Vous partez d’ici peu ?

Ça vous trotte dans la tête depuis un moment ?

C’est une vague idée pour un jour lointain ?

Voilà les 10 conseils que j’ai tirés de mon dernier séjour à Tokyo et que je suis très heureuse de partager ici ! N’hésitez pas à partager vous-mêmes vos conseils ou poser des questions en commentaire de cet article, j’adore échanger sur le Japon.

1- Comme au judo, posez les bases !

C’est ce que je vais faire tout de suite avec vous pour cet article afin que vous sachiez à quoi vous attendre. Mes 10 conseils se basent uniquement sur mon expérience personnelle et vécue, moi qui suis allée à Tokyo pour faire du judo. Vous n’y trouverez donc pas les meilleurs plans de restau ni les itinéraires touristiques les plus recommandés. Je partage en revanche avec vous tout ce qui m’a enrichie, en tant que judoka. Vous verrez que ça va des astuces pratiques pour fouler les tatamis aux découvertes culturelles pour s’ouvrir l’esprit.

Faites comme moi : posez clairement les bases de votre voyage pour le réussir.

Quelles sont vos attentes, vos priorités, vos motivations ? Qu’est-ce qui fera que ça sera un voyage réussi ? Le Japon est un pays tellement lointain et différent qu’on peut être entrainé sur mille chemins différents. S’il est important de rester ouvert aux imprévus, il serait dommage de vous éparpiller et de revenir avec des regrets parce que vous avez manqué ce que vous vouliez. Sans compter que l’intensité de ce genre de séjour peut aussi vraiment fatiguer : qu’allez-vous supprimer de votre journée si vous avez besoin de ralentir le rythme ?

Sur mes 3 séjours au Japon, il ne m’a pas été toujours facile de faire des choix sur certains jours.

Aller aux randoris du Kodokan,

être invitée par des Japonais à un diner ou une soirée,

se laisser entrainer de jardins en quartiers pour découvrir cet autre monde,

accepter la proposition d’aller dans un dojo en dehors de Tokyo…

Quand tout se télescope dans le programme, on risque d’avoir une sensation constante de frustration de ne pas pouvoir tout faire. Avoir posé les bases de son voyage en amont permet de vivre sereinement ses journées et d’en profiter beaucoup plus.

 

 

Concrètement, listez les réponses à ces deux questions :

Pourquoi j’ai envie d’aller au Japon ?

Qu’est-ce qui me ferait dire, au retour, que j’ai réussi mon voyage ?

Écrivez vraiment tout ce qui vous passe par la tête, demandez même à votre entourage leurs idées. Puis, choisissez les 5 réponses les plus importantes pour les isoler dans un cadre en particulier. Toutes les autres n’ont pas à être rayées, loin de là. Mettez-les simplement dans un cadre annexe, secondaire. Enfin, classez vos 5 réponses principales par ordre d’importance. Voilà votre guide, ce qui vous donnera la direction générale sans vous empêcher pour autant de faire quelques petits détours si la route en vaut la peine ! 

2- Préparer son départ.

Vous êtes en train de lire cet article, c’est la preuve que vous vous préparez un minimum, tant mieux. Vous utilisez internet, à raison, et sur ce point, vous connaissez peut-être déjà le site Kanpai. J’ai souvent trouvé les réponses à mes questions sur ce blog très bien fait. Cependant, rien ne remplace, à mon avis, les conseils des personnes que vous pouvez rencontrer. L’astuce la plus simple et efficace est de vous efforcer de parler de votre projet de départ partout autour de vous. Vous serez sûrement surpris du nombre de personnes qui auront des conseils, des contacts, des recommandations à vous transmettre.

Côté valise, je n’ai que 2 recommandations :

  • pensez à l’adaptateur de prises de chargeur
  • glissez de nombreux petits souvenirs que vous pourrez distribuer au fil de vos rencontres, vous ne le regretterez pas ! 

3- Se lancer en solo

Beaucoup de personnes sont surprises quand je leur dis que je suis partie seule au Japon. J’ai l’impression (fausse ?) que nous avons, parmi les judokas, l’idée reçue qu’il faudrait partir avec son club ou en stage organisé… Bien sûr, c’est une immense chance de pouvoir partir dans ces conditions. J’ai pu moi-même en profiter à 2 reprises et je ne remercierai jamais assez les personnes qui m’ont initiée à ce pays. Cela dit, il serait dommage de se priver de cette belle aventure du fait que vous n’avez pas d’occasions avec votre club.

Les opportunités se créent : lancez-vous !

J’espère que cet article vous prouvera que ce n’est pas si compliqué et que même financièrement, c’est possible dès lors que l’on s’y prend à l’avance. Voyager seul.e, c’est aussi s’ouvrir aux rencontres et aux plus belles opportunités. Les Japonais viendront d’autant plus vers vous et votre programme sera au maximum de sa flexibilité car vous en serez le seul maître. Lors de mon 1er séjour, je suis restée seule à Tokyo lorsque tout mon club est parti visiter Kyoto durant le week-end. À peine quelques heures après leur départ, j’ai rencontré un judoka avec qui j’ai commencé à échanger et qui m’a proposé de le rejoindre à un entrainement qu’il avait le lendemain avec un grand maitre du judo, moine bouddhiste.

C’est une rencontre qui a profondément changé ma vie et bien sûr mon judo.

Ce judoka, c’était Vincent Thébault, et 5 ans plus tard, je l’interviewe ici, dans cet épisode, où je lui rappelle ce fameux week-end !

Faire du judo au Kodokan, Tokyo, Japon Shochu Geiko et Kan Geiko les stages d’été et d’hiver

 

4- Pratiquer au Kodokan, à Tokyo

Vous avez certainement entendu parler du Kodokan, ce « temple du judo » qui fait rêver tant d’entre nous. C’est effectivement le centre vers lequel nous nous dirigeons tous (ou presque !) lors de notre arrivée au Japon et à juste titre puisque c’est l’école créée par Jigoro Kano lui-même. Dans le livre JIGORO KANO Père du Judo (M. Mazac), la création et le développement du Kodokan dans le contexte de l’époque sont vraiment très bien décrits. Si vous en avez le temps, je vous conseille de lire ce livre !

Le Kodokan est aussi un dojo dont l’une des missions fondatrices est d’accueillir les étrangers. C’est à noter car ce n’est pas le cas de la majorité des dojos au Japon pour lesquels il faut connaître un japonais avant de pouvoir y entrer (j’en reparle plus bas !).

Enfin, la pratique au Kodokan est facilitée par les créneaux quotidiens et un prix tout à fait accessible.

Pour pratiquer au Kodokan, rien de plus simple !

Tout d’abord, allez sur leur site version anglaise et repérez ce qui peut vous être proposé. Vous verrez qu’il y a 3 grandes catégories de propositions.

1- Les randoris du soir : la possibilité la plus simple et peut-être la plus connue.

Du lundi au samedi, de 18h à 20h, vous pouvez venir faire des randoris librement. Chacun arrive à l’heure qu’il souhaite, s’échauffe seul (en général, des assouplissements suivis d’uchikomis avec un partenaire trouvé à ce moment-là) puis invite pour faire randori, au sol ou debout. Il n’y a pas de durée en particulier : le randori dure jusqu’à ce que l’un des partenaires souhaite arrêter. C’est comme ça que lorsqu’on trouve un super partenaire, on peut rester très très longtemps sur le tapis ! Cet accès est de loin le plus ouvert et le plus souple, vous pouvez vous présenter tous les jours ou juste de temps à autre.

 

2- les stages : cours et pratiques diverses, sur des dates fixes.

Stages katas, « cours de femmes » (je recommande !), shoshu-geiko pour l’été et Kan-geiko pour l’hiver, etc. Ces temps définis apportent le plus souvent un encadrement voire un enseignement, avec un tarif spécifique pour chacun indiqué sur le site du Kodokan. Ils durent 1 à 2 semaines généralement et vous donnent également l’accès aux randoris du soir.

 

3- les cours annuels ou sur demande

C’est la catégorie qui n’est pas accessible lorsqu’on voyage seul.e puisque comme leurs noms l’indiquent, il s’agit de cours qu’il faut suivre sur toute l’année ou bien de cours qui sont créés spécifiquement à la demande d’un club (ou groupe) qui va payer pour le créneau en question.

Lorsque vous avez choisi ce à quoi vous voulez vous inscrire,

vous pouvez téléphoner au kodokan mais je vous conseille de passer par le mail car la différence d’accent en anglais complexifie un peu la communication. Un français et un Japonais qui parlent anglais ensemble, c’est parfois drôle !

Le Kodokan validera votre inscription par mail : vous aurez à payer seulement lorsque vous arriverez. La condition obligatoire est d’avoir la carte de membre du Kodokan, valable à vie, et qui coûte environ 80 euros (vous l’achetez le premier jour, sur place également).

 

5- Adoptez la zen attitude !

 

Conseil à prendre au pied de la lettre… quand on connait la signification du « zen » ! Si vous voulez vraiment profiter pleinement de votre séjour, adoptez les moeurs locales, c’est sans doute le conseil le plus important que je souhaite partager !

Au dojo, soyez très attentif et observateur,

beaucoup de pratiques sont différentes des nôtres. Par exemple, vous invitez votre partenaire sur le bord du tapis et saluez au sol (même pour les randoris debout) avec le plus gradé à droite (ou du côté de Jigoro Kano). Votre judogi doit toujours être correct avec plusieurs astuces : la ceinture qui ne croise pas derrière le dos, la boucle du pantalon rentrée à l’intérieur.

L’attitude est vraiment très importante.

Vous ne mettrez pas longtemps à remarquer que les Japonais sont discrets et extrêmement respectueux. Il est sans aucun doute de bon goût de les imiter et de savoir rester « à sa place », en toute humilité. C’est paradoxalement la meilleure façon de se faire remarquer… et de s’intégrer !

J’ai souvent rencontré des étrangers qui se plaignaient que les Japonais n’étaient pas très ouverts notamment parce qu’ils n’invitaient pas facilement en randoris, nous autres les étrangers. J’opte toujours pour la réponse en miroir : imaginez que votre club accueille à chaque cours, de façon systématique, de nombreux extérieurs que vous ne connaissez pas du tout. Quelle sera votre attitude ? Il y a fort à parier que vous pratiquerez avec vos collègues qui font partie de votre club et que vous connaissez bien… Probablement que vous inviterez également l’inconnu que vous revoyez déjà pour la 3ème ou 4ème fois parce que vous vous serez « habitué.e » à sa présence. Quant à celui qui est là pour la toute première fois, il y a peu de chance qu’il soit dans vos priorités, tout simplement parce qu’il fait partie de dizaine d’inconnus qui ne viennent qu’une fois !

Au Kodokan, c’est à peu près la même logique. Le 1er jour ne sera pas forcément facile mais soyez patient et discret, c’est avec le temps que vous serez de plus en plus à l’aise, avec des partenaires japonais ou étrangers que vous aurez plaisir à retrouver !

Les Japonais pratiquent le randori de façon dynamique et technique.

Choisissez le judo que vous voulez exprimer car c’est loin d’être anodin. Encore une fois, observez. Vous verrez que les japonais ont cet art de savoir être rapide, agressif et efficace, avec une force physique au service de leur technique… jamais utilisée seule ! Les batailles de kumikata, les contres, les attaques les plus redoutables sont au coeur de leur pratique du randori, mais du fait qu’ils n’ont jamais d’opposition purement physique, cela permet de chuter à chaque technique placée dans le temps et avec une belle exécution, précise et rapide. Oubliez les randoris qui ressemblent aux compétitions, oubliez vos muscles et acceptez la chute : non seulement vous serez apprécié.e mais en plus, vous apprendrez beaucoup plus !

Ma stratégie, au Japon, est très simple :

je ne mets aucun bras ni même de kumikata les premiers jours. Je vise uniquement la souplesse, la technique et la vitesse… ça se traduit par beaucoup de chutes mais c’est tant mieux ! Au fil des jours, je connais mes partenaires et petit à petit, je vois mes progrès en technique ou en vitesse. Je sais qu’il ne sera jamais difficile de rajouter de la force ! Je sais aussi que je serai une bonne judokate le jour où je n’aurai pas besoin de cette force… J’ai donc plaisir à être au pied de la montagne pour l’instant, l’ascension s’annonce longue mais belle 🙂

Celui qui utiliserait la force dès le premier jour serait celui qui ne voit pas la beauté de la montagne et qui lui tourne donc le dos, sans même tenter de la gravir !

Pratiquer le judo au Japon

 

6- Pratiquer dans les différents dojo de Tokyo

Les tatamis sont souvent des lieux où les amitiés se créent.

Notre époque n’a jamais été aussi propice à la création de liens grâce aux réseaux sociaux entre autre : il suffit d’un clic pour rester en contact, traduire ce que chacun dit, se retrouver facilement. Il y a donc des chances pour qu’au fil de vos entrainements au Kodokan, vous puissiez créer des liens. La grande majorité des japonais qui viennent au Kodokan pratiquent dans un autre club. S’ils ont remarqué que vous êtes dans le style japonais et qu’ils peuvent donc vous inviter sans craindre de dérangement ou de gêne, vous aurez le plaisir de pouvoir les accompagner. C’est une superbe expérience que de pouvoir vivre des entrainements dans différents dojos, en dehors du Kodokan, tant l’ambiance peut être différente ! Depuis l’échauffement qui peut se faire uniquement à coups de « bip » programmés sur un réveil géant jusqu’aux randoris qui se font parfois uniquement en taté car le dojo est trop petit, vous verrez toutes sortes de pratiques. Il n’y a qu’une chose que vous retrouverez toujours, partout, c’est ce profond respect accompagné de discrétion et d’humilité dans les randoris comme dans l’attitude générale !

7- Bien organiser ses journées

Quelques partages très concrets sur l’organisation du séjour !

Pour le logement,

le moins cher et le plus pratique quand on part pour un séjour judo, c’est de loger au Kodokan ! Il y a plusieurs options (du dortoir jusqu’à la chambre confort) mais toutes sont moins chères que les hôtels classiques. L’avantage non négligeable est aussi que vous aurez accès à des machines à laver (il faut avoir sa propre lessive et ça coûte l’équivalent de quelques euros). Loger au Kodokan ou dans un hôtel tout proche, c’est idéal car cela permet de vadrouiller dans Tokyo le sac léger et de revenir juste pour l’heure du judo, le temps de se changer.

Pour l’alimentation,

sachez qu’il est possible de manger pour 5 ou 6 euros seulement. Certes, ce n’est pas de la grande gastronomie japonaise (laquelle est à un prix beaucoup plus accessible qu’en France cela dit) mais c’est tout de même très bon. Vous trouverez aussi plusieurs pâtisseries boulangeries « à la française »… En revanche, préparez-vous à vous restreindre en fruits car ils sont si chers que j’en ai fait une attraction touristique !

Les transports,

Ils sont assez chers. Il peut être intéressant de louer un vélo, ce qui est possible tout près du Kodokan. Cela permet de se promener de quartier en quartier dans Tokyo, et d’éviter le métro même s’il est super propre, silencieux, agréable et bien organisé ! Vous trouverez sur différents sites toutes les informations concernant les cartes de transport.

8- Se cultiver !

Il faudrait rester des semaines et des semaines pour tout voir à Tokyo ! Je partage ici ce qui m’a le plus touchée et surtout ce qui a enrichi mon approche du judo.

Le musée d’Edo :

J’y ai passé une journée entière et j’ai compris (entre autres !) l’importance des samouraïs dans la société japonaise, les fortes traditions qui perdurent encore aujourd’hui… Vraiment passionnant ! Des visites guidées à partir de 10h sont possibles, gratuitement, en français. Il faut simplement prendre son temps, quitte à faire une pause-déjeuner au dernier étage, c’est bon et il y a une belle vue.

Le musée du Sumo :

juste à côté du musée d’Edo, il a renforcé encore le mythe, le mystère, mon admiration… Je recommande d’aller, le matin même vers 7h, observer les sumos durant leur entrainement quotidien. Vous trouverez sur ce site toutes les informations de l’écurie que je connais et qui est super !

Le musée du Samouraï :

plutôt rigolo et anecdotique, il venait parfaitement compléter le musée d’Edo et j’ai pu poser toutes mes questions lors de la visite guidée très bien faite. On comprend aussi petit à petit la pratique des arts martiaux dans le Japon d’avant Jigoro Kano et cela éclaire beaucoup sur « l’esprit » général.

L’incroyable musée du sabre, une beauté époustouflante

Le musée du sabre :

totalement incroyable, j’ai été profondément touchée et marquée artistiquement ! Le travail pour faire un sabre est juste extrêmement impressionnant et je trouve que ça vaut la peine de regarder ce reportage en amont ici :   cela nous fait comprendre aussi cette dimension de la culture japonaise qui vise toujours l’excellence, l’expertise. Vincent en parle durant son entretien, écoutez-le !

Les temples et sanctuaires :

qui sont bien sûr incontournables au Japon. J’ai beaucoup apprécié de découvrir les bases : la différence entre le bouddhisme et le shintoisme, la façon dont ces 2 religions peuvent être vécues ensemble… Lisez un minimum pour comprendre ce que vous voyez. Petit clin d’oeil pour le sanctuaire qui porte chance aux compétitions !

Enfin, les jardins

sont également des incontournables du Japon et si je pouvais vivre dans l’un d’eux, je serais bien heureuse ! Ils sont vraiment tous beaux, apaisants, inspirants et je ne saurais en conseiller en particulier. Il faut tout de même savoir qu’il y en a un très beau juste derrière le Kodokan, un autre magnifique, assez petit et gratuit, à côté du musée d’Edo et des sumos… et enfin, que la visite du temple impérial et son jardin, vaut largement le déplacement tant c’est impressionnant !

Les jardins japonais, à Tokyo, paisibles… Un judoka se ressource

 

9- Tenir son journal

Que ce soit sur carnet papier, facebook, mails ou tout autre support, je vous conseille de laisser quelques traces de tout ce que vous découvrez, dans Tokyo et sur les tatamis. Ce sera précieux quand quelques semaines ou mois plus tard, vous n’arriverez plus à retrouver tel nom ou tel renversement au sol ! Et si vous pensez ne pas en avoir besoin, que ce n’est pas votre genre, alors faites-le au moins pour pouvoir suivre mon 10ème conseil !

10- Partagez 🙂

À votre tour, dès votre retour, de partager avec tous ceux qui rêvent de partir ! Donnez-leur envie, échangez vos astuces, aidez-les à réaliser leurs rêves. C’est la multitude des partages qui fait l’entraide et la prospérité mutuelle !

 

Laissez vos propres conseils ou posez vos questions en commentaires, ce sera un plaisir d’échanger !