votre souplesse, ce qui n’est vraiment pas le cas de tous les sports.

3 >> Vous sollicitez sans cesse votre équilibre, ce qui est une exigence assez spécifique.

4 >> Vous devez acquérir des capacités de coordination, bien plus que dans la majorité des sports. En judo, toutes les parties du corps sont utilisées simultanément. Lorsque vous apprenez un mouvement, vous devez vous préoccuper de vos 2 pieds, vos 2 bras, mais aussi de votre bassin, votre tête… Le tout pour avoir une position d’ensemble très précise, qui plus est, non figée mais en mouvement.

=== Soyez libre et épanoui, avec et grâce à votre corps

Ce qui était très important pour Jigoro Kano, ça l’est encore aujourd’hui pour un grand nombre de professeurs. Il s’agit de donner aux judokas des capacités physiques utiles dans la vie et pas seulement pour des résultats au judo. Les enseignants veulent, certes, que leurs élèves (enfants ou adultes) réussissent telle technique et puisse l’exécuter en randoris. Mais ils veulent surtout que leurs élèves soient à l’aise dans leur corps, doués dans leurs mouvements. Ils souhaitent que les judokas développent chez eux une aisance pour leur quotidien.

>>> Pensez aux atouts que vous développez…

Concrètement, lors de votre prochain entrainement, prenez conscience de l’importance des mouvements pour tout votre corps ! Échauffement, exercices techniques, uchikomis… Observez ces 4 capacités physiques : souplesse, équilibre, muscles, coordination. Remarquez alors combien vous développez vos aptitudes physiques générales !

Rien que cette prise de conscience va améliorer encore les bienfaits de vos efforts.

Profitez de ces atouts à tous moments !

Et si lors d’une soirée, quelqu’un vous demande à l’improviste de suivre quelques pas de danses ? Vous serez confiants et saurez que ce n’est pas un problème pour vous ! Avancez un pied pendant que l’autre se lève et que vos deux bras se croisent, un jeu d’enfant !

Je peux aussi aussi prendre l’exemple de mes dernières vacances. J’ai accepté d’essayer le monocycle ! J’étais assez fière, je dois dire, que malgré mon grand âge, je savais adapter mon équilibre, gainer mes muscles et copier comme il fallait les instructions données ! J’étais bien sûr loin d’être au top mais je pouvais assurer le minimum, en tant que débutante, pour m’amuser. Et ça, c’est vraiment grâce au judo.

2- Apprendre à chuter, c’est devenir fort

L’apprentissage des chutes est très spécifique au judo. Savoir chuter à bien plus d’implications, en réalité, que ça ne peut en avoir l’air.

=== Evitez les blessures.

De façon concrète et directe, apprendre à tomber sans se faire mal est extrêmement utile ! La grande majorité des judokas vous raconteront toujours des exemples de chutes où grâce au judo, ils ont pu éviter une fracture ou des blessures plus graves.

J’avais pour ma part seulement 2 ans de judo derrière moi lorsque ça m’a réellement servi pour la 1ère fois. Je faisais du vélo et du haut de mes 10 ans, je devais manquer de quelques notions… J’ai freiné brutalement, d’un coup sec, uniquement du frein avant ! Inutile de vous faire un dessin ? La roue avant a pilé, la roue arrière s’est cabrée comme un cheval et moi je suis partie bien loin dans les airs. Mais je n’ai pourtant pas atterri la tête la première et les bras en avant. Non, j’ai roulé joliment comme sur un tapis de judo et je m’en suis sortie avec quelques égratignures seulement…

=== Apprenez à vous relever.

Le bénéfice physique est important. Mais il y a aussi celui qui apparaît comme symbolique et qui est, pourtant, très réel. Vous apprenez 2 choses avec les chutes :

>> à vous tromper ou échouer sans vous faire mal, sans que ça soit un problème douloureux…

>> à vous relever, à repartir, à recommencer !

Quand dans un entrainement, vous avez chuté 20 fois, dans tous les sens, en vous relevant à chaque fois pour chuter encore dans un autre sens, on peut dire que symboliquement c’est assez fort. Si on était capable de se tromper ou d’échouer aussi facilement, en repartant immédiatement après, la vie serait surement plus facile. Le symbolique est important car il joue sur notre psychologie, notre façon de penser et donc de voir les choses. Je crois qu’il aide de façon très concrète à affronter des épreuves dans la vie.

=== Utilisez les bons mots pour créer les bons réflexes.

En tant que judoka, face à un échec, vous pouvez avoir en tête vos entrainements et votre capacité à chuter et vous relever. Vous pouvez y penser grâce à tout le vocabulaire qui est développé dans votre entourage judoka sur ce thème. Quand durant des semaines, des mois, des années de pratiques, vous entendez parler de chutes, de se relever, de ne pas se faire mal, les mots entrent petit à petit dans votre tête et sont tout de suite plus disponibles. Ils sont là, prêt à l’emploi, dès que vous en avez besoin. C’est certain que cette utilité est psychologique mais elle n’en est pas moins très bénéfique !

=== Votre esprit apprend de votre corps.

J’ajouterai enfin qu’il y a, à mon avis, un effet imperceptible mais réel, disons « physiologique », en plus du côté symbolique (ou psychologique).

Le corps agit sur le mental : plusieurs études le montrent dans différents domaines et notre propre expérience peut en témoigner. Faites l’essai ! Si vous n’avez pas trop le moral ou un coup de fatigue par exemple, redressez vos épaules, prenez une grande respiration, levez la tête. Changez ainsi votre posture physique et vous sentirez tout de suite votre moral aller mieux pendant quelques secondes au moins. De même, autre exemple, on demande aux enfants d’être bien installés pour bien travailler. Les exemples ne manquent pas : notre condition, notre état physique, joue sur notre esprit.

Le fait que votre corps chute des centaines, des milliers de fois, sans se faire mal et en se relevant à chaque fois, ce sont des choses qu’il enregistre. Il intègre ce mouvement et je suis convaincue, même si pour le coup il n’y a pas eu d’études précises sur ce plan, que ça influe directement sur la façon d’encaisser, « mentalement », les épreuves de la vie.

>>> Chutez, encore et toujours

Concrètement, lors de vos prochains entrainements, doublez votre nombre de chutes ! Si vous les craignez et que vous les évitez, faites-en une par cours ! Si elles ne sont pas agréables, faites-en seul.e. en partant assis.e ou sur les genoux.   !

À chaque chute, ayez conscience de tout ce que vous développer en vous-mêmes.

Sentez-vous fort.e d’être capable de chuter, ce n’est pas courant !

3- Le judo, c’est la voie de la souplesse

Je vais reprendre le même raisonnement que celui des chutes pour découvrir les bienfaits de cette souplesse sous 3 angles : physiquement, symboliquement (ou psychologiquement) et enfin, mentalement (physiologiquement).

De façon concrète :

=== La souplesse peut être comprise dans sa définition physique.

Votre corps, souple, est utile au quotidien !

Si vous savez vous étirer dans tous les sens, c’est bien sûr utile car cela vous rend plus libre dans vos mouvements. Cela vous protège également, car on évite beaucoup de blessure avec un corps souple.

En travaillant votre souplesse au judo, vous pourrez aller faire vos lacets tous les jours sans douleurs ni sans avoir besoin de vous tordre dans tous les sens. Vous pourrez également éviter certaines chutes ou douleurs grâce à cette souplesse. Ce sont des exemples simples. Je vous propose d’observer, dans les prochaines heures, la façon dont vous utilisez (ou pas !) votre souplesse. Vous devriez être surpris !

=== Votre souplesse physique change, symboliquement, votre regard sur la vie !

La souplesse, ou plutôt son symbole et tout le vocabulaire qui lui est associée, ne permet-elle pas d’apprendre à être plus ouvert ? « La souplesse d’esprit », n’est-ce pas être moins rigide ? Savoir étirer son opinion, aller voir loin, élargir son amplitude de compréhension… Personnellement, j’y pense assez souvent. Dès que je ne suis pas d’accord, ou choquée, ou bousculée, j’ai cette vision dans un petit coin de ma tête, de ces exercices de souplesse que je fais sur les tatamis ! Cela me fait sourire, c’est symbolique, mais il n’empêche qu’à chaque fois, cela m’aide à réfléchir !

=== Physiologiquement, les japonais ont bien compris l’utilité d’être souple.

Au Japon, vous ne verrez jamais un échauffement qui ne commence pas par des étirements. Tous commencent par s’allonger dans tous les sens, patiemment… et on a vraiment ce sentiment que c’est associé à une sorte de « méditation », ou concentration. En tous cas, que ces étirements du corps sont intrinsèquement liés à ceux de l’esprit. Je leur poserai la question la prochaine fois ! En attendant, je suis convaincue qu’il y a, là encore, des effets physiologique. Le corps qui travaille à être élancé et non tout rabougri, étriqué, rigide, envoie des signaux à l’esprit.

=== La souplesse, c’est aussi savoir s’adapter !

Agir avec le minimum d’énergie, cela vous dit quelque chose ?

La voie de la souplesse, c’est savoir s’effacer en pivotant lorsque quelqu’un cherche à vous pousser fort, plutôt que de tenter de lui opposer votre propre force. C’est un exemple.

>>> Les bienfaits de la souplesse qui sont des atouts dans votre vie quotidienne.

Le 1er est direct et physique : je crois vraiment que grâce au judo, notre corps acquiert des réflexes extrêmement utile dans le quotidien, que ça soit pour esquiver un danger (aussi simple qu’un objet qui tombe) ou pour réagir à n’importe quelle pression physique subie.

Le 2ème bénéfice est symbolique, il agit sur notre psychologie. Quand on est judoka, on réfléchit pour s’adapter à toutes les situations. Esquivez lorsque c’est le plus efficace, contrez ou attaquez là où il y a un déséquilibre si c’est nécessaire.

Personnellement, j’utilise beaucoup ce principe de souplesse dans mon cadre professionnel. Lorsque je sens un désaccord avec une personne de l’équipe, j’essaye de toujours réfléchir en judoka et ne pas me précipiter sur l’opposition frontale. Je regarde plutôt ce qui sera le plus efficace avec un minimum de mon énergie. J’observe la personne en question pour comprendre son fonctionnement et l’utiliser au mieux.

Il en va de même, encore plus souvent, pour mon propre fonctionnement. Combien de fois ai-je été fâchée ou contrariée d’une décision prise par un responsable ou d’un message envoyé par un collègue qui ne me convenait pas ? À chaque fois, ce que le judo m’apprend, c’est de prendre quelques secondes d’observation et de réfléchir si d’être fâchée, par exemple, est la meilleure utilisation de mon énergie. Rapidement, j’évalue le comportement que je devrais avoir, c’est-à-dire mon ressenti et les actions qui vont en découler, pour économiser au maximum mon énergie tout en atteignant mon but. J’ai ainsi évité un sacré paquets de mails ou de discussions interminables !

Créez vous-mêmes des bénéfices pour votre vie

Vous l’avez compris j’espère, vous pouvez regarder chaque effort fait au judo comme des bénéfices directes dans votre vie sous 3 angles :

>> l’angle direct et physique

Il est utile dans la vie quoiqu’il arrive.

>> L’angle symbolique qui agit sur votre psychologie

C’est une aide au quotidien grâce au vocabulaire, à tous les mots qu’on développe et dont on va pouvoir se servir dans des situations analogues. En tant qu’humains, on est souvent aidés par les symboles, les parallèles, les histoires qui nous font comprendre les choses. N’oubliez donc jamais votre judo comme exemple symbolique qui peut vous soutenir au quotidien.

>> l’angle physiologique, plus subtil… mais plus beau encore !

Si c’est l’effet le moins visible, il est intéressant de l’observer tout de même. Listez vos qualités, les caractéristiques de votre personnalité. Lesquelles font échos au judo à votre avis ? Si vous n’êtes pas convaincus, regardez ceux qu’on appelle « les grands maîtres ». Ils se ressemblent n’est-ce pas ? Nous pourrions facilement les décrire comme calme, serein, perspicace … Ne pensez-vous pas que ce sont les décennies de judo qui ont, au moins en partie, formé leur tempérament ?

Muscles, souplesse, équilibre ou coordination : sur le tapis et dans la vie !

On pourrait s’amuser à regarder de plus près, sous ces 3 angles que je viens de rappeler, ce que le judo nous apporte lorsqu’on doit y travailler les 4 agilités physiques principales. Prenons par exemple l’équilibre ou la coordination de toutes nos parties du corps… Les effets directs physiques sont certainement visibles assez rapidement. D’un point de vue symbolique, l’équilibre que vous développez au judo peut-il vous servir dans votre quotidien, par rapport à votre environnement ou par rapport à vous-mêmes ? Et cette capacité à coordonner des parties très différentes les unes des autres dans un tout cohérent, utile, efficace ? On prend souvent la vie professionnelle comme terrain de jeu d’application, mais pourquoi pas la famille, les amis, les lieux publics…

À vos témoignages ! Partagez votre expérience 🙂

J’ai l’idée, si cela vous intéresse, d’interviewer des judokas qui pourraient raconter des épisodes très concrets de leur vie où le judo leur a été utile ! Que ce soit physiquement, psychologiquement ou même physiologiquement, je suis sûre que nous aurions une grande variété d’histoires passionnantes. D’ailleurs, on peut commencer dès aujourd’hui : envoyez-moi votre histoire ou vos exemples par mail sur et dès réception de 3 ou 4 d’entre vous, je fais un numéro spécial !

Les mots de Jigoro Kano pour conclure

Pour nous quitter, je vous propose une extrait de la conférence de Jigoro Kano.

En outre, dans le Randori, chaque partenaire ne peut pas dire ce que son adversaire va faire, de sorte que chacun doit toujours être prêt à parer n’importe quelle attaque brusque tentée par l’autre. Habitué à cette attitude mentale, l’homme acquiert un haut degré de maîtrise de soi. L’exercice du pouvoir d’attention et d’observation dans la salle d’entraînement développe naturellement ce pouvoir qui est si utile dans la vie quotidienne. 

(…)

Nous apprenons à notre disciple, quand il a recours à un procédé pour venir à bout de son adversaire, à n’employer juste que la quantité de sa force qui est absolument nécessaire pour l’objet en question et nous le mettons en garde contre l’emploi de trop ou de trop peu de force. Il y a un grand nombre de cas dans lequel les gens échouent dans leur entreprise, simplement parce qu’ils vont trop loin, ne sachant où s’arrêter, et vice-versa.

Pour prendre encore un autre exemple, dans le Randori, nous enseignons à notre disciple, quand il se trouve en face d’un adversaire qui est follement excité, à gagner la victoire non pas en résistant directement à l’adversaire par la force et par la violence, mais en l’amusant jusqu’à ce que sa valeur même se soit dépensée. 

Il poursuit :

L’utilité de cette attitude dans les transactions quotidiennes est évidente. Comme on le sait, il n’y a pas de raisonnement qui puisse nous être utile quand nous sommes en face d’une personne tellement agitée qu’elle a perdu le contrôle d’elle-même. Tout ce que nous avons à faire en pareil cas, est d’attendre jusqu’à ce que sa passion se soit épuisée d’elle-même. Tout cela nous l’apprenons dans la pratique du Randori. L’application de ses régies à la conduite des affaires quotidiennes est un sujet d’études très intéressant et a du prix comme entraînement intellectuel pour de jeunes esprits.

Jigoro Kano

Fondateur du Judo

À vous de jouer.

J’espère que cet épisode/article vous a plu et qu’il suscitera votre réflexion, qu’il changera aussi peut être votre regard sur vos entrainements de judo… et qu’il contribuera à… vous rendre plus heureux !

Comme je le dis souvent, n’hésitez pas à m’écrire pour me donner votre avis, faire des retours et dans ce cas précis, pour me raconter des exemples concrets d’utilisation du judo dans votre vie quotidienne ! Je suis sûre que vous avez différents exemples qui pourraient être très utile de partager aux autres judokas.

Et si vous voulez me soutenir moralement et m’encourager, parlez de ce blog ou du podcast à vos amis judokas (ou non !) pour qu’un plus grand nombre le découvre. C’est toujours plus motivant d’écrire pour 100 personnes que pour 10 🙂

Chers judokas, à très vite pour le prochain épisode qui sera une interview !

Abonnez-vous juste là pour recevoir un petit mail lorsqu’il sortira.

(1) : on utilise souvent le titre « Shihan » pour Jigoro Kano. Ce mot japonais veut dire « modèle » ou « maître ». Quelques explications sur wikipédia en cliquant ici !

10 conseils pour faire du judo à Tokyo

10 conseils pour faire du judo à Tokyo

 

Vous partez d’ici peu ?

Ça vous trotte dans la tête depuis un moment ?

C’est une vague idée pour un jour lointain ?

Voilà les 10 conseils que j’ai tirés de mon dernier séjour à Tokyo et que je suis très heureuse de partager ici ! N’hésitez pas à partager vous-mêmes vos conseils ou poser des questions en commentaire de cet article, j’adore échanger sur le Japon.

1- Comme au judo, posez les bases !

C’est ce que je vais faire tout de suite avec vous pour cet article afin que vous sachiez à quoi vous attendre. Mes 10 conseils se basent uniquement sur mon expérience personnelle et vécue, moi qui suis allée à Tokyo pour faire du judo. Vous n’y trouverez donc pas les meilleurs plans de restau ni les itinéraires touristiques les plus recommandés. Je partage en revanche avec vous tout ce qui m’a enrichie, en tant que judoka. Vous verrez que ça va des astuces pratiques pour fouler les tatamis aux découvertes culturelles pour s’ouvrir l’esprit.

Faites comme moi : posez clairement les bases de votre voyage pour le réussir.

Quelles sont vos attentes, vos priorités, vos motivations ? Qu’est-ce qui fera que ça sera un voyage réussi ? Le Japon est un pays tellement lointain et différent qu’on peut être entrainé sur mille chemins différents. S’il est important de rester ouvert aux imprévus, il serait dommage de vous éparpiller et de revenir avec des regrets parce que vous avez manqué ce que vous vouliez. Sans compter que l’intensité de ce genre de séjour peut aussi vraiment fatiguer : qu’allez-vous supprimer de votre journée si vous avez besoin de ralentir le rythme ?

Sur mes 3 séjours au Japon, il ne m’a pas été toujours facile de faire des choix sur certains jours.

Aller aux randoris du Kodokan,

être invitée par des Japonais à un diner ou une soirée,

se laisser entrainer de jardins en quartiers pour découvrir cet autre monde,

accepter la proposition d’aller dans un dojo en dehors de Tokyo…

Quand tout se télescope dans le programme, on risque d’avoir une sensation constante de frustration de ne pas pouvoir tout faire. Avoir posé les bases de son voyage en amont permet de vivre sereinement ses journées et d’en profiter beaucoup plus.

 

 

Concrètement, listez les réponses à ces deux questions :

Pourquoi j’ai envie d’aller au Japon ?

Qu’est-ce qui me ferait dire, au retour, que j’ai réussi mon voyage ?

Écrivez vraiment tout ce qui vous passe par la tête, demandez même à votre entourage leurs idées. Puis, choisissez les 5 réponses les plus importantes pour les isoler dans un cadre en particulier. Toutes les autres n’ont pas à être rayées, loin de là. Mettez-les simplement dans un cadre annexe, secondaire. Enfin, classez vos 5 réponses principales par ordre d’importance. Voilà votre guide, ce qui vous donnera la direction générale sans vous empêcher pour autant de faire quelques petits détours si la route en vaut la peine ! 

2- Préparer son départ.

Vous êtes en train de lire cet article, c’est la preuve que vous vous préparez un minimum, tant mieux. Vous utilisez internet, à raison, et sur ce point, vous connaissez peut-être déjà le site Kanpai. J’ai souvent trouvé les réponses à mes questions sur ce blog très bien fait. Cependant, rien ne remplace, à mon avis, les conseils des personnes que vous pouvez rencontrer. L’astuce la plus simple et efficace est de vous efforcer de parler de votre projet de départ partout autour de vous. Vous serez sûrement surpris du nombre de personnes qui auront des conseils, des contacts, des recommandations à vous transmettre.

Côté valise, je n’ai que 2 recommandations :

  • pensez à l’adaptateur de prises de chargeur
  • glissez de nombreux petits souvenirs que vous pourrez distribuer au fil de vos rencontres, vous ne le regretterez pas ! 

3- Se lancer en solo

Beaucoup de personnes sont surprises quand je leur dis que je suis partie seule au Japon. J’ai l’impression (fausse ?) que nous avons, parmi les judokas, l’idée reçue qu’il faudrait partir avec son club ou en stage organisé… Bien sûr, c’est une immense chance de pouvoir partir dans ces conditions. J’ai pu moi-même en profiter à 2 reprises et je ne remercierai jamais assez les personnes qui m’ont initiée à ce pays. Cela dit, il serait dommage de se priver de cette belle aventure du fait que vous n’avez pas d’occasions avec votre club.

Les opportunités se créent : lancez-vous !

J’espère que cet article vous prouvera que ce n’est pas si compliqué et que même financièrement, c’est possible dès lors que l’on s’y prend à l’avance. Voyager seul.e, c’est aussi s’ouvrir aux rencontres et aux plus belles opportunités. Les Japonais viendront d’autant plus vers vous et votre programme sera au maximum de sa flexibilité car vous en serez le seul maître. Lors de mon 1er séjour, je suis restée seule à Tokyo lorsque tout mon club est parti visiter Kyoto durant le week-end. À peine quelques heures après leur départ, j’ai rencontré un judoka avec qui j’ai commencé à échanger et qui m’a proposé de le rejoindre à un entrainement qu’il avait le lendemain avec un grand maitre du judo, moine bouddhiste.

C’est une rencontre qui a profondément changé ma vie et bien sûr mon judo.

Ce judoka, c’était Vincent Thébault, et 5 ans plus tard, je l’interviewe ici, dans cet épisode, où je lui rappelle ce fameux week-end !

Faire du judo au Kodokan, Tokyo, Japon Shochu Geiko et Kan Geiko les stages d’été et d’hiver

 

4- Pratiquer au Kodokan, à Tokyo

Vous avez certainement entendu parler du Kodokan, ce « temple du judo » qui fait rêver tant d’entre nous. C’est effectivement le centre vers lequel nous nous dirigeons tous (ou presque !) lors de notre arrivée au Japon et à juste titre puisque c’est l’école créée par Jigoro Kano lui-même. Dans le livre JIGORO KANO Père du Judo (M. Mazac), la création et le développement du Kodokan dans le contexte de l’époque sont vraiment très bien décrits. Si vous en avez le temps, je vous conseille de lire ce livre !

Le Kodokan est aussi un dojo dont l’une des missions fondatrices est d’accueillir les étrangers. C’est à noter car ce n’est pas le cas de la majorité des dojos au Japon pour lesquels il faut connaître un japonais avant de pouvoir y entrer (j’en reparle plus bas !).

Enfin, la pratique au Kodokan est facilitée par les créneaux quotidiens et un prix tout à fait accessible.

Pour pratiquer au Kodokan, rien de plus simple !

Tout d’abord, allez sur leur site version anglaise et repérez ce qui peut vous être proposé. Vous verrez qu’il y a 3 grandes catégories de propositions.

1- Les randoris du soir : la possibilité la plus simple et peut-être la plus connue.

Du lundi au samedi, de 18h à 20h, vous pouvez venir faire des randoris librement. Chacun arrive à l’heure qu’il souhaite, s’échauffe seul (en général, des assouplissements suivis d’uchikomis avec un partenaire trouvé à ce moment-là) puis invite pour faire randori, au sol ou debout. Il n’y a pas de durée en particulier : le randori dure jusqu’à ce que l’un des partenaires souhaite arrêter. C’est comme ça que lorsqu’on trouve un super partenaire, on peut rester très très longtemps sur le tapis ! Cet accès est de loin le plus ouvert et le plus souple, vous pouvez vous présenter tous les jours ou juste de temps à autre.

 

2- les stages : cours et pratiques diverses, sur des dates fixes.

Stages katas, « cours de femmes » (je recommande !), shoshu-geiko pour l’été et Kan-geiko pour l’hiver, etc. Ces temps définis apportent le plus souvent un encadrement voire un enseignement, avec un tarif spécifique pour chacun indiqué sur le site du Kodokan. Ils durent 1 à 2 semaines généralement et vous donnent également l’accès aux randoris du soir.

 

3- les cours annuels ou sur demande

C’est la catégorie qui n’est pas accessible lorsqu’on voyage seul.e puisque comme leurs noms l’indiquent, il s’agit de cours qu’il faut suivre sur toute l’année ou bien de cours qui sont créés spécifiquement à la demande d’un club (ou groupe) qui va payer pour le créneau en question.

Lorsque vous avez choisi ce à quoi vous voulez vous inscrire,

vous pouvez téléphoner au kodokan mais je vous conseille de passer par le mail car la différence d’accent en anglais complexifie un peu la communication. Un français et un Japonais qui parlent anglais ensemble, c’est parfois drôle !

Le Kodokan validera votre inscription par mail : vous aurez à payer seulement lorsque vous arriverez. La condition obligatoire est d’avoir la carte de membre du Kodokan, valable à vie, et qui coûte environ 80 euros (vous l’achetez le premier jour, sur place également).

 

5- Adoptez la zen attitude !

 

Conseil à prendre au pied de la lettre… quand on connait la signification du « zen » ! Si vous voulez vraiment profiter pleinement de votre séjour, adoptez les moeurs locales, c’est sans doute le conseil le plus important que je souhaite partager !

Au dojo, soyez très attentif et observateur,

beaucoup de pratiques sont différentes des nôtres. Par exemple, vous invitez votre partenaire sur le bord du tapis et saluez au sol (même pour les randoris debout) avec le plus gradé à droite (ou du côté de Jigoro Kano). Votre judogi doit toujours être correct avec plusieurs astuces : la ceinture qui ne croise pas derrière le dos, la boucle du pantalon rentrée à l’intérieur.

L’attitude est vraiment très importante.

Vous ne mettrez pas longtemps à remarquer que les Japonais sont discrets et extrêmement respectueux. Il est sans aucun doute de bon goût de les imiter et de savoir rester « à sa place », en toute humilité. C’est paradoxalement la meilleure façon de se faire remarquer… et de s’intégrer !

J’ai souvent rencontré des étrangers qui se plaignaient que les Japonais n’étaient pas très ouverts notamment parce qu’ils n’invitaient pas facilement en randoris, nous autres les étrangers. J’opte toujours pour la réponse en miroir : imaginez que votre club accueille à chaque cours, de façon systématique, de nombreux extérieurs que vous ne connaissez pas du tout. Quelle sera votre attitude ? Il y a fort à parier que vous pratiquerez avec vos collègues qui font partie de votre club et que vous connaissez bien… Probablement que vous inviterez également l’inconnu que vous revoyez déjà pour la 3ème ou 4ème fois parce que vous vous serez « habitué.e » à sa présence. Quant à celui qui est là pour la toute première fois, il y a peu de chance qu’il soit dans vos priorités, tout simplement parce qu’il fait partie de dizaine d’inconnus qui ne viennent qu’une fois !

Au Kodokan, c’est à peu près la même logique. Le 1er jour ne sera pas forcément facile mais soyez patient et discret, c’est avec le temps que vous serez de plus en plus à l’aise, avec des partenaires japonais ou étrangers que vous aurez plaisir à retrouver !

Les Japonais pratiquent le randori de façon dynamique et technique.

Choisissez le judo que vous voulez exprimer car c’est loin d’être anodin. Encore une fois, observez. Vous verrez que les japonais ont cet art de savoir être rapide, agressif et efficace, avec une force physique au service de leur technique… jamais utilisée seule ! Les batailles de kumikata, les contres, les attaques les plus redoutables sont au coeur de leur pratique du randori, mais du fait qu’ils n’ont jamais d’opposition purement physique, cela permet de chuter à chaque technique placée dans le temps et avec une belle exécution, précise et rapide. Oubliez les randoris qui ressemblent aux compétitions, oubliez vos muscles et acceptez la chute : non seulement vous serez apprécié.e mais en plus, vous apprendrez beaucoup plus !

Ma stratégie, au Japon, est très simple :

je ne mets aucun bras ni même de kumikata les premiers jours. Je vise uniquement la souplesse, la technique et la vitesse… ça se traduit par beaucoup de chutes mais c’est tant mieux ! Au fil des jours, je connais mes partenaires et petit à petit, je vois mes progrès en technique ou en vitesse. Je sais qu’il ne sera jamais difficile de rajouter de la force ! Je sais aussi que je serai une bonne judokate le jour où je n’aurai pas besoin de cette force… J’ai donc plaisir à être au pied de la montagne pour l’instant, l’ascension s’annonce longue mais belle 🙂

Celui qui utiliserait la force dès le premier jour serait celui qui ne voit pas la beauté de la montagne et qui lui tourne donc le dos, sans même tenter de la gravir !

Pratiquer le judo au Japon

 

6- Pratiquer dans les différents dojo de Tokyo

Les tatamis sont souvent des lieux où les amitiés se créent.

Notre époque n’a jamais été aussi propice à la création de liens grâce aux réseaux sociaux entre autre : il suffit d’un clic pour rester en contact, traduire ce que chacun dit, se retrouver facilement. Il y a donc des chances pour qu’au fil de vos entrainements au Kodokan, vous puissiez créer des liens. La grande majorité des japonais qui viennent au Kodokan pratiquent dans un autre club. S’ils ont remarqué que vous êtes dans le style japonais et qu’ils peuvent donc vous inviter sans craindre de dérangement ou de gêne, vous aurez le plaisir de pouvoir les accompagner. C’est une superbe expérience que de pouvoir vivre des entrainements dans différents dojos, en dehors du Kodokan, tant l’ambiance peut être différente ! Depuis l’échauffement qui peut se faire uniquement à coups de « bip » programmés sur un réveil géant jusqu’aux randoris qui se font parfois uniquement en taté car le dojo est trop petit, vous verrez toutes sortes de pratiques. Il n’y a qu’une chose que vous retrouverez toujours, partout, c’est ce profond respect accompagné de discrétion et d’humilité dans les randoris comme dans l’attitude générale !

7- Bien organiser ses journées

Quelques partages très concrets sur l’organisation du séjour !

Pour le logement,

le moins cher et le plus pratique quand on part pour un séjour judo, c’est de loger au Kodokan ! Il y a plusieurs options (du dortoir jusqu’à la chambre confort) mais toutes sont moins chères que les hôtels classiques. L’avantage non négligeable est aussi que vous aurez accès à des machines à laver (il faut avoir sa propre lessive et ça coûte l’équivalent de quelques euros). Loger au Kodokan ou dans un hôtel tout proche, c’est idéal car cela permet de vadrouiller dans Tokyo le sac léger et de revenir juste pour l’heure du judo, le temps de se changer.

Pour l’alimentation,

sachez qu’il est possible de manger pour 5 ou 6 euros seulement. Certes, ce n’est pas de la grande gastronomie japonaise (laquelle est à un prix beaucoup plus accessible qu’en France cela dit) mais c’est tout de même très bon. Vous trouverez aussi plusieurs pâtisseries boulangeries « à la française »… En revanche, préparez-vous à vous restreindre en fruits car ils sont si chers que j’en ai fait une attraction touristique !

Les transports,

Ils sont assez chers. Il peut être intéressant de louer un vélo, ce qui est possible tout près du Kodokan. Cela permet de se promener de quartier en quartier dans Tokyo, et d’éviter le métro même s’il est super propre, silencieux, agréable et bien organisé ! Vous trouverez sur différents sites toutes les informations concernant les cartes de transport.

8- Se cultiver !

Il faudrait rester des semaines et des semaines pour tout voir à Tokyo ! Je partage ici ce qui m’a le plus touchée et surtout ce qui a enrichi mon approche du judo.

Le musée d’Edo :

J’y ai passé une journée entière et j’ai compris (entre autres !) l’importance des samouraïs dans la société japonaise, les fortes traditions qui perdurent encore aujourd’hui… Vraiment passionnant ! Des visites guidées à partir de 10h sont possibles, gratuitement, en français. Il faut simplement prendre son temps, quitte à faire une pause-déjeuner au dernier étage, c’est bon et il y a une belle vue.

Le musée du Sumo :

juste à côté du musée d’Edo, il a renforcé encore le mythe, le mystère, mon admiration… Je recommande d’aller, le matin même vers 7h, observer les sumos durant leur entrainement quotidien. Vous trouverez sur ce site toutes les informations de l’écurie que je connais et qui est super !

Le musée du Samouraï :

plutôt rigolo et anecdotique, il venait parfaitement compléter le musée d’Edo et j’ai pu poser toutes mes questions lors de la visite guidée très bien faite. On comprend aussi petit à petit la pratique des arts martiaux dans le Japon d’avant Jigoro Kano et cela éclaire beaucoup sur « l’esprit » général.

L’incroyable musée du sabre, une beauté époustouflante

Le musée du sabre :

totalement incroyable, j’ai été profondément touchée et marquée artistiquement ! Le travail pour faire un sabre est juste extrêmement impressionnant et je trouve que ça vaut la peine de regarder ce reportage en amont ici :   cela nous fait comprendre aussi cette dimension de la culture japonaise qui vise toujours l’excellence, l’expertise. Vincent en parle durant son entretien, écoutez-le !

Les temples et sanctuaires :

qui sont bien sûr incontournables au Japon. J’ai beaucoup apprécié de découvrir les bases : la différence entre le bouddhisme et le shintoisme, la façon dont ces 2 religions peuvent être vécues ensemble… Lisez un minimum pour comprendre ce que vous voyez. Petit clin d’oeil pour le sanctuaire qui porte chance aux compétitions !

Enfin, les jardins

sont également des incontournables du Japon et si je pouvais vivre dans l’un d’eux, je serais bien heureuse ! Ils sont vraiment tous beaux, apaisants, inspirants et je ne saurais en conseiller en particulier. Il faut tout de même savoir qu’il y en a un très beau juste derrière le Kodokan, un autre magnifique, assez petit et gratuit, à côté du musée d’Edo et des sumos… et enfin, que la visite du temple impérial et son jardin, vaut largement le déplacement tant c’est impressionnant !

Les jardins japonais, à Tokyo, paisibles… Un judoka se ressource

 

9- Tenir son journal

Que ce soit sur carnet papier, facebook, mails ou tout autre support, je vous conseille de laisser quelques traces de tout ce que vous découvrez, dans Tokyo et sur les tatamis. Ce sera précieux quand quelques semaines ou mois plus tard, vous n’arriverez plus à retrouver tel nom ou tel renversement au sol ! Et si vous pensez ne pas en avoir besoin, que ce n’est pas votre genre, alors faites-le au moins pour pouvoir suivre mon 10ème conseil !

10- Partagez 🙂

À votre tour, dès votre retour, de partager avec tous ceux qui rêvent de partir ! Donnez-leur envie, échangez vos astuces, aidez-les à réaliser leurs rêves. C’est la multitude des partages qui fait l’entraide et la prospérité mutuelle !

 

Laissez vos propres conseils ou posez vos questions en commentaires, ce sera un plaisir d’échanger !

 

 

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