5 clés pour apprendre une technique de judo (ep11)

5 clés pour apprendre une technique de judo (ep11)

5 clés pour apprendre une technique

SPÉCIAL DÉBUTANTS - cliquez ici pour écouter !

Bienvenue sur cet article (épisode audio) : 5 clés pour apprendre une technique de judo, de façon plus facile et plus agréable.

C’est le 2ème épisode d’une série dédiée tout spécialement aux débutants. Cliquez ici pour découvrir cette série (1er épisode : dîtes adieu aux échauffements douloureux !).

Pas facile d’apprendre une technique de judo ?

Le professeur vous apprend une nouvelle technique mais vous vous emmêlez les pinceaux entre vos pieds, vos mains, la tête, le corps… Et comment se souvenir d’une séance sur l’autre ce qu’on a appris ? La sensation d’être perdu vous êtes peut-être familière si vous êtes débutant. Vous vous accrochez car vous aimez le judo, mais ce n’est pas toujours facile ! Arrivez-vous un jour à connaître toutes les techniques ?

La réponse est… OUI ! Suivez ces 5 clés pour apprendre une technique de judo.

Si vous les appliquez, vous devriez augmenter :

> votre plaisir de découvrir une nouvelle technique,

> votre facilité à apprendre n’importe quelle technique,

> l’efficacité des techniques apprises.

 

Pourquoi faut-il ces 5 clés pour apprendre une technique ?

Jigoro Kano disait :

“Un minimum d’efforts pour un maximum d’efficacité”

Est-ce qu’il nous encourageait à être feignant ?

Pas vraiment…

L’énergie est précieuse au point de l’utiliser exactement au bon endroit. C’est exactement dans cet esprit que j’ai défini 5 clés, valables quelle que soit la technique. Plus vous supprimerez de la difficulté dans l’apprentissage, plus vous aurez de l’énergie sur l’apprentissage lui-même. Et comme en judo, il faut quelques millions de répétition pour maîtriser une technique, autant garder votre énergie pour ça !

Clé 1 : repérez le sens du mouvement

Cela peut paraître une évidence et si c’est le cas tant mieux. Trop souvent, un débutant ne ressent pas s’il s’agit d’un mouvement arrière, avant ou latéral. Même s’il l’effectue correctement, il n’a aucune idée du moment opportun pour l’utiliser dans un déplacement.

Posez cette technique dans l’esprit du judo

Vous l’enregistrez beaucoup plus vite et en plus, vous « formerez » votre corps bien au-delà de la technique elle-même.
Ainsi, quand le professeur démontre la technique et à fortiori lorsque vous allez vous, la travailler, posez-vous 2 questions :

1- Où est-ce que votre partenaire va chuter ?

Va-t-il tomber sur son arrière, sur son côté, par devant ? Dans quel sens le corps de votre partenaire va aller ? On est souvent obnubilé par son propre corps. Mais penser au mouvement de son partenaire aide énormément.

2- À quel endroit est le vide, le « trou » ?

C’est à dire à quel endroit vous allez agir pour être efficace ?

Par exemple, sur Ippon seoi nage, où est le vide ? Il est exactement sous le nombril de Uke : c’est là qu’on peut agir s’il y a un espace. S’il n’y a pas de trou pour vous mettre dedans, vous ne pourrez jamais exécuter la technique. Par exemple, si votre Uke est penché en arrière, vous n’avez pas l’espace vide pour vous mettre dedans… En revanche, s’il est bien penché en avant, c’est idéal !

apprendre une technique de judo seoinage

Un autre exemple allez flagrant pour un partenaire qui serait très penché en avant, c’est Tomoe nage, communément appelé la planchette japonaise. Il est clair, dans ce cas, qu’on se jette dans le trou pour faire passer Uke au-dessus…

Sur un partenaire qui serait très penché en arrière, remarquez-vous que votre O’sotogari se loge dans le trou juste derrière la jambe de Uke ?

Cette notion de vide, de trou, n’est pas forcément évidente au départ. Pourtant, si dès vos tous premiers cours, vous vous efforcez de la repérer et de vous y habituer, vous allez apprendre beaucoup plus vite vos techniques. Elles seront aussi plus efficace à long terme.

Facilitez votre placement global

Donc pour cette 1ère clé : au moment même où vous découvrez une technique, assurez-vous d’avoir repérer ces 2 éléments. Ils sont, bien sûr, totalement liés. Vos mains et vos pieds et tout votre corps doivent alors se placer naturellement à 50%… Vous n’avez plus qu’à vous concentrer sur les 50% restant.

 

Clés 2 : autorisez-vous à apprendre par morceau

Dans le groupe privé Facebook (rejoins-nous si ce n’est pas encore fait, clique ici !), il y a une publication qui compare le judo au piano ! Si vous avez déjà pris des cours de cet instrument, vous savez qu’on ne commence pas par jouer des 2 mains à la bonne vitesse… et joliment ! Loin de là ! On doit d’abord travailler chaque main séparée et len-te-ment !

C’est pareil pour apprendre une technique de judo. Vous pouvez travailler vos mains, puis vos pieds… Et seulement lorsque vous vous sentez à l’aise avec l’un puis l’autre, alors vous les mettez ensemble. Vous allez encore devoir travailler pour que ça devienne votre corps entier cohérent… Et après ça, seulement, vous pourrez ajouter la tête, ou la position du poignet par exemple.

Vous pouvez travailler ainsi par étape sous 3 formes :

– avec votre partenaire, pendant l’entrainement, il sera sûrement d’accord

– chez vous, avec vos enfants ou votre conjoint.e ! En guise de démonstration ou de jeu… L’humour dans le judo, ça aide aussi !

– chez vous, tout seul. Vous n’avez alors pas besoin d’en faire des heures… Ne serait-ce que 5 minutes 2 ou 3 fois dans la semaine, c’est déjà super. Sachez que répéter tout seul vous oblige à imaginer votre partenaire. C’est un travail extrêmement fructueux, qui donne des résultats ! Ça met en lumière tout ce que vous ne maîtrisez pas bien donc pas d’inquiétude, persévérez.

 Clé 3- le secret des 10 répétitions

Le plus gros problème parce que le plus récurrent chez les débutants, c’est d’être frustré de ne pas réussir dès la 1ère application. Vous posez mille questions, vous voulez tout corriger tant vous avez le souci de bien faire ! C’est une belle qualité. Mais dans l’apprentissage technique, c’est une qualité qui vous freine.

Cette semaine, je travaillais Uchimata avec une jeune ceinture jaune et dès la 1ère  fois qu’elle a entré le mouvement, elle a tout de suite dit :

« non c’est pas ça », puis « ça marche pas »… « pourquoi je ne peux pas te soulever ? »

Vous ne pourrez jamais corriger tous les détails si chacun d’entre eux est en mode découverte.

Commencez l’apprentissage par la répétition

Vous êtes passés par l’astuce 2 : vous avez travaillé vos mains, vos pieds, et vous en êtes donc à tout mettre ensemble. Répétez alors au moins 10 fois l’ensemble même si vous avez l’impression que ça ne va pas du tout. Ce n’est pas grave ! Ce n’est pas en 10 fois que vous allez prendre de mauvaises habitudes… Par contre, c’est en 10 fois que vous allez gagner un peu d’aisance. Avec ce petit bout de fluidité acquise, ce sera alors le bon moment de vous corriger. Après ces 10 premières fois, vous pouvez vous dire : ok maintenant, je dois déséquilibrer uke de cette façon. Vous ajoutez cette correction et encore une fois, vous répétez 10 fois sans le moindre commentaire… Si vous ne sentez pas le déséquilibre qu’on vous a indiqué, ou que vous êtes vous-mêmes déséquilibrés, ce n’est pas grave ! On est dans une phase d’apprentissage, de découverte. Ça va venir…

Un énorme avantage de travailler par séquence de 10, c’est que vous développez vos propres sensations. Une fois sur deux, à la fin des 10 fois, vous y arrivez beaucoup mieux, par vous-même ! Sans que personne n’ait rien dit ! Parce que vous avez 10 fois pour répéter, ressentir, ajuster.

Au fur et à mesure…

Donc vous l’avez compris, ici la clé vraiment très importante, c’est de ne pas vouloir une technique parfaite dès le départ, ne pas tout corriger à chaque entrée. Au contraire, entrez 10 fois pour chaque petite correction qu’on vous apportera.

1- vous n’allez pas prendre de mauvaises habitudes, on vous corrige toutes les 10 fois, vous êtes dans la phase de découverte

2- vous assimilerez plus facilement les corrections qu’on vous donne car la précédente sera acquise

3- vous découvrirez, souvent, par vous-même, les ajustements à faire. Et ce dernier avantage est capital car il va servir tout votre judo dans sa globalité !

Clé 4- Choisissez un bon partenaire !

Peut-être qu’on ne l’explique pas aux débutants, ou peut-être qu’en tant que débutant, on décrète d’office que c’est nous qui n’allons pas …

Pourtant, une chose est claire en judo : lorsqu’on travaille une technique, le partenaire qui nous sert de Uke peut tout changer. Et ça, c ‘est valable pour tout le monde, pas seulement pour les débutants. Personnellement, je travaille avec beaucoup de partenaires différents et pour une même technique, je vais avoir l’impression d’être excellente avec certains uke et le même soir, impossible de la passer avec d’autres. Pourquoi ?

Qui sont ces uke mystérieux ?

D’abord, il y a la capacité d’Uke à chuter, à être à l’aise dans ses chutes. Si vous travaillez avec une ceinture noire qui n’a aucun problème à chuter, il va vous laisser faire l’exercice. Il pourra même vous aider en “prêtant son corps” comme on dit. Il va favoriser le mouvement que vous essayez de faire.

Si vous travaillez avec une ceinture de couleur qui a encore peur de chuter, c’est l’inverse. Et c’est normal. Si on n’est pas à l’aise, on craint d’avoir mal en chutant, alors le corps se crispe et se bloque. Ce sera extrêmement difficile pour vous d’apprendre la technique. Même si l’exercice est sans chute, le partenaire qui a peur se crispe par réflexe.

Enfin, vous pouvez rencontrer des partenaires qui n’ont pas l’habitude et qui sont tout mou. Ils ne tiennent pas leur corps, et c’est également impossible d’apprendre correctement avec ces Uke.


C’est très important d’avoir conscience que votre Uke compte dans votre apprentissage parce que cela va justement économiser votre énergie : vous allez éviter de vous tracasser pour rien.

Les solutions pour optimiser son apprentissage

1- Si vous avez le choix, choisissez des partenaires que vous savez « bons ». Ils sont dynamiques mais pas durs, ils chutent facilement, ils vous aident à sentir le mouvement.
2- Si vous n’avez pas le choix, ne vous énervez pas contre vous-même. À l’inverse, ressentez les difficultés liées au partenaire. Vous pouvez bien sûr lui demander gentiment quelques adaptations s’il peut. Dans tous les cas, travaillez tranquillement ce que vous pouvez. Dites-vous par exemple qu’à défaut d’avoir l’impression de réussir la technique, vous vous habituez au placement des pieds, des mains etc. Soyez esprit judo : trouvez toujours une opportunité pour ne pas rester bloquer.


5- Faîtes du lien entre chaque phase d’apprentissage

Dédicace pour tous ces jeunes judokas qui regardent leur professeur démontrer pendant 5 ou 10 minutes une technique en la répétant 10, 15, 20 fois… Et qui arrivent face à leur partenaire en disant « je dois faire quoi ? ». Les voilà tout bloqués, sans savoir comment commencer…! L’énergie a-t-elle été vraiment utilisée de manière efficiente ? Mmmmh…

Autre dédicace pour les judokas qui finissent le cours avec une technique à peu près acquise mais qui, la semaine suivante, sont incapables de dire ce qu’ils ont appris…

Qu’est-ce qu’il se passe ?

Les 3 phases :

On peut dire qu’il y a 3 phases d’assimilation d’une technique en judo. L’observation, la pratique, et la mise en application.

1- Observer votre professeur, c’est enregistrer avec vos yeux et votre tête qui pense… 2- Pratiquer en exercices technique, c’est continuer de fonctionner avec ses yeux et sa tête mais pour faire marcher le corps.

3- Mettre en application durant les randoris, c’est laisser votre corps agir et oublier vos yeux et votre cerveau car ça va plus vite.

Ces 3 phases d’assimilation d’une technique doivent pouvoir déboucher sur une utilisation en situation réelle, ce que Jirogo Kano appelait test d’efficacité. On peut parler de phase 4. C’est la compétition où seul le corps parle, tout va très vite avec tension, stress, agressivité.

Quels liens et comment les faire ?

Le problème est que souvent, ces 3 phases d’assimilation sont vécues comme des phases indépendantes, séparées. C’est une énorme perte d’efficacité dans l’apprentissage, vous perdez beaucoup d’énergie. Il faut impérativement apprendre à faire des liens entre ces phases.

Comment ?

De l’observation à la pratique

Lorsque vous observez votre professeur, vous devez vous projeter vous-même dans la phase suivante. Vous devez vous voir à la place du professeur. Certains se placent à droite ou à gauche pour être dans le bon sens. Certains font discrètement le mouvement en même temps que le professeur pour déjà se projeter dans la phase suivante. Quand vous observez votre professeur, demandez-vous de quoi vous aurez besoin ? Où sont les pieds ? Où sont les mains ? Quel est le 1er déplacement ?

De la pratique à l’application

Après avoir répété quelques dizaines de fois (clé 3), dès que vous vous sentez un peu plus à l’aise, imaginez que vous êtes en randori… Il s’agit d’imaginer, juste dans sa tête. Dites-vous, ” tiens, si je suis en train de combattre…” et hop, vous rentrez votre répétition. C’est là qu’on va voir si la clé 1 (bien connaitre le sens du mouvement) a été utilisée !

Lorsque je fais randori avec une ceinture blanche, que je vais tout doucement et que je laisse volontairement ma jambe devant, toute seule, sans bouger… Ce n’est pas normal que cette personne ne voit pas que c’est l’occasion rêvée de faire O’soto gari qu’on vient d’apprendre ! Bien sûr, quand je le lui dis, elle le comprend et après elle peut le faire… Mais si vous utilisez cette clé 5, vous êtes autonome dans la mise en application en randori… Vous l’appliquez par vous-même tout de suite. Vous gagnez donc beaucoup de temps, de plaisir et d’efficacité dans l’apprentissage !

La conclusion pour ces 5 clés

Qui est prêt à les mettre en place et à nous dire ce que ça donne ? Ce que ça change ? Le but, vraiment, c’est que vous puissiez prendre plus de plaisir dans l’apprentissage. Plus de plaisir, ça entraine un apprentissage plus efficace. Et quand on est plus efficace, on a aussi plus de plaisir !
Alors mettez en place ces clés : l’apprentissage reste et restera une phase qui n’est pas évidente, mais ça doit être du plaisir et il ne doit pas y avoir de peine ou d’efforts ou de tracas là où il n’y a pas lieu d’être !

N’oubliez pas :

1- C’est quoi ce mouvement dans le judo ? quel sens ? Quel vide ?
2- On fait comme les pianistes, on découpe chaque partie du corps pour voir ce que ça donne avant de mettre le tout ensemble
3- Pas de pression à tout corriger et tout réussir tout de suite ! Au contraire, 10 répétitions avant de faire une correction … Avec le plaisir de faire évoluer soi-même son apprentissage.
4- On profite des super partenaires pour développer nos sensations dans l’apprentissage et on fait ce qu’on peut avec les partenaires moins faciles, il y a toujours à travailler… Mais pas d’auto-flagellation, le judo c’est à 2 !
5- Enfin, on crée des liens entre les phases d’apprentissage pour que ça aille plus vite, que ça soit plus efficace, pour être plus à l’aise.

 

MERCI

Merci de votre lecture. Laissez un petit commentaire pour que je sache si cet article/épisode vous a aidé. Posez les questions auxquelles je n’ai pas répondu. Vraiment, je ferais tout pour que les débutants prennent plaisir sur leurs premiers mois / premières années de pratique ! Aidez-moi à développer cette série spéciale pour les judokas débutants.

Pour être informés des prochains articles / épisodes audio :

– abonnez-vous sur une plateforme de podcast, par exemple sur apple / google / Spotify / soundcloud

OU

– vous pouvez vous inscrire tout simplement ci-dessous :

Comment programmer sa préparation judo ? (ep10)

Comment programmer sa préparation judo ? (ep10)

Comment programmer sa préparation judo ?

Cliquez ici pour écouter !

 Bienvenue sur cet article (épisode audio) : vous allez révolutionner vos programmes de préparation judo !

=== Pensez à écouter l’épisode précédent sur le calendrier du judoka ===

Apprenez à construire un préparation judo qui vous correspond… et efficace !

Tous ceux qui préparent une échéance cherchent à savoir comment s’entrainer afin d’être prêt le jour J. Prendre les conseils de l’enseignant, des autres judokas qui sont passés par là… Fouiller sur internet, regarder comment les meilleurs font… Finalement, on bricole ce qui peut-être la meilleure préparation judo. Mais bien souvent on est pris de doutes ! Est-ce que je serai vraiment prêt le jour J ? Est-ce que je suis vraiment la meilleure des préparation judo qui existent ? Les autres ne font-ils pas bien mieux ?

Ici, je vous présente une technique de construction de programme imparable. Suivez ces conseils pour ne pus avoir aucun doute durant cette fameuse préparation judo. Surtout, vous vous sentirez prêt le jour J. Essayez, et revenez nous raconter !

Je vais vous expliquer les 4 étapes à suivre, méthodiquement, pour être certain de pouvoir vous construire un super programme.
Juste avant, précisons ensemble : pourquoi se faire un programme ? Qu’est-ce qu’une bonne préparation judo ?

Si vous avez une échéance en tête, passage de grade ou shiai ou tournois, il y a 2 solutions.

Suivez votre bonhomme de chemin…

La première, c’est de ne rien faire de spécial et de continuer votre bonhomme de chemin. Le jour J, vous vous levez et vous y allez. Il y a fort à parier que ça ne marche au mieux et que vous repartiez déçu… Même si marche en partie, vous allez à priori automatiquement pensé que vous auriez pu faire beaucoup mieux si vous vous étiez préparé. Tous ceux qui se souviennent de leur toute première compétition l’ont vécu. On repart en se disant « ah, j’ai compris maintenant, je ne savais pas ça ou je dois travailler ça, etc ». Donc si vous n’êtes pas convaincu de l’utilité d’une préparation judo, allez à votre échéance tranquillement et voyez votre ressenti après. Normalement, vous allez avoir envie de vous préparer pour la prochaine fois ! Pourquoi se faire un programme ? Tout simplement pour ne pas être déçu de soi-même !

… ou préparez-vous !

Passons donc à la deuxième solution : vous avez conscience que vous devez vous préparer. La question repose plus sur le comment ? Qu’est-ce qu’un bon programme ?
Dans la grande majorité des cas, on fonctionne par mimétisme. Vous regardez ce que les autres font vous répliquez. Vous choisissez les judokas que vous admirez ou en qui vous avez confiance. Si ça marche pour eux, s’ils le recommandent, c’est que c’est ce qu’il faut. Alors vous appliquez pour vous.

C’est ainsi que vous commencez à construire votre programme…

Si vous faites vos 2 entrainements au dojo par semaine, vous ajoutez 1 ou 2 fois la salle. Puis vous décidez de faire des footing pour le souffle. Vous apprenez que le fractionné est plus adapté pour les judokas alors vous changez vos séances de footing. Et comme vous espérez avoir un bon kumikata, vous ajoutez quelques séances de muscu. Vous partez à l’assaut d’élastiques pour faire vos uchikomis comme sur les vidéos…
Vous travaillez dur. Vous faîtes évoluer votre programme au fur et à mesure. Et en arrivant au tournoi, vous espérez être prêt. Vous êtes convaincu que vous avez beaucoup bossé. Mais vous avez, dans le même temps, des doutes. Vous ne savez pas ce que ça va donner. Vous avez tout de même sauté quelques séances les jours avec trop de fatigue… Et puis les adversaires que vous redoutez se sont forcément beaucoup entrainés aussi.

Est-ce alors une bonne préparation judo ?

On a ces 2 sentiments qui cohabitent. Une sorte de fierté d’avoir fait de son mieux et un doute profond qui subsiste, on ne se sent pas sûr.

Alors on peut dire que ce n’était pas un BON programme.

Un bon programme, c’est le celui qui vous apporte de la certitude. C’est celui qui entasse tous vos efforts et votre travail dans des caisses de confiance en vous.

Alors comment faire ?

Je vais vous livrer les 4 étapes à suivre. Vous allez voir que plutôt que de faire un programme pour aller au tournoi, on va partir du tournoi pour construire son programme. Oui. On va faire les choses dans l’autre sens.

Étape 1 : c’est quoi une compétition réussie ?

Prenez votre jour J et listez tout ce dont vous avez besoin pour être prêt. Vraiment tout !

Par exemple, j’ai besoin… :
d’un sac bien fait
de connaître comment je dois m’échauffer
d’être endurant
d’être rapide
d’avoir confiance, de me sentir sûr de moi
d’assurer 2 techniques fortes
etc…

Sur cette 1ère étape, vous ne pouvez pas écrire trop donc allez-y au maximum. Visualisez votre tournoi, imaginez votre état, et notez tous ce que vous aimeriez pour que ça se passe merveilleusement bien. Ne vous limitez pas ! Vous pouvez bien sûr accentuer certaines parties (technique, stress, etc.) qui prennent beaucoup de place chez vous. Mais dans tous les cas, passez en revue tous les domaines, ne n’en négligez pas !

 

Étape 2 : j’identifie et organise mes besoins

Faites le tri ! Faites des catégories et surtout, rangez-les par priorité. Tout est important, mais vous devriez remarquer que certaines choses vont vous demander plus d’effort que d’autres. Vous pouvez faire de belles cases avec un gros titre pour chacune, et dessous les petites lignes que vous aviez écrites durant l’étape 1. Ces belles cases sont ordonnées : ce sont donc vos besoins les plus importants.

 

Étape 3 : je décide des moyens

À côté de chaque case, notez ce que vous devez faire pour être prêt. Quels exercices ou quelle attitude vous devez développer. Durant les entrainements au dojo mais aussi pour les autres jours. Ne notez pas la quantité ni la fréquence durant cette étape, juste l’exercice en lui-même.

Voilà des exemples d’exercices, de moyens :

Uchikomis / méditation / respiration / étirements / footings / pensées positives / sommeil / randoris / nagékomis / etc.


Étape 4 : je planifie à la semaine

Étape finale et cruciale : la planification.
Prenez les exercices que vous avez décidé de faire et noter la quantité nécessaire par SEMAINE. Comme vous devez avoir sous les yeux le nombre de semaines que vous avez d’ici l’échéance, vous pouvez visualiser comment répartir vos exercices, selon les semaines. Vos semaines ne doivent pas être identiques. Elles doivent toutes comporter les différentes catégories mais dans des quantités variables selon que vous êtes loin ou prêt de l’échéance.

Bien sûr, le total de vos séances par semaine, toutes catégories confondues, doit correspondre à vos possibilités. Pour une préparation accessible et sérieuse, prévoir 7 séances toutes catégories confondues est déjà excellent.
Si vous prévoyez 5 méditations par semaine, 3 footings, 2 séances de muscu, 4 séances d’uchikomis et 3 entrainements de judo, alors vous savez que vous partez sur un rythme de 2 entrainements par jour ! C’est possible, mais il faut le savoir !

Par exemple :

Vous pourriez noter :
– 2 séances d’uchikomis seuls chez moi sans la semaine, soit 200 au total sur la semaine
– 1 séance de cardio par semaine avec sur les 2 premières semaines, footing endurance classique pour reprendre. Ensuite, footing fractionné parce que le jour J se rapproche.
– 1 méditation par semaine au départ, puis 2 et enfin 3 par semaine lorsque le jour J approche.
Etc.

 

Les 4 raisons qui vous rendront prêt :

Avec cette technique en 4 étapes, vous pouvez être certain de vous sentir prêt pour les 4 raisons suivantes.

1- un itinéraire tracé qui libère votre cerveau

Vous avez construit votre programme à partir de votre échéance et de vos besoins tout comme on construit un itinéraire en partant du point d’arrivée que l’on veut atteindre. Vous avez ainsi sous les yeux un planning qui est, chaque jour, relié à vos besoins et vos objectifs. Vous pouvez facilement constater vos avancées vers ce jour J. Le chemin étant balisé, votre cerveau peut se concentrer ce sur qu’il a à faire. Il n’est plus encombré du stress de mal faire, de se tromper de d’essayer d’évaluer s’il avance bien ou non…

2- de la flexibilité pour plus de préparation

au fil de la semaine, vous pouvez choisir chaque jour ce qui vous convient le mieux. Une des séances les plus difficiles physiquement ou bien une séance qui demande moins d’efforts mais beaucoup de concentration ? Une qui nécessite beaucoup de volonté ou bien plutôt une de routine ?
Lors des coup de fatigue ou démotivation, vous remplacez le « oh je suis nul, il faudrait que j’arrive à me forcer » par « ok, aujourd’hui, j’ai besoin de repos physique, c’est idéal pour caler ma séance hebdomadaire de respiration ». Ainsi, même à la fin d’une journée en creux, vous êtes fier de vous. Vous avez accompli une partie de votre préparation.
À l’inverse, les jours de pleine forme, vous pouvez vous dire « allez, je fais la grosse séance prépa physique aujourd’hui comme ça, ça sera fait pour la semaine ». Vos moments d’énergie vont être beaucoup mieux utilisés. Encore une fois, vous augmenterez votre sentiment de satisfaction.

Le planning en semaine booste les moments d’énergie et transforme les moments de creux. Vous pouvez vous sentir satisfait tous les jours sans exception. Se sentir fier de soi augmente la capacité d’entrainement !

3- des quantités qui donnent confiance en soi

Ce planning écrit et bien mesuré vous permet de l’accomplir concrètement. Il n’y a plus de place pour la frustration de ne pas en faire assez. Lorsque vous avez réalisé votre séance de cardio en début de semaine par exemple, vous savez que votre part du travail est accomplie ! Sans planning hebdomadaire, votre cerveau aurait automatiquement pensé qu’il pourrait refaire encore, ou faire plus. On est ainsi fait : on minimise les efforts déjà réalisés pour ne voir que ceux qu’on n’arrive pas à faire. Et seul le planning hebdomadaire limite ce phénomène et aide notre cerveau à prendre la juste mesure de ce qui est accompli.

4- Vous êtes prêt.

Le jour J, vous arrivez avec un planning réalisé dans tous les domaines, suivant des quantités bien définies. Vos besoins sont satisfaits. Vous pouvez facilement vous dire « je suis prêt, j’ai fait toutes mes séances. Ce qui est très important, c’est que ce « je suis prêt » devient par rapport à vous-même et non par rapport aux autres. « Je suis prêt » veut dire que vous êtes en adéquation avec vos propres ambitions. Vous savez où vous en êtes et vous êtes prêt pour ce grand jour qui devient une étape dans votre progression globale.

Libérez votre stress grâce au programme

Pour tous ceux qui ont un niveau élevé de stress et particulièrement pour les enfants accompagnés par leurs parents dans ces échéances qui ont beaucoup d’importance pour eux, vous pouvez transférer l’inquiétude liée aux autres sur un objectif lié à vous-même.
Voilà comment procéder. Vous comprendrez en fin de processus pourquoi le programme compte autant sur votre niveau de stress.

1- La liste des inquiétudes

Notez avec beaucoup de sérieux tout ce qui peut vous inquiéter (ou inquiéter votre enfant). Aucun dénigrement ni même de tentative de raisonnement du type « mais non…, je suis bête de penser ça… ». C’est extrêmement important. Durant cette phase, tout est valable, tout est important. Prenez un vrai temps pour cela et allez au font des questionnements. Qu’est-ce qui vous inquiète ?
Une fois cette (longue) liste réalisée, mettez-là de coté.

2- vos pierres précieuses

Puis, dans un temps vraiment distinct, posez-vous alors la question suivante (ou à votre enfant) : pour moi et mon judo, qu’est-ce qui compte le plus ? Qu’est-ce qui me fait rêver ? Qu’est-ce que j’aime ? Notez simplement 2 ou 3 idées fortes, pas plus ! Il faut donc choisir les plus fortes, les pus solides, les meilleures.

3- votre programme

Gardez la liste très longue des sources de stress dans la poche. Ils sont là, ils existent, ils sont tout autour comme des petites particules qui vous envahissent. Vous le savez, vous le voyez. Rien que parce que vous les connaissez, vous verrez qu’ils font moins peur et que ce ne sont pas forcément vos pires ennemis.
En revanche, ce que vous avez en vous, ce sont les 2 ou 3 éléments forts que vous avez choisi. Là, vous pouvez vous appuyer dessus. Votre cerveau peut se concentrer uniquement sur eux. Et alors vous savez que votre préparation, mesurée, adaptée et solide, est un point vraiment très fort.

Vous savez qui vous êtes, ce que vous avez fait.

Par rapport à vous mêmes. Vous êtes prêt.

 

Et vous ?

Planifiez-vous vos préparations par rapport à des besoins identifiés pour le jour J ?
Répondez dans les commentaires pour aider tous ceux qui doutent et qui ne savent pas comment faire… Souvent, ils n’osent pas poser leurs questions, alors aidons-les ! 

Pour être informés des prochains articles / épisodes audio :

– abonnez-vous sur une plateforme de podcast, par exemple sur apple / google / Spotify / soundcloud

OU

– vous pouvez vous inscrire tout simplement ci-dessous :

Une série pour les judokas débutants

Une série pour les judokas débutants

La série d’articles et podcasts destinés spécialement aux judokas débutants : c’est ici ! Et comme on est d’éternels débutants : bienvenue à tous 🙂

Parce que ses premiers pas sur un tatami comptent plus que tout…

Ce sont vraiment des débutants qui m’ont donné envie de m’investir sur cette nouvelle série. Plus précisément 4 adultes qui m’ont écrit lors de cette rentrée pour plusieurs questions. Ils ne se connaissent pas et pourtant, les mêmes questions sont revenues !

Merci Sophie, Eléonore, Valérie et Patrick. Grâce à vous, cette série pourra aider, j’espère, des centaines de judokas débutants !

Ça y’est, vous êtes inscrit !

Vous vous êtes inscrits au club proche de chez vous, vous avez fait le pas !

Votre enfant est déjà inscrit et ça a fini par vous donner envie… Ou bien  peut-être que l’univers des arts martiaux vous a toujours attiré.e ! À moins que ça soit de bons souvenirs d’enfance sur un tatamis qui vous soient revenus ?

Malgré une vie bien remplie entre travail et famille, fatigue, stress, vous voilà parti.e pour un entrainement hebdomadaire au dojo !

Jusque là, vous êtes ravi.e. Vous constatez que cela vous défoule ! Vous coupez avec vos soucis, vous décompressez… C’est aussi un moment pour vous, vous vous retrouvez et ça fait du bien !

Voilà donc que des points positifs. Mais… Il y a un « mais » !

Tout n’est pas totalement parfait…

  • vous ne pouvez pas cacher le fait que physiquement, c’est vraiment très dur
  • vous n’arrivez pas à suivre tous les exercices
  • pendant plusieurs jours après, vous souffrez de courbatures, vous êtes fatigué.e
  • vous êtes au milieu de ceintures noires qui ont l’air tellement à l’aise
  • vous arrivez à peine à retenir les noms des mouvements qu’on vous montre
  • En randori, panique à bord, tout va trop vite, vous ne pouvez rien faire !
  • Le coeur ne suit pas, impossible de faire tous les combats…
  • Il y a quelques judokas de votre cours qui vous font peur
  • Certains sont trop gros, ils vous écrasent au sol, vous ne pouvez pas déplacer debout…

Si vous ne deviez retenir qu’une seule chose de cette série, c’est que…

vous êtes entièrement normal.e… Et ça se soigne ! 🙂

Il faut rappeler que le judo est un art martial, une pratique de combat. Cela implique d’exposer tout son corps, jusqu’à la chute. C’est totalement inhabituel pour un adulte. Également, cela vous demande d’être en contact physique avec d’autres. C’est donc particulier ! Cela crée certaines sources de stress ou de déstabilisation, même si elles sont inconsciente. Il est capital de vous rassurer par rapport à vos inquiétudes, légitimes. Dès les premiers mois de pratique, vous devez construire une confiance. C’est la condition pour que votre esprit et votre corps puissent s’investir pleinement.

Je vais aussi éclaircir des notions floues, rarement expliquées. Vous pourrez alors avoir un accès beaucoup plus rapide à ce qui est enseigné au dojo !

Ce qu’il n’y a pas au dojo…

Il y a dans cette série ce que vous ne trouverez pas (rarement) en club sur les tatamis. À l’entrainement, vous êtes nombreux sur un temps limité. Vous n’avez pas forcément l’occasion d’échanger, surtout si vous êtes nouveau, vous ne connaissez pas grand monde ! Cette série se présente donc comme un excellent complément aux entrainements. Je vais simplement prendre le temps de vous expliquer. C’est ce que ferait votre professeur si vous alliez diner avec lui ce soir !

Les bases solides ne sont pas seulement techniques ou physiques, elles sont aussi au niveau de l’esprit. Vous trouverez alors ici les réponses à toutes vos questions pour pouvoir assurer un bon démarrage, complet. Je sais combien il est important, au judo, d’être libéré.e de toute inquiétude pour pouvoir progresser.

Alors, chers judokas débutants, chers tous, c’est parti…!

Et si votre question n’a pas sa réponse dans les articles ci-dessous, écrivez-moi !

Le sommaire des articles/épisodes spéciaux “judokas débutants” 

Les articles/épisodes dédiés aux judokas débutants sont intercalés avec d’autres épisodes du podcast plus généralistes. Ainsi l’épisode 8 du podcast “Secrets de Judokas” est le 1er dédié aux judokas débutants. Le suivant de cette série sera probablement l’épisode 10 ou 11… 

>>> Dîtes adieu aux échauffements douloureux – Ep8 

cliquez ici pour écouter.

>>> 5 clés pour apprendre une technique – Ep11

cliquez ici pour écouter.

Ne manquez rien !

Vous pouvez aussi vous abonner sur une plateforme de podcast, par exemple sur apple / google / Spotify / soundcloud

OU

vous inscrire tout simplement ci-dessous :

Dites adieu aux échauffements douloureux (Ep8)

Dites adieu aux échauffements douloureux (Ep8)

Dites adieu aux échauffements douloureux

SPÉCIAL DÉBOUTANTS - cliquez ici pour écouter !

 Bienvenue sur cet article (épisode audio) : vous vous apprêtez à dire adieu aux échauffements douloureux !

C’est le 1er épisode d’une série dédiée tout spécialement aux débutants. Cliquez ici pour découvrir cette nouvelle série.

Pas de bon judo sans bon échauffement ?

L’échauffement du début de l’entrainement est bien souvent négligé, parfois au contraire surdosé. Pas toujours apprécié des judokas, il peut pourtant devenir le pilier d’un bon judo. Quand on a compris quelques clés simples du pourquoi et du comment, on se surprend à vouloir devenir des pro de l’échauffement tant il apparait alors important pour devenir bon judoka !

Après avoir écouté cet épisode sur tous les premiers secrets de l’échauffement, vous devez :

passer de l’épuisement au plaisir,

de l’appréhension à l’envie,

d’un moment pénible à un moment efficace.

 

Pour l’instant, vous vous dites …

« L’échauffement est trop dur, je n’ai pas assez de muscles ! »

« Je suis incapable de faire autant que les autres »

« Je n’arrive pas à suivre le rythme… »

« À la fin de l’échauffement, je suis déjà épuisé.e »

 

Comment faire ? Est-ce normal ?

 

OUI… et NON !

Surtout NON, on va le voir ensemble… Mais commençons par la partie qui dit “OUI, c’est un peu normal que ça soit dur”. (C’est une toute petite partie, vous allez voir !)

La reprise de septembre

 

Vous avez tendance à penser que tout ce qui ne va pas

vient du fait de votre statut de débutant !

Vous oubliez complètement qu’il peut y avoir d’autres raisons. Vous ne voyez pas que certaines difficultés sont rencontrées par bien d’autres judokas … confirmés !

Souvenez-vous que vous commencez le judo en septembre !

Il y a eu l’été ou plus encore, sans sport. Reprendre le sport après une période d’arrêt, ne serait-ce que d’1 mois, c’est difficile. On souffre dans ses muscles, son souffle, et même moralement. C’est important d’y penser : vous êtes comme tout le monde ! Pour avoir la forme, il va vous falloir un certain temps, d’autant plus long que vous aurez arrêté le sport longtemps. Et même si vous êtes sportif, vous allez devoir vous adapter à l’effort spécifique du judo. 

Par exemple, de mon côté, j’ai toujours eu des vacances actives voire clairement sportives. Pourtant, cela ne m’empêche pas de souffrir lorsque je reprends les entrainements en septembre !

De la patience… intelligente

Par rapport à la fatigue de la reprise, il n’y a pas de miracle.

1- Patienter. Les muscles et le souffle reviennent !

2- Le plus important ici, c’est du côté moral. Notez à chaque séance d’échauffement ce que vous faites mieux par rapport à la séance d’avant. Cela vous évitera de vous comparer aux autres… Et vous constaterez par vous-mêmes que vos efforts sont utiles !

Et j’en ai déjà fini pour cette toute petite partie du “Oui, c’est normal d’avoir un échauffement douloureux, de ne pas réussir à tout faire ou à suivre le rythme”.

Maintenant, on attaque les nombreuses raisons pour lesquelles “NON ce n’est pas normal, ça peut changer !”  

Qui se souvient de ce qu’est un échauffement ?

Dans la grande majorité des clubs, ce n’est pas un échauffement qu’on vous propose ! Non seulement ça s’explique, mais en plus, quand on le sait, ça change tout ! On peut alors s’assurer un réel échauffement tout en suivant les indications du professeur, et c’est magique 🙂

Comme son nom l’indique, l’échauffement vise à chauffer votre corps.

C’est important pour 2 objectifs simples :

ne pas se blesser

être performant

Je vous propose ici quelques quelques éléments très simples qui vont beaucoup vous aider si vous les mémorisez.

Vous devez échauffer :

1- votre CORPS. Il doit se mettre en mouvement et comprendre que vous allez le solliciter. Pour cela, vous devez commencer à transpirer légèrement.

2- vos MUSCLES. Ils doivent se réveiller, c’est-à-dire être dynamiques mais aussi étirés. Vous devez les préparer à faire tous les mouvements possibles : contraction, extension, etc.

3- votre COEUR. Il doit s’activer et c’est à vous de brancher la pompe. Son rythme doit monter progressivement pour qu’il puisse accélérer ou ralentir autant que de besoin. Il envoie le sang et donc l’oxygène dans tout votre corps, vos muscles s’en nourrissent !

Ces explications ne visent absolument pas à faire un cours d’anatomie. Elles sont là pour vous aider à adopter le bon esprit. Lorsque vous commencez l’échauffement, pensez-y ! Cela vous aidera à comprendre et ressentir ce qu’il se passe et donc à mieux le faire. 

Un peu de douceur dans ce monde de bruts !

 

Le plus important est de veiller à ce que votre échauffement commence en douceur et s’intensifie ensuite progressivement.

Par exemple, il m’arrive d’arriver en retard (chut !) et de rejoindre directement une phase intensive d’exercices. À chaque fois, mon rythme cardiaque doit alors monter subitement. Je passe du froid au chaud en quelques minutes et mes muscles sont sollicités directement de façon intense. C’est sans appel : je suis à chaque fois épuisée et dans l’impossibilité de faire tous les randoris ! Je ne me sens pas en forme, c’est trop difficile et mon moral chute. Ce sont vraiment de mauvaises séances simplement parce que je ne me suis pas échauffée. Vous êtes exactement dans le même cas si vous tentez d’appliquer à la lettre ce que votre professeur dit alors que ça ne correspond pas à votre rythme.

 

Étirements et mouvements souples

Autre exemple, au Japon, les judokas s’échauffent sur le bord du tatamis individuellement, avant le cours. Ils font beaucoup d’étirements ainsi que des mouvements variés et souples. Ils font aussi des uchikomis (1) qualitatifs c’est-à-dire à une vitesse modérée, visant surtout l’exactitude du geste. Lorsque je faisais les échauffements avec ces japonais, c’était extrêmement agréable. La transpiration arrivait très progressivement. Le coeur montait légèrement…

Points de repère pour gérer votre échauffement

Il faut apprendre à vous connaître. Voilà quelques pistes d’observations pour améliorer votre rythme d’échauffement.

COTE COEUR

D’abord, regarder le nombre de pulsation par minute au repos total. Pour ma part, je suis à 60 par exemple. Vous ne devriez pas dépasser 80.

Ensuite, sachez que votre maximum se calcule en faisant 220 – votre âge. Si vous avez 40 ans, alors votre maximum est 180.

Quel écart avez-vous entre votre repos et votre maximum ? Moi, j’ai 120. C’est mon amplitude. Mon coeur doit s’habituer à se promener sur cette ligne de 120 d’écart !

Pour l’échauffement, j’aime le faire monter d’1/3 seulement, c’est à dire de 40. Ainsi, je monte jusqu’à 100, c’est bien.

Ce sont des chiffres approximatifs mais cela aide pour apprendre à mieux se connaitre.

COTE MUSCLES

Regardez vos étirements. Je prends 1 ou 2 exercices très simples de référence. Je repère mon amplitude au départ, avant d’avoir commencé l’échauffement. Je repère ensuite mon amplitude à la fin de l’échauffement. Elle doit être supérieure bien sûr mais elle doit aussi être au moins égale à la séance précédente.

COTE CORPS

Apprenez à connaitre votre transpiration. Elle est différente selon les personnes mais aussi selon les périodes. Vous devez repérer les zones qui transpirent en 1er afin d’identifier le moment où votre échauffement est enclenché.

Mais alors pourquoi l’échauffement du dojo est trop difficile ?

Dans un cours de judo, on a des personnes extrêmement différentes ! C’est d’ailleurs l’un des aspects les plus beaux du judo. Il n’en est pas moins que le professeur doit gérer un cours avec :

des débutants et des confirmés

des « en forme » et des moins en forme

des jeunes des moins jeunes

des minces ou des plus gros…

Il y a tous les âges, tous les gabarits, tous les niveaux ensemble. Ça ne permet pas de faire un échauffement individuel à chacun. De ce fait, le professeur propose généralement ce qui convient à la majorité. Ensuite, chacun s’adapte comme il peut.

Aujourd’hui, je vous propose de quitter le

« je fais ce que je peux et je n’arrive jamais à tout faire… »

pour le transformer en

« j’évalue ce que je dois faire pour m’échauffer correctement ! »

ou encore :

« Je me connais suffisamment pour faire activer mon coeur progressivement. Pour réveiller mes muscles et commencer à transpirer…»

Prendre soit-même le pilotage

Le professeur peut proposer quelques adaptations. Mais avant tout, c’est à chacun de savoir juger où est-ce qu’il doit mettre la barre. Cette responsabilisation est à mon avis l’un des plus beaux cadeaux que l’on nous fait. Pourquoi ?

1- Cela nous apprend au fil des années à être vraiment acteur de ce qu’on fait, en judo mais plus largement dans la vie. On ne se repose pas sur un professeur (ou sur les autres) en attendant de tout recevoir. On attribue pas nos difficultés au professeur ou aux autres. On se prend en charge !

2- Cela oblige à se connaitre sois-même. S’observer, faire des essais, écouter son corps pour se reposer ou au contraire se booster, se surpasser… Mieux se connaitre soi-même est indispensable dans la progression au judo. Mais là-encore, c’est aussi un vrai cadeau dans la vie en général.

À vous de jouer !

Vous l’avez donc compris : durant l’échauffement, vous allez devoir vous-mêmes repérer à quel degré d’intensité vous devez faire les exercices. En appliquant ce principe, vous serez bien échauffé.e sans être épuisé.e. En plus, vous initierez une connaissance de vous-même et une attitude qui vont vous servir toute la vie !

Comment repérer le bon degré d’efforts ? Comment faire ?

Il y a quelques règles simples à appliquer.

Vous êtes au-dessus du seuil si :

votre coeur monte très vite et que vous êtes vraiment essouflé.e

vos muscles vous font mal

vous êtes en nage

vous vous sentez épuisé

vous vivez un échauffement douloureux !

Dans ce cas-là, ce n’est pas un échauffement ! Vous devez revoir à la baisse la proposition de l’enseignant. Pour cela :

Il faut adapter ce que vous faîtes.

Plusieurs moyens sont possibles mais vous verrez que plus vous penserez à adapter, plus ça viendra naturellement. Pour l’instant, essayez de :

>>> faire 1 répétition sur 2 (ou sur 3 !) afin de respirer sereinement pendant les répétitions que vous ne faites pas.

>>> faire l’exercice plus lentement, ce qui reviendra à faire 1 répétition sur 2 (ou 3, ou 4 !) mais sans pause.

>>> réduire la distance, faire un demi tatami par exemple.

>>> adapter l’exercice avec moins de contraintes. Par exemple, faire des pompes sur les genoux. Ou même rester en position de départ des pompes sans les faire ! C’est ce que je faisais au retour de blessure, c’était déjà difficile ! 

Le plus important, c’est de FAIRE.

Faites toujours quelque chose même si c’est extrêmement adapté ! Même si ça ne ressemble quasiment plus à l’exercice initial. Aucun enseignant de judo ne pourra vous reprocher de vous adapter. Au niveau de l’attitude physique et mentale, toujours rester dans l’action change tout. Ne vous mettez jamais sur le côté à regarder car ce serait vous écarter de la possibilité de progresser. Faites et vous allez progresser. Ne l’oubliez pas !

 

Des échauffements qui ressemblent à de la musculation

Dernier point important : le type d’échauffement qui vous est proposé en cours. Il y a une tendance générale à transformer l’échauffement en séance de préparation physique. Comme le professeur connait bien son métier, les exercices augmentent en difficultés et en intensité de façon progressive. Mais il n’en est pas moins que c’est de la préparation physique et non un échauffement au sens traditionnel du terme ! 10 séries de pompes, 200 abdos, grimper à la corde… Ce n’est pas un échauffement

Pourquoi faire de la préparation physique au cours de judo ?

=== Pour être en forme !

Être à l’aise dans son corps, pouvoir se déplacer, fléchir, se relever, etc… C’est indispensable au judo. Cette façon de se muscler est vraiment utile. Elle sert votre bonne santé et une bonne forme de corps. 

Jigoro Kano était très attaché à cette idée d’éducation physique, ce qu’il appelait parfois la gymnastique, pour avoir un corps sain. Cela correspond d’ailleurs à « l’esprit japonais » ou plus largement la philosophie / la spiritualité orientale. En effet, pour eux, le corps et l’esprit ne font qu’un. L’intellect, le mental, le psychologique n’est pas séparé du physique, de la matière, du corps. Ils n’ont pas cette vision scindée. Nous sommes une seule et même personne qui ne fait qu’un. Ainsi, prendre soin de son corps, l’entretenir, c’est élever son esprit, le rendre aussi « en forme ». 

La préparation physique est donc excellente pour : 

rendre votre corps performant en judo

plus largement être en bonne santé

et pour faire grandir votre esprit, vos valeurs.

Un esprit sain dans un corps sain.

En plus de l’échauffement :

>>> Travaillez donc votre corps ! Pensez à la gymnastique de Jigoro Kano.

>>> Allez vers une bonne condition physique grâce aux exercices de cardio ou de musculation proposés par votre enseignant.

>>> N’oubliez cependant jamais le cadre : sans vous épuiser ou forcer au-delà de ce que vous pouvez faire avec plaisir.

MAIS, il y a tout de même un MAIS…

=== Pour être fort !

Il n’est absolument pas nécessaire, en judo, d’avoir de la force !

Vous devez le savoir, le judo a été créé, à partir du Ju Jitsu, dans le principe que le faible peut vaincre le plus fort. Les muscles liés à la force physique sont inutiles pour gagner.

Pendant longtemps, j’ai cru que c’était une légende. Autour de moi, les judokas plus musclés ou disons même simplement plus lourds gagnaient largement sur de plus petites catégories. Mais lors de mes stages au Japon, j’ai alors vraiment vu sous mes yeux l’application de ce principe. C’était extraordinaire. Mieux encore, j’ai eu l’immense chance de l’expérimenter moi-même, durant quelques instants de grâce ! Dans les bonnes conditions et accompagnée pour, j’ai vraiment pu ressentir la puissance des principes du judo qui se passe totalement de force ! C’est une réalité, il n’est absolument pas nécessaire d’avoir de la force physique pour être un bon judoka.

Soyez des observateurs vigilants

>>> Vous devez devenir des observateurs avertis sur ce qu’on vous propose et sur vos propres capacités.

>>> Développez votre musculature et votre cardio pour être à l’aise dans un corps affuté. Vous serez ainsi « libre » pour travailler n’importe quel mouvement.

>>> Inutile de travailler vos muscles ou votre corps dans l’idée d’être fort, d’être capable de pousser, tirer, tasser, projeter quelqu’un à bout de bras. Non seulement ça n’a aucun intérêt mais en plus, ça vous empêchera d’être un bon judoka.

Pourquoi tant de judokas veulent devenir forts physiquement ?

 

La facilité et le court terme

Il y a ceux qui veulent devenir forts physiquement parce que ça leur semble efficace. Ils marquent plus facilement avec leurs gros biceps. C’est une stratégie à très court terme. Ils n’iront jamais loin ni en compétition ni même en entrainement car de bons judokas pourront très facilement les battre. Par ailleurs, ils bloquent toutes perspectives de progrès. Ils bloquent leur esprit, ils ne sont pas sur le bon chemin car ils n’ont pas compris le sens du judo. Ils bloquent également leur corps. Tant qu’on se sert de ses gros bras pour écraser quelqu’un, on est incapable de ressentir un déséquilibre par exemple…. Il est aussi très difficile, voire impossible, de se mouvoir avec souplesse quand les muscles sont contractés…

À vous de choisir !

>>> Évitez à tout prix de viser la force dans votre judo.

>>> Si vous êtes face à ce type de personne, évitez-les aussi.

>>> Vous avez sans aucun doute, dans votre club, de bons judokas qui travailleront avec vous sans force. Vous aurez alors plus plaisir et vous progresserez !

Dédicaces aux bons compétiteurs

Quand on fait beaucoup de compétitions et qu’on monte en niveau, on a besoin d’excellentes techniques. Sans ce bon niveau technique, il est impossible d’aller loin. Face à soi, on a d’autres judokas qui ont également un très bon niveau technique.

Dans ces niveaux élevés, l’intensité des combats, l’adversité, l’agressivité fait qu’effectivement, la force entre en jeu. C’est dans le sens de l’histoire des sports : les performances ne cessent de s’accroître. Tous les niveaux montent. Les temps au 100 mètres, la hauteur au saut à la perche, les figures aux barres asymétriques…

En judo, la condition physique monte aussi. Il faut être fort pour pouvoir affronter ses adversaires dans certaines phases du combat. Mais qu’on ne s’y trompe pas, ce n’est pas grâce aux muscles que les champions montent sur les podiums ! C’est bien leur capacité à passer la bonne technique au bon moment qui les fait gagner. Preuve en est des ralentis que l’on voit sur les grands championnats. C’est assez impressionnant d’observer le niveau technique dans un cadre de confrontation aussi élevé.

 

Se relâcher : le secret

Il est impossible de placer un beau mouvement quand on ne sait pas se relâcher. À nouveau, le travail du compétiteur est le même que celui du débutant : apprendre à se relâcher. Pensez toujours que plus vous vous libèrerez de la force dans votre judo, plus vous serez bon.

La télé-tendance

À notre époque, la médiatisation du judo fait qu’il n’y a plus besoin de pousser la porte d’un mystérieux dojo pour comprendre ce que peut être cet art martial… C’est tant mieux ! Je suis vraiment favorable à la diffusion maximale comme ce site le prouve ! Cela dit, les médias proposent uniquement l’aspect compétition. Une grande partie des inscrits sont des judokas qui ont été attirés par cette compétition à la télévision. Ils ne connaissent pas les autres aspects du judo qui font que c’est un art très complet. Plusieurs clubs répondent à cette demande et « surdosent » cet aspect compétition. Ils laissent de côté, plus ou moins, les autres aspects. Les échauffements douloureux (qui ne sont donc pas des échauffements !), ils adorent ça !

Vous devez donc observer le type de club dans lequel vous êtes. Vous devez repérer le type d’échauffement et/ou de préparation physique qui vous sont proposés… Et à vous aussi d’observer le type de judoka que vous avez autour de vous pour bien vous entourer !

 

Et si… Mais… Comment je fais ?

Est-ce que je dois m’entrainer à la maison entre 2 entrainements pour rattraper les autres ?

Et si je n’arrive pas à faire certains exercices plus pour des raisons techniques, d’agilité ?

Et si au contraire, parfois je trouve que c’est un peu facile, trop lent pour moi ?

Et si dans mon cours, il n’y a que des judokas compétiteurs, que c’est vraiment trop dur pour moi ?

Laissez-moi quelques jours et avant la fin de ce mois de novembre, un article sera disponible pour les réponses à ces questions qui ont aussi été posées !

Pour conclure : un tatami qui vous aide !

 

Conseils pour dire adieu aux échauffements douloureux TATAMI TATAMI fiche mémo – Adieu les échauffements douloureux[/caption]

Retenez qu’il y a 3 grandes parties :

Le contexte

C’est normal que ça soit dur : c’est le cas de la rentrée de septembre par exemple.

La forme de cours collectif

Vous devez vous adapter vous-même à des consignes générales. Pour cela, apprenez à vous connaitre et fixez vos seuils. Cela vous mettra en plus dans d’excellentes dispositions d’esprit pour le judo et vous aidera dans la vie en général !

La partie musculation

Elle prend de la place de nos jours. Il faut la couper en 2 pour :

>>> garder la bonne forme physique, la bonne santé, la souplesse : tout ce qui faut pour avoir un beau judo … et un esprit sain dans un corps sain.

>>> laisser de côté la force qui se développe dans l’idée de d’écraser son adversaire avec des gros bras.

MERCI

 

Merci de votre lecture. Laissez un petit commentaire pour que je sache si cet article/épisode vous a aidé. Posez les questions auxquelles je n’ai pas répondu. Vraiment, je ferais tout pour que les débutants prennent plaisir sur leurs premiers mois / premières années de pratique ! Aidez-moi à développer cette série spéciale pour les judokas débutants.

 

 

Pour être informés des prochains articles / épisodes audio :

– abonnez-vous sur une plateforme de podcast, par exemple sur apple / google / Spotify / soundcloud

OU

– vous pouvez vous inscrire tout simplement ci-dessous :

Laetitia Coupeau : le judo en soutien aux rugbymen (Ep7)

Laetitia Coupeau : le judo en soutien aux rugbymen (Ep7)

Une judokate en soutien aux rugbymen

Interview de Laëtitia Coupeau : cliquez ici pour écouter !

 Aujourd’hui, j’interview Laëtitia Coupeau ! Nous sommes en stage vétérans et elle accepte de remplacer sa sieste par cet entretien. Laetitia a plein de casquettes, et surtout plein d’idées ! La dernière en date ? Proposer le judo en soutien aux rugbymen !

36 ans de judo… sur les tatamis et dans la vie.

Le judo fait partie de ma vie depuis 36 ans. Ma mère m’y a inscrite lorsque j’avais 6 ans car à ses dires, je manquais de confiance en moi. C’était donc, déjà toute petite, l’un des outils pour affronter la vie. J’ai eu la chance de tomber sur un excellent enseignant. Il m’a donné goût à poursuivre cette activité et m’a menée jusqu’au graal de la ceinture noire. Il m’a aussi fait découvrir l’univers de la compétition. Je dois dire que cette compétition, tu la mènes dans ta vie à chacune des épreuves rencontrées. Que ça soit le passage dans une classe supérieure, le passage d’un examen, scolaire ou professionnel. J’ai pu utiliser les outils que le judo m’avait procuré, tout au long de ma pratique.

Judokate ou rugbywoman ?

J’ai 42 ans, j’ai 2 enfants et l’un d’eux pratique le rugby. Au bord des terrains, je discutais souvent avec les éducateurs et ils se sont intéressés à ma pratique judo… J’ai pu expliquer que j’enseignais auprès des adultes, adolescents et enfants, jusqu’en 2016. J’aime cette transmission car tu transmets des connaissances qu’on t’a transmises. J’ai aussi servi plusieurs fois de Uke pour des passages de grades. C’est naturel de redonner ce qu’on m’a appris.

J’ai également raconté comment j’avais appréhendé de faire du rugby à 5, en tant que judokate. C’est à ce moment-là que le directeur technique du club m’a sollicitée.

Apprendre à chuter dès 4 ans

Les premières interventions ponctuelles visaient les plus jeunes, dès 4 ans et demi. L’idée était d’aborder l’appréhension de la chute. Il était aussi important que les enfants apprennent à tomber sans que leur tête choque le sol. On peut voir ce genre de choc chez les grands champions, c’est malheureusement spectaculaire. Cette démarche entrait justement dans les nouvelles règles qui apparaissent. Le rugby évolue vers un jeu d’évitement plutôt que de confrontation, d’affrontement. Le judo peut alors tout à fait venir en soutien.

Le soutien, dans une équipe de rugby, c’est celui qui est derrière le porteur de balle.

Apprendre à se relever pour les plus grands

Mes interventions se sont élargies. Pour les autres catégories d’âges, en plus de cet aspect de sécurité, le projet de jeu a été pris en compte. Chaque club a un projet de jeu, avec des objectifs. Au niveau du département, le projet de jeu visait de pouvoir se relever rapidement. C’est important de pouvoir se replacer, continuer le match et prendre l’avantage sur ses adversaires. Au judo, les liaisons debout sol ou l’inverse permettent exactement cette motricité nécessaire pour se relever rapidement.

Les réflexes judo au profit de l’activité rugby

Ainsi, sur les jeunes génération, on est sur un judo sécurité. On travaille l’appréhension de la chute, entre autre via des jeux de lutte et d’opposition entre les enfants. Plus on monte dans les catégories d’âge, plus on va vers des exercices de motricité, de coordination, dissociation haut du corps, bas du corps… Cela doit permettre aux joueurs d’acquérir des réflexes de judo au profit de leur activité rugby.

Etre une femme qui enseigne le judo, c’est un atout !

Il y a toujours deux raisons principales pour lesquelles les parents inscrivent leurs enfants au judo.

La première raison est que leur enfant ne tient pas en place. il faut donc lui faire faire une activité avec un cadre, des règles. La deuxième raison, à l’inverse, est que l‘enfant est timide. Il ne prend pas la parole en public, ne sait pas aller vers les autres. Le fait d’être une enseignante femme alors un atout. Par exemple, cela permet à des petites filles de pratiquer l’activité avec cette référence féminine. Elles peuvent se dire « moi non plus, je n’avais pas envie de faire de la danse, après tout, c’est possible… »

Au-delà des techniques, le code moral

Je crois qu’on a la chance, dans ce sport individuel, de pouvoir mêler les caractères, les attitudes, les comportements, la mixité sociale et sexuée. Chacun peut trouver sa place malgré sa différence par rapport à l’autre. Il y a aussi la possibilité d’accueillir des enfants en situation de handicap comme ça a été le cas sur certains de mes cours. Cela permet de faire passer des messages qui vont, dans la vie de tous les jours, continuer. C’est notre code moral, sur lequel les enseignants s’appuient pour faire passer certaines valeurs.

Si ces valeurs sont utilisées dans la vie de tous les jours,

on se dit qu’on a gagné.

Pour les jeunes générations, c’était la chose première que je voulais transmettre. Pas forcément la technicité, mais l’épanouissement à travers ces valeurs qu’on peut retrouver et mettre en place dans sa vie de tous les jours.

Quand les valeurs du judo vivent sur le terrain de rugby

Au rugby, il n’y a pas de code moral. Il y a cependant des valeurs fortes sur l’entraide, l’esprit d’équipe, la différence. Un enfant grand, fin, rapide va jouer dans la même équipe qu’un autre qui va être plus enveloppé, plus lent mais qui aura d’autres qualités techniques ou physiques. Chacun va trouver sa place dans une cohésion d’équipe.

C’est sur ces valeurs fortes qu’on peut appuyer. J’utilise bien-sûr les valeurs du code moral du judo mais sans les nommer. Par exemple, j’utilise les jeux d’opposition pour transmettre la notion de respect. On travaille le contrôle de soi quand manque un ballon alors que l’autre le récupère. Ou encore le courage quand on est sur une rencontre. Même si on perd, en soi, ce n’est pas grave, on a marqué un essai, fait une passe… On va aller sur le match suivant. Ces valeurs-là je les transmets. Autrement.

De petits rugbymen métamorphosés

Dès l’année suivante, l’une des entraineuses de la catégorie juste après (moins de 8 ans) est venue me voir pour témoigner. Elle avait des enfants qui arrivaient et qui n’avaient plus peur ! Pas peur d’aller au contact, d’aller chercher le ballon, d’aller au sol. Donc pour moi c’était gagné. C’était le plus beau retour que l’on pouvait me faire. J’ai aussi vu certains parents d’enfants introvertis qui avaient réussi à entrer en communication avec l’autre et qui étaient métamorphosés à la rentrée suivante. Je me souviens d’un petit Colin que j’avais vu en fin d’année, pas souriant, replié sur lui-même, qui n’osait pas toucher un copain… Il est arrivé la rentrée d’après et c’était un autre Colin ! Ce sont des petites victoires.

Le judo ne m’a jamais quittée

J’ai eu la chance de pouvoir suivre un cursus de sport étude, sport universitaire. Donc là encore, j’étudiais et j’allais au judo. Ensuite j’ai travaillé et j’ai continué d’aller au judo. Ça ne m’a jamais quittée.

Le judo a toujours fait partie de moi.

Forcément, il y a des étapes de vie où tu pratiques un peu moins parce qu’il y a d’autres priorités à ce moment-là. Pour autant, je dirais qu’à chaque moment difficile de ma vie, que ça ait été des moments personnels ou professionnels, c’est le judo qui m’a tirée vers le haut, qui m’a empêchée de « sombrer ». C’est aussi en se mettant des défis à travers cette activité là qui m’a encrée, construite, qui a fait ce que je suis aujourd’hui.

Au travail, j’utilise encore le judo !

Dans mon activité professionnelle, je mets en place des actions de prévention en direction de publics fragilisés, en perte d’autonomie ou en situation de handicap. L’activité judo et la formation que j’ai pu suivre peuvent réellement contribuer à l’enrichissement et à la prise en charge de ces publics déficients. Par exemple, on sait que quand une personne vieillit, il y a une fonte musculaire et une perte d’équilibre. Parfois, cela peut provoquer des chutes et on peut se blesser. On a donc encore une perte de mobilité et c’est l’enchainement. J’ai réussi à mettre en place des activités de prévention de la chute. Il ne s’agit pas de savoir chuter comme un judoka mais plutôt de servir le processus de vieillissement. Avec le côté sport santé, on évite la perte de la masse musculaire On est vraiment dans une démarche de bien vieillir. Cette démarche permet en plus de maintenir tous les acquis pour la suite de la vie.

Le mot de la fin

Je crois que quand on a une passion, en tous cas pour moi le judo, il faut la poursuivre. Effectivement, on peut chuter, continuer à avoir le goût de l’effort, maintenir son activité… Et aussi tout le relationnel que la famille du judo peut nous apporter, que ça soit par l’intermédiaire de la transmission du savoir des hauts gradés ou par l’amitié qui fait partie de notre code moral.

MERCI !

Merci Laëtitia ! J’espère vraiment que vous avez aimé pouvoir rencontrer Laetitia grâce à cette épisode, et que peut être, vous verrez les choses un peu différemment. Peut-être saurez vous notamment repérer certaines forces ou atouts que vous avez développé grâce au judo, en tous cas, je vous le souhaite !

Pour être informés des prochains articles / épisodes audio :

– abonnez-vous sur une plateforme de podcast, par exemple sur apple / google / Spotify / soundcloud

OU

– vous pouvez vous inscrire tout simplement ci-dessous !

Laissez un petit mot à Laëtitia ou à Secrets de Judokas, ça fera toujours plaisir 🙂

(ci-dessous, rubrique « commentaires »)

Suite à un problème technique, j’ai dû installer une sauvegarde de tout le site. Les commentaires ont été effacés. Je me permets donc de reproduire ce que les lecteurs avaient écrit ! 

Vous aimez les interview ?

Allez donc écouter celle de Vincent Thébault qui vit au Japon depuis 30 ans, devenu maître en arts martiaux (cliquez ici) ou encore celle de Patrick Bigot qui part plusieurs mois par an pratiquer au Kodokan de Tokyo depuis presque 40 ans ! (cliquez ici)

Faire du judo pour être heureux (ep5)

Faire du judo pour être heureux (ep5)

 

C’est la rentrée !

Vous vous retrouvez certainement à expliquer de nombreuses fois les bienfaits du judo afin d’inciter vos amis à vous rejoindre sur le tatami, rassurer des parents qui hésiteraient pour leurs bambins ou plus généralement encourager tout un tas de personnes à s’engager sur cette voie magnifique qu’offre le judo. 

J’expose ici les raisons principales pour lesquelles je recommande le judo, et surtout, je les explique dans le détails, avec ma propre expérience concrète à l’appui.

Je vais commencer par l’une des questions les plus souvent posées, probablement parce qu’elle correspond aussi à l’une des préoccupations courantes de ceux qui pensent s’inscrire ou inscrire leurs enfants au judo :

 

1- Est-ce que le judo, ça permet de savoir se défendre ?

Je crois comprendre que la réponse est peut être un peu polémique étant donné les avis très différents et tranchés que je peux lire ou entendre. Mon avis sur la question se base tout simplement sur mon vécu et je répondrais donc par NON… mais OUI !

 

NON ?

Concrètement, lorsque pour rire et me tester, mon voisin d’1m80, 90 kilos, vient serrer mes petits poignets, j’ai beau atteindre les 50 kilos, je suis bloquée et je ne peux pas faire grand chose… même si généralement, il est tout de même étonné de constater que je me débrouille mieux que ce à quoi il s’attendait ! Finalement, sa force suffit pour me maîtriser. De ces expériences fréquentes avec des amis, j’en déduis que ça ne serait pas différent si un inconnu dans la rue venait à m’agresser. Sauf que justement, je dois ici prendre en compte mon expérience « de rue ».

 

OUI !

Sortir sereinement…

D’abord, je suis toujours sortie sans aucune crainte dans la rue à toute heure du jour ou de la nuit. Cette assurance me vient sans aucun doute du judo parce que, de façon totalement inconsciente, cette pratique développe une confiance en soi et une sérénité qui fait qu’on est moins préoccupé par l’idée que notre vie est en danger. C’est le 1er énorme avantage de la pratique du judo : on vit plus sereinement.

 

Dégager les bonnes ondes…

La conséquence directe de pouvoir sortir sans avoir peur, c’est que ça se ressent ! Je suis convaincue que, par un subtil langage non verbale, on éloigne les potentiels agresseurs qui ne ressentent pas, dans un judoka, une personne vulnérable qu’il serait bon d’attaquer. 

 

Adapter ses réactions…

Lorsqu’on se fait agresser, le cerveau n’a absolument pas le temps de réfléchir à ce que vous devez faire. C’est uniquement la peur qui guide et malheureusement, elle n’est souvent pas le meilleur guide. Le judo développe une agressivité positive et votre corps emmagasine dans ses réflexes des réactions utiles à une agression. Pour ma part, il m’est arrivé 2 fois de m’apercevoir qu’un voleur avait mis la main dans mon sac : la 1ère fois dans les escaliers d’une bouche de métro, la 2ème fois sur un passage piéton. À chaque fois, je m’en suis aperçue dans la seconde, j’ai hurlé sur le voleur et il m’a rendu mes affaires (mon portable et mon portefeuille). Ce fut mon réflexe : être assurée et forte, ne pas me laisser faire. Dans les deux cas, le voleur en question est parti à toute vitesse. Le 3ème et dernier épisode qui m’est arrivé s’est aussi passé dans la rue, en pleine nuit alors que je rentrais seule. Une bande de jeunes garçons visiblement saoules ont commencé par me chahuter… J’ai eu beau accélérer le pas et faire l’indifférente, ils ont continué de plus belle jusqu’à m’encercler vers un mur. J’ai gagné du temps en discutant avec eux, puis voyant d’autres piétons passer, j’ai détourné leur attention quelques secondes, le temps de me décaler du mur et de pouvoir retrouver la largeur du trottoir pour marcher. Finalement, ils m’ont donc laisser partir. Tout cet épisode a duré de longues minutes, et pas une fois je n’ai réfléchi à ce que je faisais : c’était uniquement mon instinct qui parlait, rien d’autre. Comme vous le remarquez, dans cette 3ème aventure, je n’ai pas hurlé sur ces jeunes hommes, j’ai au contraire chercher à fuir. Je sais que c’est le judo qui m’a appris à adopter la réaction la plus appropriée de façon instinctive. Ainsi, je n’ai jamais eu à vraiment me défendre concrètement parce que j’ai sur montrer mon assurance lorsque c’était le mieux à faire, fuir et éviter la confrontation quand c’était de loin le plus intelligent. Mon instinct a, sans aucun doute, été entièrement formé par le judo.

L’arme de l’assurance et de l’intelligence

Le judo vous permettra, je pense, d’améliorer votre assurance autant que la pertinence de vos réactions instinctives et ainsi, de diminuer très largement (voir annuler) les possibilités d’agressions concrètes !

2- Pourquoi le judo donnerait plus confiance en soi que d’autres sports ?

C’est l’un des bénéfices les plus souvent cités et qui est parfois en lien la question de savoir se défendre. Beaucoup de parents inscrivent leur enfant dans cette optique et même si les adultes expriment rarement leurs motivations au moment de leur inscription, c’est également un sujet qui revient souvent.

Il ne serait sûrement pas possible de décrire avec exactitude les nombreux processus qui amènent la confiance en soi puisque c’est une notion très personnelle, très différente d’une personne à une autre. Chacun va vivre les entrainements à sa façon et va construire, petit à petit, en échos avec son quotidien en dehors des tapis également. Parmi tous ces nombreux processus, beaucoup existent dans d’autres activités que le judo : on peut trouver confiance en soi via tout un tas de pratiques, artistiques, sportives ou plus généralement sociales. Alors qu’est-ce que le judo a de particulier ? Il y a plusieurs points qu’on retrouve effectivement peu dans d’autres sports ou pratiques plus généralement et qui, mis tous ensemble, font cette particularité. 

 

La diversité est utile, adieu les normes !

D’abord, la pratique du judo est accessible à tous les gabarits. Etre petit, très grand, gros ou maigre n’est jamais un handicap. Non seulement on peut pratiquer avec des judoka de sa catégorie, mais même lorsqu’à l’entrainement, on pratique tous ensemble, cela devient source d’apprentissage que de se retrouver face à un gabarit différent. L’enfant (ou l’adulte !) qui est plus costaud que la moyenne et raillé à l’école, sera, au judo, le partenaire de tous et source d’apprentissage pour eux.

 

Sur un pied d’égalité, ensemble !

En plus du fait que tout le monde est accepté, il y a une notion d’égalité du fait que nous sommes tous en judogi. A priori, il n’y a pas d’histoire de choix vestimentaire, de matériel ou de marque. Je rajoute que le fait de pratiquer pieds nus peut paraître anecdotique ou uniquement symbolique, mais est en réalité un facteur très fort d’égalité : les ingénieurs, enseignants, personnels de ménage, postiers, ou que sais-je (président de la république !) ont les mêmes pieds nus. Enfin, c’est peut être un détail mais je crois qu’il compte beaucoup, surtout pour les enfants : le judo fait partie de ces disciplines qui se pratiquent uniquement durant l’entrainement. Tous les enfants, quelques soient leur origine sociale et le style de famille ou de maison qu’ils ont, viennent progresser au dojo et sont donc à égalité face à cette progression. Quand certains enfants ne sont pas dans de bonnes conditions pour faire leurs devoirs à la maison ou pour travailler leur instrument de musique, ils peuvent être “comme les autres” au judo ! 

 

Une socialisation douce, libre et constructive !

Pour le 3ème point qui concerne la confiance en soi, j’ajouterais les aspects liés à la sociabilité, extrêmement bénéfiques pour les enfants ou les adultes timides ou introvertis. Contrairement à beaucoup d’autres activités, le judo a cet équilibre « parfait » entre le côté individuel et le collectif.

 

Sa dimension individuelle fait qu’un judoka évalue sa progression par rapport à lui-même.

Personne ne peut lui reprocher de ne pas être assez fort ou ne pas progresser au même rythme que les autres, contrairement aux sports collectifs par exemple. Je connais des jeunes qui jouent au hand ou au foot et dont tout l’enjeu va être de savoir s’ils seront dans l’équipe A, l’équipe B, surclassés ou non. Au judo, la progression de chacun n’est pas mesurée par rapport à celle des autres.

 

La dimension collective est « douce » parce qu’elle se fait uniquement à deux.

C’est beaucoup plus facile pour une personne timide de travailler avec un partenaire que dans un large groupe. Une personne discrète (comme j’ai été) va pouvoir plus facilement connaître les autres parce qu’elle aura à faire à eux un par un et qu’elle n’a pas de place à prendre comme c’est le cas dans un groupe.

 

La socialisation est libre parce que non obligatoire.

Un judoka qui ferait tout l’entrainement sans dire un mot ne choquera pas… C’est même presque la norme idéale que d’observer le silence durant l’entrainement. Il n’est donc pas anormal de ne rien dire, contrairement, encore une fois, à beaucoup d’autres activités à dimension sociale où il est au contraire important de savoir prendre une véritable place dans le groupe.

 

Les relations sont constructives.

Comme je le disais concernant les différents gabarits qui seront toujours acceptés, les relations au judo se construisent par nécessité. On ne peut pas travailler sans l’autre. La personne la plus timide sera donc toujours utile à son partenaire et sera ainsi valorisée. 

Voilà pourquoi je suis convaincue que le judo est tout à fait particulier pour développer la confiance en soi, c’est l’une des rares pratiques qui allie diversité, égalité, et liberté dans la sociabilité… le tout dans un cadre extrêmement positif et constructif.

3- Pourquoi le judo aide à la concentration et permettent aux enfants agités de se calmer ?

Là encore, le judo est une discipline très particulière. Au judo, il y a des règles comme dans tous les sports et, de façon implicite, comme dans tous les domaines de la vie que ça soit à l’école, à la maison, dans la rue ou dans la société, ou encore dans la pratique de quelconques activités. En revanche, ce qui fait la particularité du judo, et qui n’est pas si souvent rencontrée, c’est ce que j’appelle « l’étiquette ».

L’étiquette : ce qui implique des rituels de comportement clairement annoncés et identifiés.

Tout le monde sait que dès le premier cours, on apprend à saluer le tapis avant d’entrer, on commence le cours par un salut général, on salue son partenaire avant et après chaque combat… Cet exemple des saluts qui viennent ponctuer tous les moments de l’entrainement est extrêmement important pour un enfant dit « turbulent » ou devrais-je dire plein de dynamisme ! En effet, il va pouvoir s’accrocher à ces rites et donc respecter le cadre plus facilement… puisque son cerveau ne le fait pas forcément de lui-même, de façon autonome. Un enfant agité va sûrement se faire rappeler à l’ordre lorsqu’il passera du vestiaire au gymnase ou stade de foot parce qu’il n’y a aucune balise pour ce passage si ce n’est « être sage », ce qui ne veut pas dire grand chose pour lui ! Au judo, il va avoir cette étiquette qui va lui montrer le chemin et l’aider. 

Cet aspect est tout aussi important que celui de la confiance en soi, d’abord parce que parfois, les deux vont ensemble :

une personne, adulte ou enfant, peut être très extraverti et pour autant manquer de confiance en elle !

Ensuite, que le judo aide à la concentration et la canalisation, c’est tout simplement ce qui rend heureux ! Un enfant qui repart d’un cours de judo sans s’être fait grondé, avec la satisfaction d’avoir pu suivre l’étiquette comme les autres, c’est vraiment un enfant heureux… De même qu’un enfant timide qui repart en ayant travaillé avec un partenaire qui est devenu sa nouvelle copine, ça va lui donner un immense sourire. Je cite des exemples un peu bateaux mais il faut se rappeler que les infimes détails peuvent compter et que, si c’est souvent plus visible chez les enfants, ça existe aussi beaucoup chez les adultes ! Finalement, comme le dit si bien Vincent Tebo dans son interview de l’épisode 3 :

le plus important dans le judo, c’est que ça rend heureux !

 

J’espère que ce 1er épisode sur « Pourquoi s’inscrire au judo ? » vous a plu ! N’oubliez pas qu’il sera suivi par un 2ème volet intitulé « Le judo, c’est pour la vie ». Vous pouvez vous abonner sur la plateforme de votre choix pour écouter tous les prochains épisodes (Itunes, Google Podcast, SoundCloud…) ou juste ci-dessous dans le cadre tout jaune. Et bien sûr,

n’hésitez pas à commenter, partager et apporter vos propres points de vue…

Je vous souhaite une excellente rentrée, chers judokas et à très vite !